Bien planifier ses rénovations

Les rénovations... ça se planifie

Claudine Metcalfe
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Attention à tous les castors bricoleurs : la rénovation, ça se prépare. Les beaux projets pigés dans les revues de décoration virent parfois au cauchemar quand le chantier a été mal préparé et les échéanciers mal calculés… sans parler du budget! Que l’on soit propriétaire depuis longtemps d’une maison ancienne ou récente, que l’on arrive dans une nouvelle demeure, les rénovations et projets de tout genre s’imposent un jour ou l’autre. Ces chantiers permettent aux occupants de profiter pleinement de l’espace, d’adapter les pièces à leurs besoins, de s’approprier leur maison selon leurs goûts et leurs besoins réels. On parle ici de travaux d’importance, pas de décoration et de changements mineurs. Des projets comme : refaire la salle de bain, la cuisine; ajouter des pièces ou en chnager la vocation; finir le sous-sol; refaire une entrée ou en ajouter une, etc. Emmenez-en des projets! La meilleure période pour entreprendre des travaux est le printemps selon les psychologues, mais, pour ce qui est des entrepreneurs, de septembre à avril serait la période idéale, puisque ces derniers sont moins occupés.
Quoi qu’il en soit, la recette pour réussir ses rénovations est la planification, et pour cela... il faut prévoir d’avance ce que l’on veut et se fixer un échéancier réaliste!
Tout d’abord, quelques semaines (ou quelques mois, selon l’étendue des rénovations) avant la date prévue pour le début des travaux, il faut identifier ses besoins, établir un budget et se faire des plans. On doit déterminer les pièces à construire, mesurer les pièces et faire un plan à l’échelle, visiter un centre de rénovation pour avoir des idées et se fixer sur les prix en général, et consulter le code du bâtiment de sa localité. Avez-vous votre permis municipal? Il coûte entre 35$ et 100$, selon votre ville. Sans permis, l’amende est bien salée! Puis on établit un calendrier de travaux réaliste.
Quand ces premières étapes sont tranchées, le bricoleur du dimanche serait mieux de confier ses plans à un expert. L’entrepreneur fera en sorte que les divers corps de métier nécessaires seront bien coordonnés et ne se marcheront pas sur les pieds! Accrédité par la Régie du bâtiment du Québec, l’entrepreneur vous assure un travail selon les règles de l’art et des matériaux approuvés par les associations de contrôle. La Régie fait passer des examens pour vérifier les connaissances de l’entrepreneur et sa compétence. De plus, la Régie garantit sa solvabilité. Vous aurez l’esprit tranquille et votre assureur aussi! Mais exigez qu’il ait une licence et méfiez-vous des économies du travail au noir… Notons que le plus cher en rénovation n’est pas nécessairement le meilleur. L’entrepreneur modeste travaille aussi bien que celui qui se prend pour un jet setter! Le contrat écrit doit comporter des plans en annexe, conclure les modalités de paiement, les dates et le montant de l’acompte. Il est normal que l’entrepreneur demande 30% du montant total, surtout dans le cas de rénovations de cuisine, à cause du coût des armoires. On peut demander des références, le bouche à oreille étant souvent une bonne chose. N’hésitez pas à faire soumissionner quelques entrepreneurs et à comparer ce qu’ils vous offrent : qualité des matériaux, délais d’exécution, prix global, garanties, références, sont des débris de construction. Plusieurs commerçants dans le domaine de la rénovation sont considérés au sens de la loi comme des vendeurs itinérants, même si c’est vous qui les avez contactés, comme les vendeurs de portes, de fenêtres, de toitures, d’isolants thermiques, etc. Vous êtes couverts par la Loi du consommateur.

Selon Jean-Pierre Bouchard, expert en construction depuis plus de 20 ans, "le client est toujours surpris des coûts qu’il juge exorbitants. Mais les matériaux sont très chers, le taux horaire est de 35$, et il faut toujours penser qu’il y a des surprises". En effet, les clients s’imaginent que les travaux sont mineurs, qu’il n’y a pas grand-chose à faire! "Les gens ne pensent pas, par exemple, qu’à la pose de tuiles, il y a de la perte dans la coupe de la céramique afin d’avoir un beau design, que les tuiles à leur goût coûtent cher! C’est rempli de surprises, et il faut prévoir l’imprévu!" dit M. Bouchard.

Pour de grands travaux confiés à un professionnel, mais en restant dans la sobriété (comme finir un sous-sol), on compte entre 15$ et 25$ du pied carré, selon la conception et les finitions. Il n’est pas obligatoire mais très utile, de faire faire une estimation… Comment peut-on se lancer à l’aveuglette? Le client doit savoir si le temps est en taux forfaitaire ou horaire, connaître les délais, etc… Au fur et à mesure que les surprises arriveront, et elles seront nombreuses, inscrivez-les au contrat.

Bien sûr, il n’y a pas de limites, et on peut investir plus que la valeur de la maison dans une rénovation! Les matériaux comptent pour le tiers du coût. Il importe donc de bien calculer son budget en considérant les outils, les honoraires, l’électricité, la plomberie, la charpente, le placoplâtre, l’isolation, les moulures, la peinture, le plancher, la relocalisation d’éléments, avec les rebranchements possibles (téléphone, câble, etc.)
Jean-Pierre Bouchard rencontre les clients au moins trois fois avant de finaliser le chantier. À la première rencontre, on détermine les besoins et on échange les idées. À la deuxième visite, avec l’étude des plans, il y a déjà des changements! À la troisième rencontre, les plans sont fixés et le contrat est signé.

Avant le début des travaux, il faut s’armer psychologiquement! Un ami m’a déjà confié que les rénovations majeures dans le duplex ont été la cause de chicanes et de la séparation de son couple… La maison est le lieu d’intimité, de ressourcement où l’on se réfugie après le travail… Imaginez quand votre nid douillet devient un champ de bataille! Coincé entre les échafaudages, la poussière, le bruit et la maison virée à l’envers, vous devrez continuer à mener votre quotidien quand même. Pour survivre, il faut s’en tenir à une discipline en se disant que ce n’est pas pour longtemps.

Tout d’abord, dégagez parfaitement l’espace où se dérouleront les travaux en réorganisant le tout. Il ne suffit pas de tout cacher dans des boîtes : votre ordinateur ou votre télé, vous en aurez besoin malgré les rénovations! Quand vous videz la pièce, si vous voyez des anomalies, indiquez-les immédiatement à l’entrepreneur afin qu’il s’ajuste en conséquence. Il faut éviter la multiplication de surprises. Il n’est pas rare qu’en enlevant le vieux panneau de cloison sèche, on découvre une fissure importante dans le solage, par exemple… Il en coûtera un joli 500$ supplémentaire, et deux ou trois jours de travail de plus... ce qui n’était pas prévisible!
Lors des installations, restez le plus possible disponible pour l’entrepreneur sans être dans ses jambes. "Il y a des gens qui m’aident, et c’est vraiment apprécié! Je découvre de bons helpers, qui pourraient devenir des associés… mais, trop souvent, les clients s’imaginent contremaîtres, changent d’idées, se mêlent de tout, posent plein de questions… ça retarde les travaux!" souligne Jean-Pierre.

Alors, vous vous sentez d’attaque? Soyez vigilants et, surtout, bien préparés.