Festival international de cinéma gai et lesbien de Montréal

Quatre films remportent les honneurs de la 15e édition d'image+nation

Caroline Lavigne
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La 15e édition du festival international de cinéma gai et lesbien, image+nation, qui a attiré plus de 30 000 personnes, s'est terminé le dimanche 29 septembre dernier avec la présentation de Que faisaient les femmes pendant que les hommes marchaient sur la lune, un film belge réalisé par Chris vander Stappen, qui a signé il y a quelques années le scénario de Ma vie en rose. On a également procédé à la remise des prix du jury et du public. Le jury, composé de cinq personnalités — l'actrice et directrice de la distribution de Frameline, Desi del Valle; le rédacteur en chef de la revue de cinéma Séquences, Élie Castiel; Chantal nadeau, professeure à l'Université Concordia; Samuel Pradier, journaliste à la fois pour la presse québécoise et française; et Yves lafontaine, rédacteur en chef du magazine Fugues — a visionné les 25 oeuvres qui formaient la compétition officielle et a décerné deux prix et une mention.

Une mention a d'abord été attribuée au film slovène Guardian of the Frontier (Varuh Meje) de la réalisatrice Maja Weiss. Ce film, qui raconte l'étonnante histoire de trois jeunes femmes qui osent se questionner et s'aventurer au-delà des frontières établies, propose une réflexion métaphorique sur une Europe en pleine transition.

  Un prix spécial du jury a été décerné au film italien Days (Giorni), qui a borde la question brûlante d'actualité et controversée du barebacking. Dans ce film intense, la réalisatrice Laura Muscardin évite tous les clichés et tente d'observer et de comprendre ses personnages, en évitant de les juger.

Le grand prix du jury a été décerné au film britannique A.K.A. de Duncan Roy. Sexy et audacieux, A.K.A. raconte le rite passage à l'âge adulte d’un jeune homme dans un milieu où les privilèges, le pouvoir et l’amour appartiennent au plus offrant. Dans l’Angleterre de l’époque Thatcher, Dean, beau gars issu du milieu ouvrier, déniche un emploi dans une galerie d’art huppée de Londres. Adoptant la fausse identité d’un jeune aristocrate, il s’immisce au sein du jet set londonien et devient la coqueluche de tous. Son statut emprunté lui ouvre alors les portes d’une existence faite de cocktails bien arrosés et bien pourvus en poudre blanche. Courtisé par un riche playboy qui entretient en même temps un joli garçon de compagnie, Dean cherche désespérément à se faire aimer, mais doit pour cela continuer à taire sa vraie identité. Construit à la manière d’un triptyque, A.K.A. montre simultanément trois points de vue différents, sur un écran divisé autant de parties. Cette technique confère au film un impact exceptionnel, faisant ressortir les détails subtils qui composent ce regard sans compromis sur la cruauté humaine et les rapports de classe.

La faveur du public, quant à elle, c'est portée sur le film italien Ignorant Fairies (Le Fate Ignoranti ) de Ferzan Ozpetek qui a d'ailleurs remporté un immense succès commercial en Italie l'an dernier. Ce film sensuel et tendre démontre avec simplicité que certaines rencontres inattendues peuvent changer notre vie du jour au lendemain. Bien installée dans son confortable univers bourgeois et engoncée dans ses idées conservatrices, une femme voit sa vie chambardée lorsque son mari, meurt subitement. En faisant le tri des biens du défunt, elle découvre qu’il entretenait depuis longtemps une relation avec un jeune homme. Pleins de ressentiment et d’animosité l’un envers l’autre lors de leurs premières rencontres, les deux partenaires endeuillés en viennent peu à peu à se lier d’amitié.