La rentrée culturelle

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Voici en gros ce à quoi la population de la région de Québec peut s’attendre d’ici la période des fêtes. La rentrée théâtrale
Ce qui frappe, quand on consulte la programmation des diffuseurs de théâtre dans la Vieille Capitale, c’est la variété de styles, de genres et de thèmes qui seront abordés pendant ces quelques mois. Tout d’abord, il faut signaler deux morceaux de choix tirés de la dramaturgie de Michel Tremblay qui sont offerts en octobre. Ainsi, le Théâtre Périscope présente, dès le 22 octobre, sous la signature scénique de Gill Champagne (artisan en 2000 d’un éclatant À toi pour toujours ta Marie-Lou), Le Vrai Monde?, avec des comédiens suisses, une œuvre sur le devenir d’un écrivain et les mensonges de son noyau familial. Quelques jours auparavant, les 16 et 17 octobre, à la salle Albert-Rousseau, les spectateurs pourront assister à la plus récente collaboration Tremblay-Brassard, L’état des lieux, une production qui a marqué la 50e saison du TNM de Montréal. Au même endroit, les 29 et 30 octobre, la comédie Mambo Italiano, mise en scène par Monique Duceppe, avec entre autres, Michel Poirier et Patrice Godin, et qui nous plonge au coeur d’une famiglia montréalaise aux prises avec ses secrets, ses travers et sa fougue... pour des valeurs sûres, le Trident s’est tourné vers Jean-Pierre Ronfard, qui monte Vis comica de l’auteur romain Plaute, considéré comme l’artisan de la comédie classique, et Martin Faucher, dont la mise en scène de La Reine de beauté de Leenane, incarnée par Denise Gagnon, a connu un grand succès à la Licorne de Montréal. Un huit clos entre une mère et une fille qui risque de décoiffer, à partir du 5 novembre...

Le Théâtre de la Bordée, pour sa part, présente comme première production le Macbeth de Shakespeare dans les mots de Michel Garneau, revu et corrigé par le talentueux et jeune metteur en scène de Québec, Frédéric Dubois.

Les découvertes promettent aussi d’être nombreuses. Le Théâtre Périscope, qui s’allie à de nombreuses compagnies de l’extérieur, et le groupe Premier Acte, le Théâtre du Palier et Rom Kata, qui assurent la relève, en seront les lieux privilégiés. Dans le premier cas, c’est une production conjointe Québec-Genève, Léviathan Coccyx, qui est à l’affiche et qui dresse le portrait d’un dictateur et tyran. Par ailleurs, la relève, avec des moyens limités, a le don de surprendre. Elle le fera encore avec Six personnages en quête d’une raison pour rester en scène, d’après Hamlet, Macbeth et Othello, qui ouvre la saison de la compagnie Premier Acte au début d’octobre, suivie à la fin d’octobre de Théâtre sans animaux mis en scène par Serge Bonin (Théâtre du Palier) et d’une production de Rom Kata, Le clown de St-Jeannet, à la fin novembre.

La rentrée muséale
Deux grandes institutions muséales, le Musée de la Civilisation et le Musée du Québec, qui ont atteint un statut et une renommée qui dépassent de loin nos frontières, constituent le pivot central dans ce domaine à Québec. Outre les expositions déjà en cours ou celles des collections permanentes, il faut signaler deux nouveautés très importantes. Ainsi, dès le 27 novembre, au Musée de la Civilisation, on découvrira la peau : le plus grand et le plus significatif des organes du corps humain. Paroles de Peau présente de prestigieuses collections nord-américaines et européennes, enveloppées par une scénographie sensible et sensuelle, qui témoignent de l’importance que la peau revêt dans notre vie sociale et privée. De son côté, le Musée du Québec met à l’affiche, dès le 10 octobre, la première rétrospective consacrée au peintre québécois Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté. Elle rendra compte de l’immense talent et de la polyvalence de cet artiste renommé pour ses scènes de neige et de dégel des rivières. Peintures, sculptures et dessins témoigneront de la grande maîtrise de Suzor-Côté ainsi que de sa sensibilité de coloriste.
Bon automne culturel !