Satyricon

Yves Lafontaine
Commentaires
Bien qu’il s’agisse d’un sujet moins directement personnel que ses œuvres les plus connues, le Satyricon, adaptation du roman de Pétrone, s’inscrit dans la veine des films où Fellini est pleinement maître de ses moyens. Il y met en scène une Antiquité décadente vue comme le reflet exacerbé de notre propre décadence. Au début de notre ère, deux jeunes étudiants à demi vagabonds vont d'aventures en aventures, guidés par leur instinct de jouissance. Ils se disputent, entre autres, les faveurs d'un adolescent vaguement pervers, que l’un d’eux a vendu à une troupe théâtrale. Dans cet univers "dantesque", l'on passe de la frénésie des orgies au suicide serein, quasi élégiaque, d'un noble couple patricien. Fellini évoque la fin d’un monde qui se dissout dans des visions fulgurantes et procède au déploiement d'une mythologie fantastique dont les splendeurs plastiques et la monstruosité païenne atteignent des sommets et où l’éclatement systématique du réel paraît obéir à une logique onirique.

(Satyricon Dist.: MGM Home Video . Offert en DVD.)