Massachussetts - Provincetown

Provincetown : Le pèlerinage annuel…

Claudine Metcalfe
Commentaires
Me croirez-vous si je vous dis que je connais des gens qui ne sont jamais allés à Provincetown? J’en suis moi-même surprise… C’est presque gênant pour des gais de Montréal, alors que notre Mecque gaie est seulement à sept ou huit heures de route, près de Boston! Il n’y a pas d’excuses pour ne pas avoir vu ses rues bouillantes d’animation, les couples gais qui se promènent main dans la main, des gangs de lesbiennes qui s’amusent et rient fort en plein milieu de la rue Commercial, où c’est quasi impossible de se promener en auto après 10 heures le matin tant les piétons faisant du lèche-vitrine l’envahissent. La vie est simplement féerique. Après un petit déjeuner sur la terrasse animée du Bubula’s ou au café Heaven, ou simplement une gâterie de la Pâtisserie Portugaise, on file à la plage où les lesbiennes se retrouvent, entre Race Point (familial) et Herring Cove où, plus à l’ouest, les gars se font souvent bronzer en costume d’Adam. Attention de ne pas marcher dans les dunes, elles sont la survie de la péninsule, la protégeant contre la mer. Les aventuriers iront jusqu’au phare de Long Point… mais méfiez-vous de la marée!

La plupart des touristes font du vélo, visitent le monument historique — dont la vue du haut de ses 252 pieds est splendide —, se remémorent des leçons d’histoire avec le bateau Mayflower qui y emmena les pèlerins immigrants en 1620. On aime aller voir les pêcheurs, gardiens de l’héritage des Portuguais qui s’y sont établis et y ont fondé un village de pêche. On va aussi voir les baleines et on admire la nature.

Puis, après un cocktail, on visite les galeries d’art et les boutiques, les marchands d’objets de la fierté, les confiseries et les magazin d’articles de pêche. On assiste à des pièces de théâtre, à des lectures publiques et à des concerts. Provincetown est une ville d’art. Pour le 5 à 7, les gais se rassemblent au traditionnel tea dance, et une foule de spectacles donnés autant par des personnificateurs féminins que par des musiciens de rue vous attendent. On y voit souvent mon amie Frankline qui gratte sa guitare devant un coucher de soleil.
Ensuite vient la vie trépidante: il y a plusieurs salles accueillant une quarantaine de spectateurs, ce qui fait des shows intimes comme ceux du Tropical Joe’s ou du Vixen (pour les lesbiennes). Il y a une variété de boîtes de nuit (qui ferment à 1 heure), comme le Crown & Anchor et le Boastslip et leurs partys sur le bord de la mer, ou le bar pour les adeptes du cuir, l’Antro, sans oublier l’inébranlable Atlantic House… de tout pour tous!
De nombreux festivals et semaines spéciales sont organisés pour plaire à tous les goûts : semaine des plus beaux corps ou des adeptes du cuir, semaine des femmes, des parents gais, le carnaval et son défilé gigantesque sur la rue principale, les amoureux de Noël, le festival du vin, l’Halloween. N’oublions pas que plusieurs modes et vedettes viennent de P-Town ou y sont passées!

 Je sais, c’est très "américain", commercial et frivole; les prix de l’hébergement, de la bouffe, de l’entrée dans les bars, des cocktails sont exorbitants, et on y mangeait mal. Je le dis au passé, parce que de bonnes adresses, y ont maintenant pignon sur rue.

À mon avis, le meilleur restaurant est un agréable resto avec terrasse, The Commons. Le proprio, Chuck Rigg, est un homme charmant qui tient son restaurant de main de maître : à la fois chic et convivial, service empressé et courtois. Au menu : poissons et fruits de mer délectables (oubliez la friture), grillades, pâtes actualisées avec des sauces raffinées. Chester et Esther’s sont également des restaurants de grand calibre.

Pour l’hébergement, The Captain’s House, tenue par les sympathiques Bob et David et sa fabuleuse collection de Marylin Monroe et Lucy Ball, est un B&B où vous serez bien. Je vous suggère aussi le Carpe Diem, pour vivre la vie des gens riches et célèbres, dans une atmosphère sereine et détendue. Les petits-déjeuners sont gargantuesques, pas du genre américain habituel. Jurgen et Rainer sont un couple d’Allemands qui, après des vacances à P-Town, ont décidé d’y déménager! Ils ont acheté, puis rénové à grands frais, une magnifique demeure, ce qui en fait un des principaux guesthouse de prestige de la ville.

À moins de séjourner au camping, Provincetown coûte cher, mais ça vaut la peine, et il faut y aller au moins une fois dans sa vie. Ne serait-ce que pour prendre un bain de foule gai. Je gage que vous ne voudrez plus revenir dans votre vie rangée! C’est ce qui est arrivé à une Québécoise qui est allée à Provincetown il y a 20 ans, Sylvie Richard, et qui y est restée. Percussionniste avec le band de Zoé Lewis, elle vit à PT. "Sur la rue Commercial, les gens font le party! C’est euphorique, divertissant, amusant. Mais à l’arrière, on découvre un pays tranquille, serein. Idéal pour les amateurs de nature, de pêche, de feux de camp sur le bord de la mer à la pleine lune. La vie est paisible, il n’y a pas de criminalité. On peut, soit venir s’y reposer et faire le vide, soit venir pour tripper… Peu importe ce que vous choisissez, vous serez comblés…" dit-elle.

Et vous, que choisissez-vous? Du repos ou la vie gaie trépidante? P-Town vous l’offre.