Funny Girl

Yves Lafontaine
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Les débuts cinématographiques de Barbra Streisand — une chanteuse particulièrement douée et une actrice d’instinct — la consacrent d’emblée dans un rôle qu’elle connaissait par cœur et qu’elle avait rodé sur scène, celui de Funny Girl (1968) qui reprend l’affiche au cinéma ce mois-ci . Ce film adroit de W. Wyler, et pour lequel Streisand a obtenu un Oscar, opère une subtile osmose entre le personnage de Fanny Brice et elle-même, jouant sur tout un ensemble de mythologies provenant de Brooklyn, de la tradition juive, en même temps que sur la fable "du vilain petit canard". Ce film a été le début de la relation d’amour qu’elle entretient avec le public en général et les gais en particulier, qui ont adopté et plébiscité la fascinante "différence" de Barbra Streisand : physique inhabituel, voire ingrat — dont elle a su jouer pour le rendre curieusement séduisant —, hypersensibilité et fragilité apparentes. Ce sont les ingrédients de base dont elle s’est servie pour échafauder sa légende de superstar mégalomane avec une constance opiniâtre qui contient évidemment une certaine part de dérision. Cette ressortie commerciale par Columbia, qui précède sa sortie en DVD, est une occasion de découvrir ou de revoir ce classique du cinéma américain. Par ailleurs, 20th Century Fox pour sa part lancera prochainnement plusieurs autres productions de Streisand, en format DVD, en commençant par The Owl and the Pussycat dans lequel Barbra tient le rôle d’une prostituée au grand cœur.