Dire enfin la violence

La situation est toujours aussi critique

Claudine Metcalfe
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Malgré la bonne nouvelle du lancement du site web (voir encadré), les responsables de Dire enfin la violence (DELV) sont loin d’avoir envie de se réjouir. Depuis la fin du mois de février 2002, les services habituels de DELV ont dû être suspendus, et ce, jusqu’à nouvel ordre, en raison du manque de financement de l’organisme. C’est d’ailleurs ce qui explique que la construction du site web se soit étirée sur une si longue période. En effet, la situation financière actuelle de DELV ne permet que l’embauche d’une seule intervenante, dix heures par semaine et pour seulement quelques autres mois. Pour l’instant, les gais, lesbiennes, bisexuels(les), transsexuels(les) et travestis(es) victimes de violence ou de discrimination devront donc malheureusement se contenter de services d’intervention par téléphone ou via le site web. En fait, les administrateurs de l’organisme ont été forcés de choisir entre fermer complètement leurs portes ou réduire le personnel au strict minimum et ainsi offrir un minimum de services à la communauté le plus longtemps possible, avec l’espoir de réussir à trouver de l’aide financière avant qu’il ne soit trop tard. La date butoir est donc juillet 2002. D’ici là, les employés et administrateurs de DELV travailleront d’arrache-pied pour tenter de redonner un souffle de vie à l’organisme.
Évidemment, il est difficile de garder le moral dans de telles conditions, surtout qu’à DELV, on constate que l’homophobie est toujours présente dans la communauté, que ce soit à Montréal, en banlieue ou en région. De plus, les problèmes de financement de Dire enfin la violence ne datent pas d’hier : l’organisme a été conçu, à l’origine, pour une équipe de cinq intervenants et un poste de coordination, mais voilà que, depuis deux ans et demi, DELV ne fonctionne qu’avec une seule employée permanente à temps plein.

Michelle Lamoureux, intervenante à Dire enfin la violence, raconte que lorsque l’organisme a ouvert ses portes en 1995, le but ultime était de travailler jusqu’à ce que la communauté n’ait plus besoin de tels services.
"Nous souhaitions vaincre l’homophobie et la violence pour que les gais et les lesbiennes puissent avoir accès à des services d’aide adaptés à leurs besoins et qu’ils ou elles ne craignent pas d’être revicitimisés(es), explique celle-ci. Pourtant, ce n’est pas parce qu’il n’y a plus d’homophobie ou de violence que notre organisme va peut-être fermer ses portes, c’est parce que nous n’avons pas le financement récurrent nécessaire pour faire vivre le coeur de l’organisme."

Dire enfin la violence lance donc un appel à la solidarité : l’organisme a besoin de l’appui de la communauté, que ce soit financièrement ou non. Les témoignages seront appréciés (il est possible de les envoyer à DELV par courriel à [email protected] ou encore par le biais du forum sur le site web de l’organisme).

Dire enfin la violence sur le web
La corporation Dire enfin la violence annonçait tout récemment le lancement de son site web : www.direenfinlaviolence.qc.ca. Les gais, lesbiennes, bisexuels(les), transsexuels(les) et travestis(es) victimes de violence ou de discrimination (de même que toute personne ayant un intérêt ou un besoin pour ce type d’informations) auront désormais accès à une foule d’informations et de services grâce à un simple clic. Le site contient plusieurs sections utiles. Les internautes pourront, entre autres, en apprendre davantage sur l’histoire, les services et l’équipe de Dire enfin la violence, ou encore consulter certaines statistiques compilées par l’organisme au fil des années. De plus, la section "Trucs et conseils" est remplie de trucs pour éviter les situations à risque.