Le marché de la revente de maisons

Nos quartiers sont à la mode

Claudine Metcalfe
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Les comités de locataires ne parlent que de la crise du logement et les promoteurs, eux, ne parlent que de construire des projets domiciliaires de type condos ou des maisons unifamiliales! Pas surprenant de voir le marché de l’immobilier s’enflammer comme un feu de la passion. Partout dans la région métropolitaine, mais encore plus dans le Village et sur le Plateau, les locataires en mal de logement se lancent dans l’achat de maisons, poussés par la peur de se retrouver sur le pavé en juillet. Le marché actuel est un marché de vendeur, qui n’a qu’à attendre quelques heures pour recevoir des offres. Du jamais vu! "Ce n’est pas des blagues", assure Micheline Côté, agente immobilière. "Le vendredi 18 janvier, une cliente a fait une offre sur une maison de la rue Laval, un duplex arrivé sur le marché quelques jours plus tôt. Il y avait déjà six offres sur la table. Le lundi 21 janvier, sept nouvelles offres s’étaient ajoutées!" raconte-t-elle, presque essoufflée! La cliente qui voulait tant acheter le duplex a dû mettre le prix pour battre les autres offres.
Les consommateurs veulent acheter et les propriétaires peuvent donc exiger des prix plus importants. Ils sont poussés par les taux d’intérêt, les plus bas jamais vus dans la vie professionnelle de tous les courtiers rencontrés. À des taux de 4 %, les acheteurs ont moins peur de s’embarquer pour un 10 000$ de plus que prévu!

Pierre Granger était propriétaire d’un condo sur la rue Wolfe. Payé 128 000$ en 1999, il m’a confié l’avoir mis en vente début janvier et l’avoir vendu quelques jours plus tard à 178 000$! C’est un couple hétéro dans la cinquantaine qui a acheté le condo.

"Les baby boomers qui avaient opté plus jeunes pour les banlieux veulent revenir à Montréal. Ils cherchent sur le Plateau parce que c’est très branché ou dans le Centre-Sud parce que ce n’est pas cher pour être à deux pas de la vie animée du centre-ville et de la vie culturelle", explique Micheline Côté. "Cela dit, paradoxalement, je vends autant en banlieue! J’ai conclu la vente de trois maisons, la semaine du 13 janvier. Mais vraiment, la frénésie, actuellement, c’est le Village et le Plateau Mont-Royal."

Par conséquent, malgré toutes les transactions immobilières, il n’y a donc presque pas de maisons sur le marché parce qu’elles se vendent très rapidement. C’est un peu irréel tant c’est la folie depuis le début de janvier, et ça risque de l’être tout le printemps. C’est l’occasion de demander un gros prix… et il y a fort à parier que le prix demandé sera le prix vendu! Voilà qui explique la flambée des prix dans le Village et sur le Plateau.

Mais comme le 11 septembre ("la seule semaine tranquille cette année", selon Micheline Côté) a bouleversé l’échiquier du monde du travail, plusieurs personnes ont perdu leur emploi et sont plus prudents dans leurs achats. "La tendance pourrait bien être à la baisse à l’été… mais tout dépend encore une fois du taux d’intérêt", conclut-elle.