Marie Mirage

Linda Gosselin
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Dominique rencontre Marie dans un bar de femmes du centre-ville de Montréal. C'est le coup de foudre. Marie chamboule complètement l'existence de Dominique en un éclair. L'histoire de Marie Mirage tente de démontrer combien la passion peut être aveugle. En effet, Dominique a la tête enfouie dans le sable en ce qui concerne la profession de son amante, lorsqu'elle n'est pas occupée à se regarder le nombril. Il faudra l'intervention d'une tierce personne afin qu'elle sorte de son cocon, réveil douloureux qui la poussera à chercher du réconfort auprès de son père. Ce roman, qui met en scène une barmaid aux prises avec le blues des 30 ans, révèle un style d'écriture effréné, juxtaposé au rythme de la vie montréalaise, et qui, parfois, fait preuve d'une poésie prometteuse. Toutefois, ce style particulier est desservi par une histoire qui s'essouffle vite. L'intrigue amoureuse, mince et assez invraisemblable, les états d'âme enfantins de l'héroïne qui tournent en rond, les descriptions de bars de lesbiennes qui sentent le réchauffé; tout cela contribue à réduire le roman à un exercice d'écriture hermétique. Verrons-nous un jour, dans un roman publié au Québec, un texte qui participe vraiment au développement d'une autre vision chez la nouvelle génération d'écrivaines qui traite de lesbianisme? Verrons-nous un dépassement de cet individualisme exacerbé qui n'engendre que des histoires anecdotiques, qui ne s'investissent aucunement dans une ouverture sur le monde, encore moins dans un questionnement profond? Il faudra encore attendre.
MARIE MIRAGE, Isabelle Gagnon, Montréal: les éditions du remue-ménage, 2000, 148 p.