Le tango des assassins

Linda Gosselin
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Voilà que se poursuivent les déboires de Sandra Khan, journaliste au San Francisco News, héroïne d'une série de romans policiers écrite par Maud Tabachnik. Cette fois-ci, son amante Maria-Ana Gutierez-Cabrerra, connue de ses amis sous le diminutif de Nina, se met de la partie. Nina est chargée par l'Aide internationale de l'Unesco d'enquêter sur la disparition des enfants dont les parents ont été tués pendant le règne du général Videla en Argentine, qui a pris le pouvoir après le coup d’état d’une junte militaire en 1976. Elle se rend donc en Argentine afin de retrouver ces enfants adoptés par les bourreaux de leurs parents biologiques, et disparaît rapidement de la circulation. Sandra Khan ne tarde pas à venir à la rescousse, accompagnée de son ami policier Sam Goodman.
C'est ainsi que Maud Tabachnik nous rappelle ce pan troublant de l'histoire argentine, dont le symbole le plus connu demeure les «folles de mai» sur la Plaza de Mayo. Ce passé lourd de secrets complique l'enquête de Sandra Khan, car les autorités actuelles en Argentine n'apprécient guère que des étrangers viennent mettre leur nez là-dedans. Pourtant, les autorités ne sont pas impliquées dans la disparition de Nina. Celle-ci est plutôt liée à un autre passé historique, celui de la Seconde Guerre mondiale.
Maud Tabachnik n'a rien perdu de sa verve mordante, ni son personnage de sa témérité. Malgré une conclusion un peu bâclée, qui nous laisse perplexe, le roman réussit tout de même à maintenir notre intérêt. L'auteure sait allier une intrigue policière fictive à un contexte politique et historique bien réel. Bonne lecture d'été.
Le tango des assassins , Maud Tabachnik, Éditions du masque/Hachette, France. 2000, 305 pages.