L’hippopotame

Benoit Migneault
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Ted Wallace, un être cynique et désabusé, se voit — à la demande de sa filleule — envoyé à la campagne dans le noble domaine de l’un de ses amis. Celle-ci, qui était à l’article de la mort, maintient qu’elle est maintenant guérie en raison d’un miracle intervenu pendant son séjour dans la dite propriété. Elle se refuse pourtant à en préciser la nature : c’est à Ted de découvrir le pot-aux-roses en toute objectivité. Celui-ci, qui est un inconditionnel de la ville et de ses pubs, n’envisage évidemment pas d’un très bon œil l’idée de s’exiler au milieu de nulle part. Il ne nous épargne donc aucune critique acerbe sur la campagne, ses habitants, les parvenus et, d’un même élan, insiste également sur tout ce qui lui déplaît dans la société. Si l’humour peut sembler, à certains, assez convenu dans la première moitié du livre, l’auteur, Stephen Fry (un comédien britanique que l’on a pu voir interprétant le rôle titre dans Wilde), se lance, dans la seconde partie, dans une analyse et une critique particulièrement amusantes de la crédulité humaine. Bien souvent, nous sommes prêt à croire n’importe quoi dans l’espoir de voir s’accomplir un miracle. Dans L’Hippopotame, on découvre que s’il y a de véritables miracles, ceux-ci sont souvent beaucoup plus terre à terre qu’on pourrait croire.
L’HIPPOPOTAME, Stephen Fry. Paris : Belfond, 2000, 359 p.