Artistes variés

Moulin Rouge

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Moulin Rouge, la trame sonore, c’est la grosse, grosse machine. Le film? Je ne sais pas! Il n’est pas sorti au moment de mettre sous presse. Alors, parlons musique, en une longue, longue phrase. Assez «musical» par bouts, cette trame ouvre aussi la voie à plein de courants : le latino-Broadway (Because We Can, de Fatboy Slim — une petite chose bizarre et bruyante —, ou encore la bonne reprise de Rhythm Of The Night, initialement du Miami Sound Machine et reprise maintenant par Valeria); le Broadway-rock (Children Of The Revolution, une pièce interprétée par Bono, Gavin Friday et Maurice Seezer, qui fait penser à ce que Bono avait fait pour Batman; Your Song, une reprise grandiloquente de la pièce d’Elton John chantée par Ewan McGregor et Alessandro Safina, lequel fait tourner la sauce avec des voix opératiques inutiles; et El Tango De Roxanne, une reprise de la Roxanne des Police qui s’avère intéressante parce qu’un peu sale); l’alterno-Broadway (la «groovy» Diamond Dogs de Beck, plus simple que ce qu’il fait habituellement et avec l’énergie d’un Iggy Pop qui aurait su rester sobre; ou la deuxième version de Nature Boy, avec Bowie et Massive Attack, une pièce qui aurait été meilleure sur un album de Bowie ou de M.A., mais qui, par son étrangeté, détonne trop ici); enfin, le Broadway-Broadway (Sparking Diamonds, une pièce amusante chantée par Nicole Kidman et plusieurs autres et qui rappelle le travail de Madonna sur Dick Tracy; ou Elephant Love Medley, avec Kidman, McGregor et Jamie Allen, une pièce assez délirante qui reprend très habilement plein de vieux succès en les habillant de la sauce Broadway). J’en omets quelques-unes — dont la très jolie Complainte de la butte, bilingue et dont les paroles sont de Jean Renoir (oui, oui!), ici chantée si joliment par Rufus Wainwright —, mais vous comprendrez que, dans l’ensemble, Moulin Rouge est un gros mélange très divertissant d’un peu n’importe quoi. Manque d’homogénéité, mais pas de moyens.

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