Ani Difranco

Revelling et Reckoning

Commentaires
On peut se demander comment une artiste peut produire autant. Elle sort au moins un compact par année, et en voici un double! La critique est partagée, peut-être parce qu’elle ne comprend pas toujours, et il y a toujours un risque que les fans ne suivent pas (pensons à l’hyperproductif Prince). Le premier, Revelling, est un album profondément folk qui intègre des sonorités jazzy et funk, parfois même un tout petit peu country. Les sujets y sont apparemment un peu moins engagés qu’avant, mais on continue d’y découvrir une Ani un peu irrévérencieuse, pour notre plus grand plaisir. DiFranco chante la vie en général, la pauvreté, l’amour, les petites pressions qu’on se met sur les épaules, le tout dans une qualité d’écriture surprenante. Le deuxième, Reckoning, est toute une expérience, quasi sensorielle! Elle y joue la carte d’un folk profondément introspectif et réflexif, très lent, avec des trompettes qui martèlent doucement des notes répétées, des rythmes de parades néo-orléanaises joués au ralenti, une façon de chanter qui tient davantage du r&b, et des paroles plus incisives, qui dénoncent surtout le capitalisme et les mouvements de mondialisation, la pollution, etc., mais le tout dans une vérité qui fait se remettre en question. Ani DiFranco est tellement «the real stuff», comme diraient les Américains! Un compact que je redécouvre à chaque écoute.

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