But I'm a Cheerleader

Yves Lafontaine
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Les téléromans américains dont les protagonistes principaux sont des adolescents gais (Buffy the Vampire Slayer et Dawson Creek), comme au cinéma d'aillleurs, abondent et de plus en plus, les jeunes acteurs et actrices, gais ou non, acceptent de jouer de tels personnages. Deux des plus importantes actrices du genre, Natasha Lyonne (Everyone says I Love You, American Pie et If These Walls Could Talk 2) et Clea Duvall (The Faculty, She's All That et le succès télé Buffy the Vampire Slayer, pour n'en nommer que quelques-uns) jouent les rôles titres d'adolescentes lesbiennes dans But I'm a Cheerleader, film satirique sur des parents sans jugement, des mensonges lourds de conséquences, une thérapie de réhabilitation et des filles (et des garçons) qui brûlent d'aller de l'avant… Premier long métrage de James Babbit, But I'm a Cheerleader est une cascade d'aventures impliquant des lesbiennes néophytes dans un camp de réhabilitation pour les gais. C'est l'histoire d'une sortie du placard et d'amours noyées dans une satire à fond de train sur la conception erronée qu'a la société du fait d'être gai, assaisonnée de situations comiques, émouvantes et acerbes qui font effet à tout coup.

Megan est une meneuse de claques (cheerleader) qui n'est pas particulièrement attirée par les garçons, mais qui ne soupçonne pas qu'elle est lesbienne parce qu'elle ne correspond pas au stéréotype de la butch. Ses parents, outrageusement très petits-bourgeois flairent quelque chose et décident de l'expédier au camp True Direction, où la très homophobe, Mary, aux tendances nazies, tente d'en faire une vraie femme. Tandis qu'elle apprend l'art du maquillage et récure les planchers dans un décor féminin cauchemardesque (Babbit s'est inspiré de la «Maison de rêve de Barbie»), Megan découvre sa véritable orientation sexuelle quand elle tombe en amour avec Graham, une fille de riche qui croit que le seul moyen de parvenir à ses fins est de cacher son jeu.

Pendant ce temps, le fils fofolle de Mary, Ron, conte fleurette au sergent instructeur (interprété par RuPaul, en homme) qui ne pense qu'à enseigner le football, le bûchage du bois et les bonnes bourrades à son groupe de recrues hétéroclites. Lors d'une excursion, Mary initie les garçons et les filles à diverses activités anti-homos telles que faire du piquetage devant la maison du couple gai local, Lloyd et Larry, en brandissant des pancartes couvertes de slogans injurieux!

Quoique Babbit et son scénariste, Brian Wayne, aient misé sur d'odieux stérotypes hétéros dans ce tourbillon d'incompréhensions, ils ont fait un film où les gais et les lesbiennes peuvent rire d'eux-même sans se sentir attaqués ou ridiculisés.

Comédie surréaliste sur le mouvement des ex-gais, les rôles imposés et les stéréotypes homosexuels, But I'm a Cheerleaders est aussi la rencontre romanesque de deux adolescentes. Et c'est également le plus récente manifestation du déferlement de gais adolescents, déjà évoqué à la télé et maintenant présenté sur grand écran dans un cinéma près de chez vous.

Ce film fera l'objet d'une présentation bénéfice pour Image & Nation dans le cadre de Divers/Cité.