La Bitch

Mado bitch projetct

Mado Lamotte
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L’histoire que vous allez lire aujourd’hui est inspirée d’un fait vécu. Tout ce que je vais vous raconter est réellement arrivé. Seul le nom des personnages a été changé pour protéger leur identité. Il est fortement conseillé aux coeurs sensibles et aux femmes enceintes de s’abstenir de lire ce récit troublant. Ladies and Gentle, messieurs, madame, sortez le popcorn au beurre synthétique d’Orville Redenmachin pis le gros 2 litres de Coke diète décafféiné et laissez-moi vous raconter l’histoire de trois drag queens perdues au fin fond des bois de North Hatley où rôde depuis des décénnies la terrifiante sorcière du Lac Memphrémagog. Ce drame tragi-comique a commencé un triste après-midi pluvieux d’octobre, quelques jours avant la grande fête de l’Halloween... Il était une fois trois drag queens superbes qui décidèrent de braver l’odeur de crottes de cochon pour aller performer à l’autre bout des Cantons de l’Est. Mado, Nicole et Velma attendaient donc patiemment au milieu de leur douze fausses valises Gucci dans un terminus d’autobus crasseux bondé de jeunes voyous et de vieux robineux. Nos trois intrépides travelos s’en allait donner un spectacle au chic “clocher rouillé” de Magog. Elles s’étaient promises tout un party et croyez-moi elles en auront pour leur argent. Pas aussitôt embarquées dans l’autobus que l’alcool coulait déjà à flots. Nicole, la plus sage des trois, gardait toujours un flacon bien rempli de sa boisson préférée au fond de sa sacoche en pierres du rhin. Velma l’accompagna sans se faire prier pour un toast de “bon succès” alors que Mado s’en donnait déjà à coeur joie sur la banquette arrière en compagnie de la troupe des jeunes danseurs de l’Adonis. Le voyage passa tellement vite qu’elles n’eurent malheureusement pas le temps de reviser leur spectacle avant d’arriver là-bas. A leur descente d’autobus, elles étaient tellement énervées d’être à la campagne qu’elles se garochèrent direct dans le premier bar du village sans passer go et sans réclamer 200$. Leur charme et leur joie de vivre leur attirèrent les faveurs du barman et c’est à grands coups de vodka canneberge et de Jaggermeister qu’elles commencèrent leur soirée. Quelques heures à peine s’étaient écoulées que la fragile Mado était déjà étendue de tout son long sur le plancher frette de la toilette, la tête au fond du bol en train d’évacuer tous les ingrédients de la dernière recette de maman Dion. Pendant ce temps là, fidèle à la tradition, Nicole se donnait en spectacle à moitié nue sur la table de billard alors que Velma était engagée dans une conversation passionnante avec la machine à cigarettes. Oui elles étaient vraiment de Drôles de Dames. Déjà ben trop saoûles pour marcher, elles espéraient trouver un chauffeur de taxi assez aimable pour les raccompagner à leur motel. Après d’interminables minutes à attendre sur le bord du chemin, un gentil trucker, qui en avait assez de bloquer la route vers Rouyn Noranda, offrit de les déposer à leur motel. Mais le trajet ne fut pas de tout repos pour nos trois étourdies car, à peine montées dans la cabine du camion que Velma, la plus dévouée des trois, se retrouva tête première et jambes en l’air au fond de la remorque réfrigérée remplie de gigots d’agneaux et de fesses de porc de toutes sortes pendant que Mado et Nicole se débrouillaient tant bien que mal au volant du 18 roues. Arrivées au chic motel “Mona Lisa”, Velma se pitcha au bar question de se remettre de ses émotions pendant que Mado se pratiquait à “potter” au mini-putt derrière le motel en compagnie des joueurs de baseball des “ mouches à feu “ de l’Estrie et que Nicole tenta sa chance à la machine à poker de Loto Québec qui fait des millions avec les chèques de BS du pauvre monde. Même pas deux rouleaux de 25¢ plus tard elle avait déjà empoché le gros lot, un gros $54.50. Ouen, les machines crachent pas fort le cash en région, pensa-t-elle. Epuisées et surtout ben packtées, nos trois greluches prirent quelques minutes de repos bien mérité avant de se rendre à la salle de spectacle où elles devaient performer dans la prochaine heure. Comme le veut la coutume lorsqu’un artiste de Montréal performe en région, elles furent reçues comme des reines avec crottes de fromage et Harfand des Neiges à volonté dans leur loge minuscule aménagée dans la chambre des fournaises. Pas besoin de vous dire que leur spectacle fut un immense succès. Les 14 ou 15 personnes qui s’étaient déplacées en cette froide nuit d’automne semblaient ravies. De retour à leur motel, les 3 clients du bar étaient déjà au courant de leur triomphe et pour célébrer l’occasion Mado retourna jouer du bâton avec ses jeunes “potteux”, alors que Nicole tenta de nouveau sa chance à la “slot machine” pendant que Velma profita de l’euphorie générale pour s’éclipser en douce en compagnie d’un splendide moustachu bien baraqué, large comme une porte patio avec le sourire enjoleur d’un Burt Reynolds. Le beau macho la reçu dans ce qui faisait office de chambre nuptiale. La diva aux cheveux bleu se prélassait dans de beaux draps de satin admirant son corps de nageuse synchronisée dans le miroir du plafond alors que son poilu l’invita à venir le rejoindre dans les remous du Jaccuzi en forme de coeur, un verre de Baby Duck à la main. De leur côté, Nicole et Mado se ramassèrent dans les bras de deux séduisants bûcherons qui les invitèrent à passer la nuit dans leur somptueuse cabane en bois canadien au très chic village de North Hatley. Elles étaient tellement pâmées qu’elles ne firent pas attention aux nombreuses bagues dorées qui garnissaient leurs doigts et aux médaillons qui reposaient fièrement sur leur torse velu. ( chez nous ça veut dire “quétaine” mais en région c’est “mafia du village” ) Nos deux écervelées acceptèrent même de défiler en déshabillés et autres dessous érotiques pour satisfaire ces messieurs prêts à sauter sur leur innocentes proies au moindre signe de faiblesse de leur part. Mais nos deux bozos tombèrent endormis bien avant avoir réussi à profiter de nos deux gonzesses qui s’en donnèrent à coeur joie dans le mini bar et le porte feuille de leurs ravisseurs. Au petit matin, nos trois pimbèches rentrèrent au bercail au volant de la Ford Mustang du gigolo à Velma, blotties dans des visons synthétiques achetés avec l’argent des mafiosos de Mado et Nicole et le coffre rempli de bouteilles de cognac. La morale de cette histoire : Ne jamais sous-estimé le pouvoir de séduction et la tolérance à la boisson d’une drag queen.

P.S. Moins de 71 jours avant la retraite de Céline !!!

Si l’envie vous pogne d’aller faire un tour au charmant petit village de North Hatley

où loger : aller dire bonjour à Eric et Sophie du Bed & Breakfast “ les Miches Chaudes “. Ils sont too much et Eric fait la meilleure confiture d’oignons de toute la région.
où manger : même si ce n’est plus la cuisine sublime de mon ami Jacques Lapointe, le Café Massawippi demeure une des meilleures tables du coin.
où sortir : on va pas à la campagne pour faire la même chose qu’en ville. Promenez-vous donc dans le bois au lieu de vous emmerder dans un bar de danseuses cheap de Sherbrooke