Bons baisers de Thaïlande

Des noix de coco et du riz collant

Mado Lamotte
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Une autre année vient de prendre son envol, la douzième que je passerai en compagnie de certains d'entre vous qui suivent religieusement, chaque mois, mes aventures rocambolesques au pays de la moune aux cheveux trop bien coiffés et de la fiffure engraissée aux milk shake protéinés. Si vous êtes des lecteurs aussi assidus que ceux qui me reprochent mes absences occasionnelles, mon langage (un peu trop?) vulgaire et mes propos acerbes sur le moindre battement de cils de notre Sainte-Vierge de Charlemagne, la miraculée de la conception in vitro, vous savez donc que chaque nouvelle année amène, traditionnellement, ma fameuse liste de ce qui sera In et Out pour les mois à venir. Mais comme j'ai l'habitude de faire à ma tête et généralement le contraire de tout l'monde, j'ai décidé qu'íl n'y en aurait pas de In et Out, cette année, dans Fugues. Comment ça? Parce que, premièrement, comme me faisait remarquer mon gentil rédacteur en chef, quand mon article se retrouve entre vos mains, l'année est dejà bel et bien entamée, mais surtout parce que je suis tannée de rire du même monde à chaque année, étant donné que notre belle colonie artistique n'est malheureusement pas ce qui se fait de plus varié, même si elle regorge d'un bon nombre de quétaines dont je pourrais me moquer. Mais, quand ça fait trois ans que tu bitches le même monde plate, un moment donné, tu t'écœures. Une fois que les Vero, Julie, Brathwaite, la Richard, Claire Lamarche et, oui, toujours et encore, Céliiiine ont passé au cash, qu'est-ce qu'il Me reste? Lise Watier? Pour dire quoi? Qu'elle a donc de beaux cheveux et un magnifique sourire figé dans le collagène? Ouais, je pourrais dire ça. Mais je préfère vous dire d'aller vous faire arranger le sourire par mon dentiste, le presque trop beau Pierre Arès, a la place. Natasha St-Pier, Marie-Chantal Poutine, Jacynthe et toutes ces nouvelles minettes qui se prennent pour Britney Spears, je pourrais ne pas les épargner, non? Mais, qui veut entendre parler d'une vingtième réincarnation de Julie Masse, je vous le demande? Martin Petit? Mario Jean? Jean-Michel Anctil? Il me semble que ça ferait un bon sujet de moquerie? Oui, mais chu supposée vous faire rire, pas vous endormir! Et la Chicane? Et Daniel Boucher? Tant qu'à dire des choses que je risque de regretter, aussi ben me la fermer. Et les VJ de Musique Plus que je trouve soit ennuyants, soit énervants ou carrément épais? Je mouille ben trop pour Claude Rajotte pour dire pareilles atrocités. Et pourquoi pas dire que la nouvelle Marie-Josée Taillefer au Grand Blond est hyper too much? Parce que sans sa mère, ça gâche tout. Elle est quasiment devenue bonne comédienne, et ça me donne plus aucune raison de rire d'elle. Et sincèrement, mes chéris, avez-vous encore besoin de moi pour vous rendre compte que les souliers plateforme, les cheveux bleachés, le bronzage en canne et les gros manteaux d'hiver à l'effigie du bonhomme Michelin sont vraiment Out? Je pense pas. Vous n'avez qu'à ouvrir les yeux pour réaliser tout seul que tout ce qui déambule sur la rue à plus de 50 exemplaires est complètement dépassé. Si vous voulez vraiment que je vous dise, la seule chose qui restera éternellement In, c'est votre personnalité bien à vous, qui vous rend unique et original. Ça fait que, si vous tenez vraiment à ce que je vous dise à quoi devrait ressembler l'an 2001, ben achetez donc mon livre et référez-vous au chapitre sur mes In et Out de l'an 2000. Comme le paysage artistique et politique de notre «plus meilleur pays au monde» change à la vitesse d'un modem internet 28k, vous devriez pas voir grand différence avec ce qui était à la mode l'année dernière et ce qui le sera cette année. Mais de quoi je vais bien pouvoir vous parler d'abord? De la démission de Lucien Bouchard? Chu pas supposée le savoir, chu à l'autre bout du monde. Et bien, voilà! Si je vous disais que, pour les trois prochains mois, je me suis enfuie loin du pire hiver qui s'abat sur le Québec depuis les 52 dernières années, ça vous dirait que je vous raconte mes péripéties chez nos voisins orientaux et australiens? Non? Ben, il vous reste un peu moins de 90 jours pour découvrir toute la subtilité de Varda dans le magazine Être ou pour apprendre les spéciaux de la circulaire Métro par cœur avant mon retour en terre montréalaise au printemps. Déjà, j'entends les cris de joie du personnel du Stud, des danseurs du Stock et de l'Adonis et du préposé au sauna du Plateau qui devaient bien se demander: «Ousqu'elle est disparue, celle qui vide nos bouteilles de tequila, qui paye notre loyer à coups de danse à dix et qui finit à moitié saoule dans le sauna sec pendant qu'un p'tit pitt lui farfouille la serviette?» Elle est partie le plus loin possible de la neige et du frette parce qu'elle haït ça ben raide! Mais elle est surtout partie se reposer et ainsi donner un break a ceux qui sont plus capables de voir sa «crisse» de p'tite face de clown baveuse partout! Je me suis donc embarquée dans le dernier avion de l'an 2000 pour la Thaïlande; à l'autre bout de la planète, vous me direz, question d'aller voir ce qui se passe de l'autre bord pendant que nous autres on dort. Plus loin viarge! Je sais pas comment j'ai fait pour passer à travers les 24 heures que ça prend pour se rendre en Asie, mais c'est sûrement pas grâce aux Ativants que ma chum Mme Tourangeau m'avait donnés avant de partir que j'ai réussi à dormir pendant les douzes heures de vol entre Londres et Bangkok, parce que quand tu es une hyper active dans mon genre qui frôle la crise cardiaque à chaque tasse de café qu'elle avale, ben, les pilules ont fait l'effet contraire, et j'ai passé le voyage à côté de mon p'tit hublot à fixer la tête pleine de tresses reggae de la fille en avant de moi en faisant des bonshommes alumettes avec la cire du fromage Babybel qu'on a bouffé dans le premier avion de Montréal-Londres. J'aurais pu jaser avec ma sœur Nicole et madame Simone, mes compagnes de voyage, si elles n'avaient pas ronflé la moitié du trajet, les chiennes! Évidemment, chanceuse comme je suis, les 3 films qu'ils présentaient, je les avais tous déjà vus. J'aurais pu écouter de la musique, vous me direz, mais vous auriez dû voir la fabuleuse sélection musicale qui s'offrait à moi, mes enfants. De la musique thaïlandaise qui ressemblait plus à des cris de chatte en chaleur sur un fond de musique country. Du jazz tellement sirupeux que Louis Armstrong et Ella Fitzgerald auraient eu l'air de chanteurs heavy metal à côté de ça. De la musique classique qui faisait plus qu'adoucir les mœurs. Une heure de comédie en compagnie d'Eddy Murphy. Ouach, ouach et triple ouach! Shirley McLaine qui narre et commente La Prophétie des Andes accompagnée de musique new age. Bout de viarge que le new age je trouve donc ça quétaine et d'un ennui mortel. Yanni, Enya , Loreena McKennitt, je vous mens pas, le prochain gars qui me met c'te musique plate-là pour baiser, je lui coupe les couilles! Et pour finir, si le poste de musique pop avait diffusé autre chose que NSync, les Backstreet Boys et 98 Degrees, peut-être j'aurais pu passer une heure à faire autre chose que de me ronger les ongles parce que moi, la musique pour adolescentes hystériques, c'est pas mon «fort». Ça fait que comme je pouvais pas faire de l'aérobie dans l'allée centrale, ni jouer aux poches avec le beau Pakistanais qui se trouvait trois rangées plus loin et encore moins danser la lambada avec la belle hôtesse de l'air en sari lilas ( les costumes des hôtesses sur Thai Airways sont tellement beaux, on dirait des robes de graduation), ben, j'ai fait ce que tous ceux qui dorment pas font sur un vol d'une demi-journée; j'ai regardé la carte des consignes de sécurité pour la quinzième fois, j'ai demandé l'heure à ma voisine aux 5 minutes, pis j'ai mangé tout ce qu'on m'offrait. Tiens, parlant de manger, voilà tu pas que s'amène la belle waitress aux yeux bridés (plus belle cibole! Si sont toutes belles comme ça là-bas, je r'vire lesbienne!) avec notre huitième repas du voyage. Justement, je commençais à avoir un p'tit creux. Non, je rêve! Pas encore du poulet? Après le egg roll au poulet, la salade au poulet mayonnaise, le sandwich au poulet pressé, le curry de poulet au lait de coco et l'omelette au poulet chasseur il manquait plus que ça, la crème glacée au poulet! Avant de r'virer complètement dinde et de me mettre à faire de l'origami avec le p'tit sac à vomi, je pense que j'vas compter les orchidées sur la belle tapisserie qui décore les murs de l'avion. «Mais mado, ça fait presque un mois que tu es partie et tu n'as encore rien dit sur ton voyage en Thaïlande!» Ben oui, je sais, mais chu tellement mémère (j'adore les longs préliminaires) que j'ai juste eu le temps de faire l'introduction. Mais faites-vous-en pas, si vous êtes encore là le mois prochain, votre attente sera grandement récompensée par des anecdotes plus que juteuses sur mon périple en terre étrangère. Je pourrais vous mettre l'eau à la bouche en vous racontant ma balade a dos d'éléphant à côté d'un Japonais aux lunettes tellement épaisses que ça y'a pris la ride au complet pour qu'il se rende compte qu'il y avait quelqu'un à côté de lui. Je pourrais aussi vous raconter comment ma sœur Nicole s'est retrouvée toute habillée dans l'eau du Mekong alors qu'elle jouait les capitaines du Titanic (son film préféré et sûrement celui que j'ai le plus haï) sur un radeau de bamboo sur lequel on a fait du rafting. J'aurais bien voulu vous dire comment madame Simone pouvait engloutir 3 gros melons d'eau au complet pour calmer son appétit sexuel inassouvi. Si j'avais plus de temps, je vous raconterais tout ça en détails et plus encore, mais il faudra être patients, mes tout p'tits, et attendre sagement notre prochain rendez-vous. En attendant, vous pouvez toujours m'écrire des niaiseries (dans le genre, me souhaiter Bonne Fête le 29 janvier, alors que je serai toute seule à me faire dorer l'entrejambe sous le chaud soleil de 35 degrés et le regard curieux des jeunes grimpeurs de rocher au corps sculpté dans le rock qui viennent de partout dans le monde pour grimper sur les gros rochers qui m'entourent et, chanceuse comme je suis, il a fallu que je choisisse cette île-là pour effouerrer mes petites fesses de patineuse artistique dans le sable), car je prends mes e-mails presque chaque jour, parce que croyez-le ou non, en Thaïlande il y a des ordinateurs jusque sur la plage. Non mais tu vois ben qui sont folles!!!

P.S, Même si c'est le moindre de mes soucis, vous me direz si c'est un garçon ou une fille, le rejeton de notre «Best singer in the world»!
[email protected] www.mado.qc.ca