Area

Claudine Metcalfe
Commentaires
Comment résister à l’appel du patron qui vous dit de découvrir un restaurant extraordinaire que sa belle-sœur a «adoré»? Accompagné d’un ami dont le père est chef cuisinier, je pars vers la nouvelle adresse in du Village, le Area. Situé dans l’ancien local d’un resto sans prétention où les petits déjeuners étaient fort populaires (le Clin d’Œil), l’espace a changé du tout au tout. Seul le mur de brique subsiste. Sur le carton publicitaire, on décrit le décor comme étant simple, sobre et aérien. En effet, le camaïeux de blanc cassé, beige et blanc pur est mis en opposition avec une touche de noir et quelques citrons en décoration dans la vitrine. Bien divisée, la petite salle permet aux clients de ne pas être assis sur les genoux du voisin; l’ intimité est préservée, ce qui est maintenant assez rare dans les nouveaux restaurants. Chaises confortables, musique originale, verrerie impeccable. L ‘ambiance est chic, avec un service courtois et plein d’esprit, d’humour, de présence. On nous sert l’eau citronnée, on porte attention aux moindres détails. La clientèle est constituée de gens d’affaires, quelques couples de gais et de gourmets avertis.
La carte, d’ailleurs présentée sur carton, est courte mais complète. On décrit les plats pour les présenter, comme la nouvelle mode l’impose. Trois menus à 28$, 35$ et 45$ proposent des suggestions épatantes du chef, allant de la longe de veau au poisson du jour, un vivaneau. Le lait au panais, lardons, huile de persil, crème fouettée (8$) est servie tiède, dans un verre old fashion : intrigante, la préparation est savoureuse, riche en saveurs, tout en étant légère comme une voie lactée peut l’inspirer, le goût du panais est à peine décelable. Les crevettes (12$) sont présentées de belle façon, à l’inspiration japonaise, dans un petit bol de bambou. Très frais, les trois crustacés sont cuits à la perfection dans une pâte légère, accompagnés d’une sauce aux confits de tomates sucrées. Les ris de veau, croûte de poivre de Setchuan et miel piquant avaient trop séjournés en cuisson pour pouvoir bien en apprécier la finesse et le moelleux. La volaille à la pâte de pistache, oignons, purée à l’Oka (16$) était une cuisse finement cuite, servie sur une riche purée de pommes de terre. Était-ce mon palais trop straight ce soir là? J’ai trouvé les saveurs et les textures trop prononcées pour vraiment tripper sur mon plat. Je vais y retourner, car on dit tellement de bien de cette cuisine d’arrivage, pleine d’originalité et de création gastronomique. Pour deux, avant vin, avant taxes et service : 60$.
Area, 1429 Amherst, 514-890-6691
La sorcière du Village
Un soir de pluie, de froid et de cafard, je suis allée à La Strega, sortie qui était de mise à quelques jours de l’Halloween. L’espace tout en longueur avec les cuisines ouvertes sur un côté, accueille une cinquantaine de convives. Les couleurs sont chaudes, avec le rouge en prédominance, quelques touches de blanc, quelques feuillages en décoration. Le service est chaleureux, avenant. La clientèle est franchement très gaie, surtout en soirée.
La cuisine italienne est servie sans prétention, dans la plus pure tradition. On choisit sa pâte, fraîche bien sûr, sa sauce, et le tour est joué. Subito presto, le régal arrive. En table d’hôte à 5,95$, avec en entrée une minestrone au bouillon juste bien assaisonné, bien chaude, avec de bons légumes ou une salade nappé d’une vinaigrette maison; franchement un bon choix! À la carte, les cannelloni me tentaient. La sauce arrabiata était juste assez diabolique, avec un accent d’ail et de piments forts. Les penne par contre étaient juste trop al dente. La sauce alfredo est typiquement classique : on ne se trompe pas. Pour deux, avec un demi de rouge maison, avant taxes et service : 26$.
La Strega, 1477 Ste-catherine Est, 514-523-6000