Lutte contre le sida - France

Aides va licencier 65 employés

Logan Cartier
Commentaires

La plus importante organisation de lutte contre le sida, Aides, va licencier 15% de ses employés.

Le 12 décembre dernier, la direction générale de l'association a annoncé aux salariés et à leurs représentants la nécessité de mettre en œuvre un plan de sauvegarde de l'emploi, touchant 65 postes sur les 460 que compte l'association.

«C'est un véritable coup dur pour la première association française de lutte contre le sida, et en premier lieu pour les salarié(e)s concerné(e)s», admet Aides qui exprime «ses profonds regrets», et pointe du doigt le désengagement progressif de l'État français dans le financement de ses actions. Cette annonce intervient après plusieurs années de baisse constante des financements publics centraux et des crédits d'intervention. Réduits d'environ 5 à 10% par an depuis trois ans, ces crédits n'ont pu être suffisamment compensés par les différents leviers de collecte de fonds privés déployés par l'association.

Alors même que les récents chiffres officiels font état d'une épidémie encore très active parmi les publics les plus vulnérables, Aides souligne que «cette baisse de financements publics est en totale contradiction avec les objectifs de fin d'épidémie du gouvernement». C'est en effet à la demande de l'État que Aides a fait le choix d'accroître son activité sur le terrain, à commencer par le développement remarquable de ses actions de dépistage rapide, rappelle l'association.

Elle met en avant les 35 000 tests rapides réalisés en 2013. «Nous assumons là une part non négligeable des missions de l'État», explique Aides qui fait valoir que «contrairement aux engagements initiaux des pouvoirs publics, ce surplus d'activité n'a jamais été financé à la hauteur des besoins».

L’organisme illustre la situation par le test rapide qui est réalisé par Aides et qui représente un sur-coût global de l'ordre de 42 euros. Sur ces 42 euros, les pouvoirs publics n'en prennent en charge que 25, le reste étant financé sur les fonds propres de l'association. Selon Aides, c'est ce sous-financement qui est en partie responsable de la situation difficile dans laquelle elle se trouve aujourd'hui.