FÉMININ/FÉMININ

Lancement de la série web lesbienne montréalaise Féminin/Féminin

Julie Vaillancourt
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Le 14 janvier dernier à L’Appartement 200 avait lieu le très attendu lancement de la série web lesbienne Féminin/Féminin. Des centaines de personnes se sont retrouvées au 200 rue St-Laurent afin de visionner le premier épisode de cette série réalisée par Chloé Robichaud et présentée par Lez Spread The Word (LSTW). 

Le concept, imaginé par la réalisatrice et scénariste Chloé Robichaud et la présidente fondatrice de LSTW, Florence Gagnon, désire présenter un regard nouveau sur l’univers des lesbiennes, d’où le titre de la série Féminin/Féminin, traduisant cette volonté de montrer les multiples facettes du féminin…Bien sûr, la question de l’orientation sexuelle demeure au cœur du discours, «sans pour autant miser uniquement sur ces questions», précisent les instigatrices. D’ailleurs, Féminin/Féminin désire rejoindre un plus large public possible, gai et hétéro, sans oublier les femmes lesbiennes de tous milieux et générations : « même si on ne peut pas plaire à tout le monde», souligne Florence Gagnon, la série inclus plusieurs situations, contextes et représentations de femmes afin que le plus grand nombre puisse se reconnaître et apprécier la série, et ce, dans un contexte francophone et anglophone (la série est sous-titrée en anglais). Le premier épisode de la série, produit par Carolyne Boucher et LSTW, fut en majeure partie financé par des dons provenant de la communauté, via la plateforme yoyomolo, ce qui traduit clairement un besoin pour les lesbiennes d’ici de se reconnaître à l’écran. Ainsi, une dizaine de personnages (interprétés par Noémie Yelle, Carla Turcotte, Eve Duranceau, Eliane Gagnon et autres surprises…) s’entrecroise tout au long de la série, alors qu’un épisode vient cibler un protagoniste en particulier.

Le premier épisode suit les traces de l’attachante et célibataire Léa (Noémie Yelle), qui se confie à son amie Émilie sur l’instabilité de ses relations amoureuses avec d’autres femmes. L’épisode débute alors qu’un groupe d’amies discutent justement de la série (au Royal Phoenix) tandis que des passants hétéros questionnent les filles sur leur orientation sexuelle en lien avec leur apparence. Une mise en abyme, doublée d’une réflexion sur l’image de la lesbienne moderne. Tout en nuance, l’épisode n’est pas dénudé d’humour, sans oublier une certaine autocritique des questionnements dont les lesbiennes d’aujourd’hui sont souvent l’objet. À ce sujet, la scène où 4 lesbiennes font l’objet d’une entrevue (par la réalisatrice elle-même), avec cette approche du faux documentaire, est savoureuse. Parlant de savourer, la scène du début (où la réalisatrice Chloé Robichaud y fait une apparition/caméo) trouve son dénouement en fin d’épisode au plus grand plaisir (de plusieurs) des lesbiennes montréalaises…Vous avez manqué l’épisode? Le site LSTW vous offre de le visionner gratuitement. Cela dit, il faudra vous armer de patience, puisque le tournage des épisodes suivants est prévu au printemps, alors que les 8 épisodes (de 10 à 15 minutes chacun) verront le jour hebdomadairement à l’été 2014 sur le site de LSTW. Une possible télédiffusion? «Pourquoi pas, c’est certain que nous aimerions beaucoup», conclus Florence Gagnon, en ne cachant pas son désir de retrouver Féminin/Féminin au petit écran québécois.

 

Vous pouvez visionner le premier épisode de Féminin/Féminin sur le site Lez Spread The Word (LSTW) http://lezspreadtheword.com/visionnez-femininfeminin/

Féminin/Féminin a besoin de vos dons pour les épisodes subséquents : http://www.yoyomolo.com/Lez-Spread-The-Word/Web-tele-Femininfeminin