construction verte

Une maison bioclimatique

Étienne Dutil
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Photo prise par © ARMEL ISTIN
Photo prise par © ARMEL ISTIN

C’est tout d’abord, en 2010, le projet d’une rénovation de maison. L’état existant ne le permettant pas, une démolition et une construction neuve ont été le point de départ d’une nouvelle histoire. Le terrain est situé dans un environnement composé de maisons de ville du Moyen Âge et de constructions d’époques diverses, dans un quartier protégé de la ville Auray en France sur les hauteurs du port de Saint Goustan, qui accueilli en 1776 un personnage célèbre, Benjamin Franklin.

Les propriétaires souhaitaient adapter à leur programme les principes d’une maison Feng Shui, passive et écologique, tout en respectant les règles d’urbanisme de ce quartier. Et sur les conseils de l’architecte, se conformer à la réglementation thermique à venir et aux préceptes de l’architecture organique tel qu’écrit par Franck Lloyd Wright : «Il ne faut chérir ni forme préconçue nous liant par dessus nous aussi bien au passé, au présent qu’au futur, mais plutôt exaltant les lois simples du bon sens, ou d’un sens supérieur si vous préférez, déterminant la forme par le biais de la nature et des matériaux. »
 
Le projet s’est donc orienté vers une maison en ossature mixte béton et bois : au Nord, un mur béton isolé en laine de roche, bardage en pin de Douglas, et plâtre traditionnel à l’intérieur. Le mur de refend en béton également permet d’accroître l’inertie tout comme la dalle béton isolée et les cloisons au rez-de-chaussée en carreaux de plâtre. L’ossa-ture en bois est isolée en ouate de cellulose et recouverte d’un frein vapeur. Le plancher de l’étage est composé de solives avec des panneaux destinés à recevoir un sol en linoléum. La toiture est en zinc à joints debout à faible pente isolée en laine de roche avec frein vapeur et placo. Ces éléments passifs dans la construction participent au confort d’hiver en stockant la chaleur, et d’été en conservant la fraicheur, accentuée par la pergola et son balcon destinés à recevoir une plante grimpante, et par les volets coulissants à claire voie.
 
La façade principale, plein Sud, fait face à un bassin naturel traité par phytoépuration. Les anciennes remises ont été réhabilitées et la cour est abritée par un grand porche couvert en panneaux de polycarbonate afin de donner plus de légèreté à l’ensemble. Le jardin, étudié par un paysagiste, donne des perspectives au terrain tout en longueur et en forte pente ; elles partent de l’abri voiture qui ferme la cour devant l’entrée de la maison au Nord et font le lien entre la maison et le local rangement. Une partie du bardage est de couleur noire et accentue le regard vers le jardin.
 
Les propriétaires  ont souhaité chauffer d’un poêle et de convecteurs à fluide caloporteur, considérant que la maison bien isolée profite au maximum des apports solaires. Elle est équipée d’un chauffe eau thermodynamique.
 
L’aménagement intérieur a bénéficié d’un soin important avec des matériaux particuliers : briques de terre crue derrière le poêle, pierres de Bourgogne au sol dans le salon et la cuisine, peinture à la chaux aux murs.
 
C’est donc l’application en un projet, de la recherche de la performance énergétique, de l’architecture organique et bioclimatique qui a fait naître cette maison, qui puise son idéal non pas dans la tradition régionale mais bien dans la tradition d’un habitat près de la nature et pour la nature de l’homme.