Collectif du Carré Rose

Œuvrer à la sécurité dans le Village

André-Constantin Passiour
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Dans la nuit du 11 au 12 janvier, on enregistrait encore une autre victime d’une agression dans le Village, près du Stud cette fois-ci. Coupure sur le front et une autre marque plus profonde sur le nez, ce jeune homme semble y avoir goûté sérieusement… Il n’en fallait pas plus pour que la planète des réseaux sociaux s’empare de la nouvelle et s’agite avec des messages d’appuis à l’agressé, bien sûr. Cette fois, le Collectif du Carré Rose Montréal réagit promptement en indiquant que les membres du comité fourniront aide et assistance à la victime, dont le rapport de l’incident à la police.

Dans un très bref communiqué émis sur sa page Facebook, ce collectif rappelait la manifestation pacifique de sensibilisation du 14 février. Cependant, avant que l’on ait pu avoir plus de détails sur ce cas, quelqu’un du Tim Horton’s du secteur commentait qu’un autre incident violent a eu lieu devant ce commerce le 12 janvier. Cela fait donc deux en moins de 24 h.
 
Mais, malheureusement, la liste s’allonge puisque, en tout, il semblerait qu’il y ait eu quatre incidents violents en tout durant le week-end (samedi et dimanche) ainsi que le lundi suivant d’après ce qui a été rapporté au porte-parole officiel du Collectif du Carré Rose Montréal, Louis-Alain Robitaille.
 
Même si les incidents s’accumulent, lors de la rencontre avec le commandant Vincent Richer du poste de quartier 22 (PDQ), le 7 janvier, il semblerait que les agressions sont en baisse de 28 % sur le territoire. Ce qui semble être une aberration selon M. Robitaille. « On appelle ça le «chiffre noir» puisque ce n’est pas comptabilisé dans les statistiques officielles du SPVM (Service de police de la Ville de Montréal). C’est qu’encore trop peu de victimes portent plainte à la police et c’est, pourtant, la seule façon qu’on a de faire bouger les choses et de faire en sorte de dégager des budgets supplémentaires et donc des effectifs additionnels. Cela ne reflète tout simplement pas la réalité. Il faut donc aider les victimes à porter plainte, les appuyer dans leurs démarches, c’est dommage qu’il n’y ait plus d’organisme qui puisse le faire », se désole Louis-Alain Robitaille qui est un agent immobilier de profession.
 
Tant bien que mal, les membres du comité de ce Collectif, tous bénévoles, tentent de pallier à ce déficit en offrant leurs services et leurs conseils, dont ceux d’un criminologue et d’un avocat, aux personnes agressées.
 
Les gens du Collectif ont été satisfaits de leur rencontre avec le commandant Richer. « Il est à l’écoute, il est proactif et on sent qu’il veut nous aider et améliorer la situation dans le quartier. Sauf que les agressions, elles, se poursuivent. Il nous faut donc trouver des solutions pour que les gens soient plus en sécurité », commente M. Robitaille. Déjà, on a indiqué qu’il y aura l’ajout de caméras supplé- mentaires dans le Village. « Le commandant Richer a offert aussi un agent de liaison, un policier gai, qui fera le relais entre le Collectif et les policiers des PDQ 21 et 22 [couvrant ainsi l’ensemble du Village]. C’est un très bon pas dans la bonne direction», souligne ce porte-parole.
 
Après la rencontre avec le commandant Vincent Richer, le Collectif en avait une de prévue le 16 janvier avec le directeur général de la Société de développement commercial du Village (SDC), Bernard Plante. « Nous avons fait une demande officielle pour s’assoir avec le maire de Montréal, Denis Coderre, et lui parler de ce qui se passe dans le Village. Nous voulons le faire le plus rapidement que possible afin que les choses se mettent en place. Nous voulons collaborer avec tout le monde pour trouver des pistes de solution à la violence qui sévit dans le quartier présentement, d’où cette réunion avec la SDC du Village. »
 

Pas un feu de paille

Le Collectif du Carré Rose Montréal créé sur Facebook au lendemain de la sauvage attaque contre le DJ bien connu Alain Jackinsky et son colocataire, dans la nuit du 13 au 14 décembre dernier – cela avait été la goutte qui avait fait déborder le vase quoi –  avait recueilli plus de 1 200 membres sur sa page en moins de 24 h. C’était à quelques jours de Noël. En date du 14 janvier, on atteignait le chiffre de 3 375 personnes. « Ces adhésions nous donnent plus de poids lorsqu’on s’adresse aux divers décideurs qu’ils soient des milieux de la police, de la politique ou autres. Nous sommes là pour canaliser le ras-le-bol de la population », pense Louis Alain Robitaille. L’objectif est d’atteindre le score des 5 000 individus !
 
« On a parlé du cas d’Alain Jackinsky et cela a suscité la sympathie et l’appui des gens et des groupes, parce qu’Alain est quelqu’un de connu, continue M. Robitaille. Mais combien d’autres attaques surviennent à des personnes dont on n’entend jamais parler ? Et c’est ça qui est inquiétant et c’est ça qu’il faut changer… »
 
Le Collectif a établi toute une feuille de route, dont faire de la sensibilisation au moment de la sortie des bars, vers 3h du matin, distribuer des dépliants informatifs sur quoi faire si l’on est attaqué, car on pense que la prévention est encore le meilleur outil. Cela fait partie du programme que l’on nomme « Village sécuritaire ». Les propriétaires et gérants de clubs seront ainsi rencontrés prochainement.
 
« C’est un dossier complexe, confie M. Robitaille. C’est pourquoi nous sollicitons la colla-boration de tous. Nous savons que la police n’est qu’une des pièces de la solution, mais la police est un élément important. Il faut commencer par quelque part et, au fur et à mesure, nous rencontrerons des travailleurs sociaux, les gens de divers groupes, etc. Ce n’est pas le travail qui manque, mais il faut bien comprendre que nous sommes tous des bénévoles ici, mais nous le faisons parce que nous tenons à notre Village et que cette situation ne peut pas continuer parce qu’il semble y avoir une escalade. »