Jack et Jacques

Qu’avez-vous dans les culottes ?

André-Constantin Passiour
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Avec le slogan « Qu’est-ce qu’il y a en dessous [de la ceinture]? », on invite ainsi de manière sympa à s’inscrire à un programme nouveau genre, de prévention, oui, de prévention, mais « en ligne ». On sera encore plus audacieux en anglais en vous demandant carrément « What’s in your pants ? ». Évidemment, pour des hommes gais, ces deux images peuvent référer à plusieurs sous-entendus… La campagne « Jack & Jacques » est ainsi lancée et désire sensibiliser les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes aux maladies telles que le VIH/sida et autres ITSS.

« Jack & Jacques est un programme conjoint de ACCM (ou Sida Bénévoles Montréal) et de la Direction de la santé publique de Montréal (DSP). La DSP, d’après ses statistiques, voyait l’augmentation des ITSS (Infections transmissibles par le sexe et par le sang) chez les hommes gais et bisexuels. Elle nous a donc proposé une nouvelle sorte de campagne incitant les gens à s’informer et se faire dépister. Elle nous l’a proposé en janvier 2013. Puis, l’idée a fait son chemin et on a bâti la structure et, lorsque je suis arrivé, j’ai continué le projet et vu à sa mise en application », explique le directeur au développement chez ACCM, Puelo Gregory Deir.

Les affiches sont alléchantes : sept hommes aux styles diversifiés, dont quatre sont torses nus, certains sont plus jeunes et au look un peu androgyne, d’autres portent des barbes, et sont d’origines ethniques multiples également. « Cela est fait exprès parce que Jack & Jacques ne s’adressent pas qu’aux jeunes, la clientèle visée est celle des hommes qui baisent avec des hommes, une clientèle sexuellement active et donc qui pourrait être à risque de s’infecter », continue M. Deir. « Il semblait qu’avec le sexe non protégé, la DSP pensait qu’un tel projet serait nécessaire, mais on voulait, par la même occasion, sensibiliser les hommes d’une autre manière », rajoute pour sa part Jordan Coulombe, qui est adjoint aux communications et aux événements spéciaux chez ACCM.

Pour commencer, on vous propose de remplir un questionnaire sur votre vie sexuelle et qui ne prend que quelques minutes à peine. Dépendant de vos réponses, on vous suggèrera de vous faire dépister dans, 3 ou 6 mois ou dans un an. « Pour certains, on vous dira d’aller vous faire tester tout de suite, cela dépend de combien à risque êtes-vous en réalité », continue Jordan Coulombe. Le programme vous enverra ainsi un rappel pour vous faire tester. C’est ça l’avantage d’un tel site. « Bien sûr, tout est confidentiel, tout est anonyme », souligne Puelo Gregory Deir.

Sur le site, il y a une foule de renseignements sur les centres anonymes de dépistage les plus proches, où trouver de l’information sur les ITSS, comment se procurer des condoms et du lubrifiant gratuitement et aussi les traitements de la PEP (Prophylaxie postexposition), c’est-à-dire les médicaments que l’on peut prendre immédiatement si l’on croit avoir été en contact avec le virus du VIH (si le condom s’est déchiré ou si l’on a eu du sexe anal sans condom).

« Il y a aussi la partie tumblr du site par laquelle on encourage les gens à nous faire part de leurs témoignages, afin que ces hommes puissent discuter de leurs amants, leurs amis, leurs relations sexuelles, etc. Par là, il y a une certaine conscientisation qui s’effectue lorsque les gens discutent et partagent ce qu’ils vivent », dit M. Deir. 

Pour l’instant, Jack & Jacques se concentre uniquement à la région de Montréal. Mais si ce programme connaît du succès, il se peut bien que cela soit étendu à d’autres régions de la province… 

www.jacketjacques.ca