Tragédie d’Olivier Dubois

Tragédie d’Olivier Dubois l’Innocence sauvage

Denis-Daniel Boullé
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Olivier dubois
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Olivier Dubois est un des chorégraphes les plus en vue de la scène contemporaine en France. Une œuvre toujours en recherche, en questionnement sur ce qui nous fait en tant qu’animal social que l’on appelle l’être humain, entre le besoin d’être avec les autres et l’inexorable sensation d’être seul parmi les siens. 

Créée en 2012 au Festival d’Avignon, Tragédie met en scène 18 danseurs (9 hommes, 9 femmes) nus dans une longue rencontre chorégraphiée s’interrogeant sur les relations que nous pouvons entretenir les uns avec les autres quand nous sommes dépouillés de tout, jusque de nos habits. Quand il n’y a plus que notre corps réduit à sa plus simple expression pour tenter de rentrer en contact avec l’autre et, inversement, pour échapper à l’autre.
 
Rejoint par téléphone, celui qu’on surnomme l’agitateur de la scène contemporaine française se défend de vouloir choquer. « On ne crée jamais parce que l’on veut choquer, mais bien parce que l’on veut dire quelque chose », confie Olivier Dubois. « Tout comme je ne cherche pas non plus à plaire ou à déplaire. Je ne ferai jamais de l’entertainment, c’est peut-être cela qui choque. En travaillant sur Tragédie, l’idée de la nudité s’est imposée, mais pas comme un manifeste radical». Tragédie qui tourne aujourd’hui à travers le monde et qui s’est heurtée à ses tous débuts aux contraintes habituelles des créations chorégraphiques. Comment trouver du financement pour un spectacle regroupant dix-huit danseurs, comment même espérer intéresser des salles ou même organiser une tournée. « C’est vrai que lorsque j’ai parlé au début de mon projet, on m’a dit que je ne trouverai personne pour financer une telle création, que c’était de la folie. De mon côté, ou le projet était mené à bien comme je le souhaitais, ou on arrêtait tout », continue Oliver Dubois. « Je ne suis pas prêt à faire de compromis avec la création. Et même si le projet était osé par le grand nombre de danseurs, je n’ai pas subi de pression pour le réduire à quatre danseurs. Pour la diversité des corps, il fallait qu’ils soient plus nombreux ou sinon le spectacle ne voulait plus rien dire ». 
 
La démarche de création d’Olivier Dubois s’inscrit dans un cheminement qui ne suit pas la tendance actuelle. Pas d’improvisation, mais un très long travail de préparation en amont avant de rencontrer les danseurs. « Je pars souvent d’une problématique qui s’impose à moi sur laquelle vont se dessiner une scénographie, une dramaturgie, la musique. Alors, avec des petits canevas très avancés de la pièce je rencontre les danseurs », ajoute-t-il en précisant que ces chorégraphies sont comme des partitions très millimétrées.
 
Pour le chorégraphe, qui poursuit la comparaison avec la musique, un danseur est un musicien dont l'instrument est le corps, et sa création vient de sa capacité à exprimer l'émotion avec la justesse du son. Olivier Dubois ne cesse de chercher comme il le qualifie lui-même sa propre harmonie au monde et aux autres. Ce qui l'amène à puiser dans tous les aspects de sa propre vie, de ce qui l'entoure, et de sa grande passion pour toutes les autres formes d'expression artistique sans oublier la philosophie non plus. 
 
En plus de Tragédie, et dans le cadre de la journée internationale de la danse, Olivier Dubois présentera une création dans laquelle il se produit, Prêt à baiser, une chorégraphie sur Le Sacre du printemps de Stravinski, arrangé par le compositeur François Caffenne. Prêt à baiser sera présenté une seule fois au centre PHI, le 29 avril. Un duo-performance interprété par Olivier Dubois et Mohamed Kouadri.  
 
Tragédie d’Olivier Dubois Théâtre Maisonneuve, les 1er, 2 et 3 mai, placedesarts.com/spectacles
 
Prêt à baiser d’Olivier Dubois (1 seule représentation)
Centre PHI , le 29 avril à 20h. T. 514-225-0525. 1-855-526-8888