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J’aime les filles: les premières amoureuses

Julie Vaillancourt
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J’aime les filles

Clin d’œil à la célèbre chanson de Jacques Dutronc de par son titre, la bande dessinée J’aime les filles pose un regard sur les premières amours saphiques. Pour se faire, l’auteure et bédéiste d’origine abénaquise Diane Obomsawin (Obom) demandera à ses amies qui, comme elle, aiment les filles de lui raconter «le moment de l’étincelle» afin de le transposer en histoires.

Le dessin naïf et minimaliste, avec ces personnages aux faciès d’animaux, contraste remarquablement avec le récit de ces femmes qui expérimentent leurs premières amours saphiques. Le regard de l’auteure est à la fois doux, touchant, humoristique et cru et les histoires, bien qu’elles aient ce fil conducteur de femmes qui aiment d’autres femmes, se situent en maints lieux et époques. Ainsi, la bande dessinée relate 10 petites histoires, dont celles de Mathilde, qui aime les femmes ressemblant à Wonder Woman et à la tête de cheval, Maxime, originaire d’un petit village qui arrive à Montréal et sort tranquillement de l’illégalité à l’époque du Bill Omnibus, Marie dont sa mère n’accepte pas son lesbianisme, Charlotte qui expérimente son premier amour dans un petit couvent de campagne, Catherine en amour avec sa professeure, October qui expérimente sa découverte identitaire à Londres, etc. De l’éveil sexuel à la découverte identitaire qui caractérise les premières expériences amoureuses, Obom y plonge le lecteur, avec humour, intelligence, tendresse, originalité et vécu. Sans conteste, J’aime les filles, révèle non seulement le talent de bédéiste et d’illustratrice de Diane Obomsawin, mais aussi son talent de conteuse, qu’elle explore d’ailleurs depuis de nombreuses années en tant que réalisatrice de films d’animation pour l’Office national du film du Canada.
 
J’aime les filles par Diane Obomsawin (Obom), publié aux Éditions L’oie de Cravan. Bande dessinée. Noir et blanc. 92 pages. 16$