Les jumeaux du duo O’Halley Brothers au Green Space festival

Pour célébrer l’inclusion et la diversité

Yves Lafontaine
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 jumeaux Fabiano et Bachir Maroff,
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Les jumeaux Fabiano et Bachir Maroff, mieux connus sous le pseudonyme du duo de DJ, les O’Halley Brothers, savent très bien comment faire le party, croyez-moi. Ces deux superbes Brésiliens seront à Toronto, fin juin, dans le cadre du Festival Green Space qui se tiendra durant la WorldPride. À l’approche de leur première prestation en Amérique du Nord, Fugues a parlé, évidemment, musique, avec ces deux dieux vivants, mais aussi d’entraînement, de politique, de la vie gaie à Moscou et de leur volonté à être des vecteurs de changement social.

Vous êtes nés au Brésil, mais vivez en Russie. C’est arrivé comment? Un déplacement de la famille, l’amour ou le travail ?
 
C’est arrivé en 2011, alors qu’on s’ennuyait ferme au Brésil. Nous avions, tous les deux, besoin de changement. On a donc décidé de tenter une toute nouvelle expérience et d’aller vivre ailleurs, dans un endroit qui serait à l’opposé de ce qu’on avait vécu jusqu’à ce moment-là. Puis, quand on a visité Moscou pour le travail, on a tout de suite eu le même sentiment que c’était là qu’on voulait faire l’expérience. Au début, la ville était pour nous assez dépaysante, toujours sombre et mystérieuse. On avait l’impression de vivre à Gotham City, la ville fictionnelle dans Batman et cela avait étrangement un attrait très fort pour nous.
 
Vous êtes célibataires ?
 
Non, nous sommes tous les deux en amour par-dessus la tête, mais nous sommes des gars pas mal ouverts…
 
Comment trouvez-vous la vie en Russie, ces temps-ci ?
 
Nous aimons Moscou, mais c’est réellement une relation d’amour-haine. Notre sentiment est assez mitigé, parce que la vie, elle, n’est pas toujours simple. Les Russes sont des gens assez compliqués et la langue est extrêmement complexe à comprendre et à parler, du moins pour nous…
 
Et la vie gaie ?
 
Être gai en Russie, c’est dur et sans doute plus dur maintenant qu’avant. On a souvent l’impression que les Russes sont encore pris dans un autre siècle. Le pays est dirigé par des mâles chauvinistes qui croient que les homosexuels sont des malades ou des dépravés. Les intimidations et agressions envers les gais sont malheureusement très fréquentes. Les choses doivent changer et nous aimerions faire partie de cette «révolution d’amour». Alors que le Monde célèbre de plus en plus la richesse des différences culturelles, en Russie, on tente de revenir à des valeurs conservatrices du passé et on applique des lois et des règlements d’une autre époque, d’un autre millénaire.
 
Comment avez-vous débuté comme DJ ?
 
On a toujours été fasciné par la musique et on a commencé à spiner dans nos loisirs comme passe-temps. Mais en déménageant à Moscou, nous avons décidé de nous y consacrer de manière plus sérieuse. C’était pour nous une évolution naturelle, d’autant plus qu’il était pour nous difficile de nous trouver des emplois traditionnels du fait de la langue. La musique est un langage universel qui nous permettait de travailler à Moscou, ainsi que dans beaucoup d’autres villes d’Europe. Et nous voulions aussi faire de quoi que nous aimions… Il faut être heureux dans la vie!  
 
À regarder votre page Facebook, j’ai l’impression que vous travaillez beaucoup hors de la Russie et dans pas mal d’événements gais. Est-ce le cas aussi en Russie ?
 
Nos vies ont été complètement folles ces dernières années. Depuis trois ans, nous avons des prestations régulièrement au Royaume-Uni, en Suisse, en Irlande, en Grèce, en République tchèque, en Espagne, en Ukraine et en Italie. Durant le WorldPride, notre présence, le samedi 28 juin, marquera notre première visite en Amérique du Nord comme DJ. Nous sommes emballés d’être en vedette de l’événement principal du Green Space Festival, entourés d’artistes renommés comme The Freemasons, Rosabel et The Cube Guys. 
Évidemment, nous jouons régulièrement à Moscou et pas seulement lors de gros événements commerciaux. Il y a tout un réseau de partys gais un peu underground, car les bars gais ont la vie de plus en plus dure. Cela dit, il y a à Moscou environ 7 clubs fréquentés par une clientèle gaie, sans compter les bars et les saunas. Moscou est quand même une très grande ville (12 millions d’habitants)
 
Vous avez tous les deux des corps incroyables. De quoi à l’air votre entrainement ?
 
Merci! Nous nous entraînons presque tous les jours. Nous prenons une pause les dimanches et l’hiver quand on est à Moscou, nous nous entrainons un peu moins. Alors que lorsqu’on est de visite au Brésil ou ailleurs, on a l’habitude d’y aller tous les jours. 
 
Vous vous entraînez autant que vous préparez vos sets ?
 
Oh oui. L’entrainement et la musique, ce sont deux choses que nous faisons ensemble avec beaucoup de plaisir
 
Comment décririez-vous votre style musical du moment ? 
 
Intense, joyeux et énergique. Faut comprendre que nous sommes Brésiliens... Nous aimons faire la fête tout le temps et danser même lorsqu’on deejay…
 
Si j’ai bien compris, votre présence au Green Space durant la World Pride de Toronto sera votre première prestation au Canada.
 
Oui au Canada et en Amérique du Nord. Et nous sommes pas mal excités devant la perspective de participer à cet événement. En plus, nous adorons les Canadiens. Nous vous trouvons pas mal amicaux et gentils. Nous apprécions énormément la qualité des rencontres qu’on as eu avec des Canadiens jusqu’à présent.
 
À quoi la foule du World Pride devrait-elle s’attendre de vous ?
 
D’avoir du plaisir et pas mal de plaisir, en plus de ça. On est prêt à faire monter la température de la ville. Ça va être chaud. Nous apprécions toujours la présence de personnes qui aiment faire la fête avec nous et nous allons leur servir de quoi qu’ils vont se souvenir longtemps.
 
Autre chose que vous aimeriez ajouter à l’intention de nos lecteurs?
 
C’est un honneur de nous avoir proposé de faire la couverture de Fugues dans le cadre de la World Pride. Nous sommes privilégiés de venir à Toronto pour participer à un party qui partage les mêmes valeurs que nous. Les organisateurs du Festival Green Space valo-risent le respect, l’inclusivité et la diversité, ainsi que le pouvoir fantastique et rassembleur de la musique. Et, encore mieux, tous les profits générés par le festival Green Space seront versés au 519 (le centre communautaire LGBT de Toronto) afin de lui permettre de continuer d’offrir un large éventail de services à la communauté LGBT. On a bien hâte de vous rencontre tous. Ne soyez pas gêné de venir nous saluer et pourquoi pas nous faire la bise.  
 
 
Les O’Halley Brothers seront en prestation le samedi 28 juin 2014 au Green SPace