Trans

Première marche Trans à Montréal : un grand succès

Denis-Daniel Boullé
Commentaires

Plus de 300 personnes ont marché dans les rues de Montréal dimanche 10 août pour faire entendre les revendications des personnes trans au Québec pour rappeler au gouvernement que la loi actuelle ne rencontre pas leurs demandes quant au changement de la mention de sexe. La loi 35 adoptée en décembre dernier par le gouvernement Couillard n’a pas encore été établie les règlements et les critères auxquels devront se soumettre ceux et celles qui souhaitent aujourd’hui demander leur changement de sexe à l’État civil.

Sous la chaleur de ce dimanche d’été, l’ambiance était à la fête et le collectif à l’origine de la Trans-March avait reçu le soutien des différentes associations trans du Québec, mais aussi de nombreux groupes LGBT, même si la présence effective de ces derniers était minime. Parmi les slogans lancés par les marcheurs et les marcheuses, beaucoup demandaient la non-ingérence de l’État quant au choix du genre et du sexe des individus.

Si aujourd’hui, les chirurgies de réassignation sexuelle ne sont plus obligatoires pour démontrer le changement, plusieurs zones d’ombre restent. Entre autres, quelles preuves devront fournir les demandeurs de leur transidentité, et qui devront-ils avoir des preuves de garant de leur bonne foi, lettres de psychologues, de médecins, ou simple affidavit de témoins. Beaucoup reprochait entre autres à la loi 35 d’avoir maintenu l’âge de 18 ans pour demander le changement à l’État civil, écartant de fait les ados trans les plus susceptibles de vivre de la discrimination de la part de leurs pairs, et d’exiger la citoyenneté canadienne laissant de côté les réfugiés trans qui devront attendre des années compte des délais de l’immigration et de la citoyenneté afin d’avoir des papiers qui correspondent à leur genre. Une poursuite en ce sens a été lancée contre le gouvernement.

Enfin, et l’idée commence à faire son chemin, certains revendiquaient que le sexe ne soit plus mentionné sur les papiers d’identité rappelant que l’État ne devrait pas à obliger les citoyens à être catalogués comme de sexe féminin ou de sexe masculin. Une revendication soutenue par ceux qui refusent la binarité homme/femme, qui ne se reconnaissent pas dans cette distinction.

 

Si les revendications et les motivations des participantes et des participants à cette marche pouvaient sembler différentes selon les tendances et les courants de pensée des différents groupes trans présents, l’unanimité était de mise pour que leurs se fassent entendre et que les personnes trans prennent la place qui leur revient de droit dans la société. Pour les organisatrices et les organisateurs, cette première marche a été un grand succès. Et certains pensent que l’événement devrait se pérenniser. Un rendez-vous déjà presque finalisé pour 2015.