Mauvais goût

Malaise provoqué par des soirées thématiques à Tel-Aviv qui s’inspirent de L'État Islamique

Charles Gagné
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Le nom de la soirée, Dreck («merde», en yiddish), en dit déjà long. Les organisateurs de cette party gaie au Haoman 17, un des clubs les plus courus de Tel-Aviv, ont provoqué un tollé en parodiant les scènes de décapitation d’Occidentaux filmées par l’État islamique en Syrie, ces dernières semaines. 

Le visuel de leur prochaine soirée consiste en une prise de vue qui reprend la sinistre pose du bourreau et de l’otage, en plein désert… mais en version homoérotique. «Nous avons décidé de nous soumettre à la Charia et à faire la fête à Da’esh (l’acronyme arabe de l’État islamique)», dit le flyer.

Sur les affiches de la soirée, on peut observer un jeune homme, drapé d'orange et assis sur le sol, tandis qu'un autre individu, qui se tient debout, est lui vêtu de noir et pose sa main sur l'épaule du premier. La scène se déroule dans le désert. À gauche de la photo flotte un drapeau noir, directement inspiré de celui de Daech. L'allusion est transparente.

«Dégueulasse», «répugnant»: sur Facebook, la réaction de rejet a été très violente, rapporte Gay Star News, alors que l’EI a promis de mettre à mort les homosexuels dans les régions qu’il conquiert.

«Nous réagissons à l’actualité, comme nous l’avons fait depuis des années, se défend Imri Kalman, un des organisateurs des soirées. Nous refusons de participer à la peur et de devenir hystériques. C’est une manière pour nous de montrer notre mépris pour les jihadistes.»

Quoi qu’il en soit, l’initiative a soulevé un tollé dans le pays. «Peut-on détourner des images d'un groupe terroriste pour faire la promotion d'une soirée ? En Israël, l'initiative passe difficilement dans l’opinion publique. Le quotidien Yediot Aharonot cite des commentaires publiés sur Facebook : « Dégoûtant ! Dégoûtant de faire rire ainsi sur le dos des victimes ! », s'insurge un commentateur ; un autre parle d'une « très pauvre parodie ».

Face à la vague d'indignation qui a parcouru Israël et maintenant le web international, les organisateurs ont retiré la photo de la page Facebook du bar et de la soirée et ont présenté leurs excuses. Il s'agissait, ont-ils expliqué, de retourner les codes de l'organisation terroriste pour les ridiculiser.