Pôle Nord

Au pays de l’ours polaire, le roi de l’Arctique !

André-Constantin Passiour
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ours polaire
Photo prise par © Nathalie Michel, Nicolas Dubreuil et José Sarica
Morse
Photo prise par © Nathalie Michel, Nicolas Dubreuil et José Sarica.
Glacier
Photo prise par © Nathalie Michel, Nicolas Dubreuil et José Sarica
oiseaux
Photo prise par © Nathalie Michel, Nicolas Dubreuil et José Sarica
  • ours polaire
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Dans une récente édition — et grâce au biologiste et guide José Sarica —, on voguait vers l’Antarctique et ses paysages insolites mais combien riches de leur faune également… Il nous avait promis de revenir pour nous parler de l’Arctique, à la rencontre des ours polaires, des aurores boréales, du Groenland, etc. En juillet dernier, entre deux croisières, nous l’avons rencontré à Montréal. Détendu, calme, serein, il proclamait haut le plaisir qu’il a, à chaque fois, de revoir ces étendues glacées, mais aussi de rencontrer les Inuits… Comme on le comprendra, on ne va pas là sur un coup de tête comme aller à Cuba ou en République dominicaine. Il faut un minimum de planification et de préparation pour que l’expérience soit des plus enrichissantes.

Surtout qu’on ne peut y aller n’importe quand non plus. «Il faut y aller soit à partir de juin ou juillet, la température moyenne est alors de 2 à 5oC ou en aout, c’est la période la plus chaude. On peut alors mieux traverser les glaces qui sont moins prises qu’en hiver parce que sinon il peut faire jusqu’à -70oC. Il ne faut pas oublier que c’est le territoire de la banquise», explique José Sarica. Mais il ne faut pas s’imaginer que tout n’est que glace à perte de vue ! Il y a ces magnifiques vues de la Toundra, «celle-ci est alors pleine de fleurs, elles ont deux mois pour fleurir, la nature fait bien les choses et c’est une véritable explosion de vie, c’est multicolore. Beaucoup d’oiseaux y vont pour pondre leurs œufs, c’est vraiment magnifi-que!», poursuit-il.

José Sarica

 
Bien entendu, il y a plusieurs croisières, allant d’une douzaine de jours à presque trois semaines, selon le point de départ et de destination. Tout comme pour le Pôle Sud, les voyages sont ici supervisés par une organisation, l’Association of Arctic Expedition Cruise Operators (www.aeco.no), celle-ci veillant à la préservation de l’environnement et de ces lieux. «C’est une manière écologique de voyager.  On protège mieux ce que l’on connait et,  de cette façon-là, en prend conscience de ce qu’il faut préserver. Lorsqu’on voit une mère avec ses oursons sur la banquise, on peut comprendre la fragilité de cette région et ainsi vouloir œuvrer à mieux la préserver», nous dit José Sarica qui est aussi conférencier.
 
Il y a la croisière du Groenland, on attérrira alors à l’aéroport de Kangerlussuaq pour prendre le navire qui remontera le côté Nord Ouest de la région de Savissivik. En plus des paysages à couper le souffle, on ira à la rencontre des derniers peuples inuits, des chasseurs d’ours et de narvals, «ce sont des rencontres extraordinaires parce que ces gens-là disent qu’en rencontrant les étrangers, ceux-ci les font voyager à leur tour», évoque M. Sarica. On traversa ensuite le détroit de Davis pour se rendre en terre de Baffin au Nunavut. Les ours polaires, les orques, etc. se presseront pour se faire prendre en photo, bon, pas de trop près quand même, il faut se garder une petite gêne…  C’est là que l’on peut être témoin, en juin et en juillet, du fameux «soleil de minuit» et, de la fin août à la fin octobre, des très spectaculaires aurores boréales. Il semblerait que les légendes – dont plusieurs d’origine inuit – abondent au sujet de celles-ci. D’abord, il y a celle qui veut que se soit les âmes des enfants qui jouent au soccer avec un crâne de morse et c’est ce qui produit ces lumières dans le sillage du ciel. Une autre veut encore que les aurores boréales soient un passage entre le royaume des morts et celui des vivants… Tout cela est relaté dans l’ouvrage «Les Royaumes du Nord» de Phillip Pullman. «On est forcément ému devant ce spectacle, avoue José Sarica. Croyant ou pas, cela touche l’âme et c’est un réel recueillement que nous procurent ces aurores boréales.» Pour terminer, on fera ainsi une boucle puisqu’on retournera vers l’aéroport du Groenland…
 
Un autre périple, plus long celui-là, nous mènera au passage du Nord-Ouest, soit de l’Atlantique vers le Pacifique, pour atteindre le détroit de Béring. Ah! cela évoque l’histoire de cette recherche de la route maritime mythique menant vers la Chine ! Il faut dire que bien des explorateurs y ont laissé leur vie… «Cette croisière plaira aux amateurs de navigation et qui veulent revivre cet exploit, c’est un voyage à travers l’histoire, continue le sympathique et enjoué José Sarica. On ne doit pas oublier que ce passage est englacé presque toute l’année donc, oui, cela vaut la peine de faire cette croisière.» Là encore, il sera possible de rencontrer des Inuits et des Amérindiens et voir des ours blancs, mais aussi des ours bruns et un métissage des deux (appelé «pizzly»), des bélugas, des narvals, des orques, etc.  
 
Pour ceux dont la croisière rendra jusqu’au Kamchatka et aux îles Kouriles (des territoires appartenant à la Fédération de Russie), ce sont les volcans qui seront le point de mire, donnant d’impressionnants panoramas…
 
Photos : Nathalie Michel, Nicolas Dubreuil et José Sarica.