Du 11 novembre au 6 décembre 2014 à l’Espace Go

Pleins feux sur Lumières, Lumières, Lumières

Denis-Daniel Boullé
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À l’origine, un livre relu et relu, Vers le phare de Virginia Woolf. Et puis un désir lancinant et informe d’écrire qui serait si loin et si proche du texte. Voilà ce qui a présidé à Lumières, Lumières, Lumières, de l’auteure Évelyne de la Chenelière, artiste en résidence pour trois ans à l’Espace Go.

Lumières, Lumières, Lumières, a muri en elle tranquillement jusqu’à une certaine maturité, jusqu’à l’impérieuse nécessité d’écrire surprenne Évelyne. Ne cherchez aucune recette d’écriture de la part de l’auteure d’Une vie pour deux, elle n’en a pas, à peine un conseil, celui d’écrire, d’écrire encore, de travailler et retravailler la langue, jusqu’à trouver la meilleure courbe pour le sculpteur ou encore la meilleure ligne mélodique pour le musicien qui sonnerait juste. Et puis Évelyne de la Chenelière qui considère encore et toujours qu’il y a de la magie, quelque chose de plus fort que soi dans l’acte de création se sentirait une usurpatrice en essayant de nous faire croire qu’il y a des secrets qu’elle seule posséderait. Peut-être parce que l’acte d’écriture ne peut se dévoiler, pas se comprendre, qu’entre soi et soi. Amoureuse de la langue, amoureuse des mots, mais aussi de femmes qui ont écrit, Évelyne de la Chenelière, qui avait effleuré l’œuvre de Marie Cardinale dans Une vie pour deux, laisse Vers le phare de Virginia Woolf se fondre dans son univers. Mettant en scène deux personnages de femmes, Mme Ramsay et la peintre Lily Briscoe, deux femmes clefs du roman de Viginia Woolf. La première croit au bonheur dans le mariage et les aléas du quotidien, la seconde défend son indépendance pour réaliser son rêve, celui d’être peintre. Les voix singulières et personnelles qui se taisent pour se conformer aux conventions sociales en vigueur dans l’élite anglaise post-victorienne, Virginia Woolf se plaisait à les écrire, ces voix intérieures qui ne rencontraient celles des autres. Les personnages ne se parlent pas ou si peu. Évelyne a décidé que ces voix se feraient entendre dans un dialogue entre ces deux femmes. Mise en scène par Denis Marleau, Lumières, Lumières, Lumières accueille deux grandes comédiennes de la dramaturgie québécoise, Anne-Marie Cadieux et Évelyne Rompré qui briseront d’une certaine façon le silence et les conventions. Deux femmes en somme pas si différentes dans leur quête d’existence.
 
Lumières, Lumières, Lumières, 
 de Évelyne de la Chenelière, Mise en scène de  Denis Marleau.
Espace Go. Du 11 novembre au 6 décembre 2014
www.espacego.com. Billetterie : 514-845-4890