Une bonne affaire

La francisation des entreprises

Michel Joanny-Furtin
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« Ce programme de francisation des entreprises existe pour aider les PME (petites et moyennes entreprises), c'est-à-dire les compagnies de 50 employés ou moins, à franciser leurs activi-tés », explique Daniel St-Louis, chargé par la Chambre de commerce gaie du Québec (CCGQ) de mettre en place ce programme en partenariat avec l’Office québécois de la langue française (OQLF) et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

« Les PME ne sont pas assujetties aux mêmes règles que les grandes entreprises sur cette question, mais toutes doivent respecter deux principes fondamentaux : être en mesure de servir leur clientèle en français; et s'assurer que leurs employés puissent travailler en français. Il s'agissait donc de travailler avec l'OQLF pour procéder auprès des PME afin qu’elles soient en capacité de fonctionner selon ces principes. »
 
« Le problème existait principalement dans la métropole montréa-laise. La Stratégie commune pour la francisation des entreprises a été définie en 2008, selon un accord passé entre le gouvernement du Québec, les chambres de commerce et les principaux acteurs écono-miques du Grand Montréal, soit une quinzaine de chambres de commerce et quelques SDC, pour soutenir les entreprises concernées à cheminer vers cette francisation», explique Daniel St-Louis.
 
Dans le cadre de cette Stratégie commune, le gouvernement du Québec offre des programmes de soutien en ce qui concerne les technologies, la communication des entreprises, les outils de travail, et des cours de français pour le personnel qui ne maîtrise pas notre langue. « Selon ce programme, il s’agissait d’aller vers les entreprises selon une approche collaborative. Pour chaque entreprise, c’est un exercice volontaire. Ce sont elles qui sont à l'origine de la démarche en acceptant de nous rencontrer une première fois». 
 
« Le français, notre affaire à tous ! »
Sous le slogan « le français, notre affaire à tous », cette stratégie commune lancée en 2008 devait se terminer en 2013. « Elle a été prolongée jusqu'au 31 mars 2015 », précise Daniel St-Louis. « À la CCGQ, nous avons commencé cette mise en place dès l'automne 2011 par un démarchage auprès des entreprises sur le territoire qui nous était assigné, à savoir le Village, c'est-à-dire un secteur circonscrit entre les rues Sherbrooke, De Lorimier, René-Lévesque et Berri », détaille-t-il. « Nous avons travaillé pendant trois ans à pied d'œuvre là-dessus en visitant pas moins de 170 entreprises en 2012, 178 en 2013, et 176 en 2014», poursuit Daniel St-Louis.
 
Dans le cadre de la prolongation en 2014, le territoire fut agrandi vers l'Ouest incluant alors le Quartier latin et l’Est du Village pour une zone qui s'étendait du boulevard Saint-Laurent à la rue d’Iberville. La Chambre de commerce gaie du Québec a donc investi tout ce secteur, et là nous avons donc une période de cinq mois supplémentaires, jusqu'en mars 2015, pour cibler environ 80 nouvelles entreprises. Au total, depuis que la CCGQ assume cette mission, nous aurons visité près de 600 entreprises, dont un tiers sollicite des prestations de francisation ou des subventions. »
 
Quelques semaines encore
« Le gouvernement révise actuellement tous ses programmes. Nous devrions savoir d'ici la fin du mois de février si ce programme est renouvelé », avance Daniel St-Louis. « Il reste donc pour l’instant quelque semaines encore, jusqu'au 31 mars, aux entreprises inté-ressées pour entamer une demande et une démarche quant à la francisation de leurs activités. Elles peuvent ainsi, selon l'évaluation qui sera faite, obtenir un soutien financier concernant l'affichage public (signalisation, documents, etc.), les technologies de l'information (logiciels, serveurs, claviers, sites Web, etc.), ou la formation linguistique du personnel. Cette aide peut couvrir jusqu'à 75% des frais engagés jusqu’à concurrence de 50 000$ pour la mise à niveau de l'entreprise en français. »
 
« Lors de notre visite en entreprise, il s'agit de leur présenter le programme, puis, s’ils l’acceptent, de faire une évaluation préliminaire sommaire de leur niveau de francisation. Après cette évaluation, on remet à l'entreprise une attestation qui lui permettra de faire valoir que tout est en règle. Cette attestation est valide pour trois ans. »
 
Un processus gratuit
« Si des améliorations sont souhaitées, et si l'entreprise accepte le processus, nous revenons avec un conseiller de l'OQLF pour réaliser une évaluation plus détaillée. Il est alors question d'identifier les besoins et les solutions ainsi que les possibilités pour y parvenir en termes de cours de français, par exemple, dispensés par le collège Marie Victorin, ou par des subventions. »
 
« Il est important de rappeler que ce processus est gratuit », insiste Daniel St-Louis. « Il n’y a aucun coût, sauf si l'entreprise engage des procédures pour améliorer sa francisation en termes de moyens technologiques et/ou humains. Si l'entreprise est éligible, les coûts générés peuvent être couverts par une aide financière assez conséquente qui permettra alors d'en réduire l'impact. Au final, l’objectif de cette francisation cible une plus grande capacité pour l'entreprise à servir sa clientèle et à développer ses capacités et ses opportunités d'affaires. »