Politique canadienne

John Baird démissionne… sans donner de raisons

Yannick LeClerc
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John Baird

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a annoncé mardi qu'il démissionne immédiatement de son poste et qu'il quittera la vie politique dans quelques semaines. Cet important ministre du gouvernement Harper ne sera donc pas candidat aux élections fédérales de l'automne.

«J'ai hâte d'entamer le prochain chapitre dans ma vie, mais je serai toujours reconnaissant de l'expérience que j'ai acquise aux paliers de gouvernement fédéral et provincial», a dit M. Baird par communiqué mardi. M. Baird a mentionné qu'il a informé le premier ministre de ses intentions lundi soir.

Stephen Harper a salué sa contribution. «C'est avec beaucoup de regret et une grande affection que j'ai aujourd'hui accepté la démission de l'un des meilleurs ministres avec qui j'ai eu le privilège de travailler, John Baird», a soutenu le premier ministre conservateur par communiqué.  «John n'a jamais hésité à accepter de lourds dossiers au sein de mes différents cabinets, et il a su assumer de nouvelles responsabilités de taille avec une énergie, un dévouement et un professionnalisme inégalés, en ne perdant jamais de vue le fait qu'il était au service de la population canadienne», a ajouté Stephen Harper.

Nommé ministre des Affaires étrangères en 2011, John Baird a aussi été président du Conseil du Trésor, ministre de l'Environnement, des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités, ainsi que leader du gouvernement à la Chambre des communes depuis son arrivée à Ottawa en 2006. Âgé de 45 ans, il avait auparavant été député provincial en Ontario. Il avait occupé plusieurs postes de ministres sous le gouvernement conservateur de Mike Harris.

Son orientation sexuelle, un secret de polichinelle

Poids lourd du gouvernement Harper depuis son élection, en 2006,  John Baird ne s'est jamais affiché ouvertement gai en tant qu'homme public et n'a jamais fait de sortie du placard en règle, mais son orientation sexuelle  a toujours été un secret de polichinelle sur la colline parlementaire et il est un visage familier dans les milieux sociaux gais d’Ottawa. Au point où, lors des dernières élections fédérales, deux candidates avaient fait mention de l’orientation sexuelle du ministre comme signe d’ouverture du parti Conservateur.

Du côté des moments à oublier de la carrière de Baird, rappelons que c’est lorsqu'il était président du Conseil du Trésor, en 2006, qu’il avait mis un terme au Programme de contestation judiciaire. Ce programme permettait à des communautés minoritaires canadiennes, dont la communauté gaie et lesbienne, d'obtenir du financement du gouvernement fédéral pour faire valoir leurs droits devant les tribunaux.

Cela dit, M. Baird n'a jamais voté contre le mariage gai au fédéral et a été l'un des 10 députés conservateurs qui ont voté contre la réouverture du débat à la fin de 2006.

De plus, en 2013 et 2014, il s’est porté à plusieurs reprises à la défense des droits des homosexuels, ce qui lui avait valu de s’attirer les foudres du groupe féminin REAL Women of Canada. L'organisation l'avait carrément accusé d'«abus de pouvoir» pour avoir exprimé ses vues sur les législations contre les gais de l'Ouganda, du Kenya et de la Russie. Elle avait lancé que les sorties du politicien auraient «un effet destructeur et dévastateur sur la base conservatrice au Canada».