un groupe Facebook prendra le relai

Dissolution de l’AMGQ

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Dissolution de lAMGQ

L’AMGQ est mort ! Vive l’AMGQ ! L’association est morte, vive l’amicale. C’est plutôt ainsi qu’il faudrait lire cette clameur, car si l’Association des motocyclistes gais du Québec, bien connue sous le sigle AMGQ, a mis fin à ses activités le samedi 7 février, elle continuera d’exister sous la forme d’un groupe Facebook, sans autre lien entre les membres que le simple intérêt pour la moto et des activités communes.

« À la manière d’une amicale, sans les lourdeurs administratives d’une association », comme l’expliquait Luc Quintal, qui en fut le président pendant près d’une décennie. Car c’est bien, entre autres, cet engagement administratif (comptabilité, gestion, calendriers, communication interne, coordination, et suivi des membres, etc.) qui a mené à la dissolution de la structure initiale après 25 années, célébrées l’an passé, de « bons et loyaux services », comme dit l’adage.
 
Mais ce n’est pas la seule raison. La dernière année aura été difficile : peu de participants aux activités, désintérêt des membres à la gestion associative, manque d’administrateurs, etc. En effet, seuls deux administrateurs et un président démissionnaire restaient en poste à l’issue de la dernière assemblée générale annuelle en décembre dernier.
 
Le principe associatif aurait perdu de sa pertinence. Créée en 1989 dans la mouvance de l’expression des gais et lesbiennes au sein de la société québécoise, l’AMGQ répondait à un appel plus militant qui aurait, pour les membres, moins de pertinence de nos jours. Comme le faisait remarquer Charles, un des administrateurs, « les droits des gais ont beaucoup plus évolué que les droits des motocyclis-tes... » Une seule proposition avait été présentée contre la dissolution pure et simple de l’AMGQ. Elle a été votée à l’unanimité des 16 membres présents. Une fois débarrassée des exigences légales et financières, l’AMGQ continuera donc en quelque sorte ces activités sous la forme d’initiatives individuelles coordonnées entre motocyclistes gais intéressés via Facebook.
 
Trois gestionnaires cooptés veilleront à la saine coordination de ce groupe privé et à son code moral. Pour en faire partie, les membres doivent être un homme gai, bisexuel, transgenre, transsexuel ou sympathisant à ces communautés; et avoir une moto ou avoir l’intention d’en acheter une.
 
Le nom de l’association et sa page web resteront actifs quelques temps, faisant le lien avec le groupe Facebook. Tous les documents seront remis aux Archives gaies du Québec ainsi qu’un don pour gérer ce patrimoine associatif. Les démarches administratives et légales de dissolution seront effectuées par Luc Quintal sous la supervision de Me Jacques Papy. Comme prévu dans les statuts de l’association, le solde des comptes sera remis à Gai Écoute. L’AMGQ aura rassemblé plus de 400 membres au cours de ce quart de siècle.