1642 Cola de Bastien Poulain

Un cola bien de chez-nous

Étienne Dutil
Commentaires
Bastien Poulain

En 2017, nous célèbrerons le 375e anniversaire de Montréal, fondée donc en 1642. Il sera donc question de faire bombance lors de ripailles bien arrosées. Mais pourquoi alors ne pas déguster une boisson sans alcool, mais bien de chez nous, aussi rafraichissante qu’un breuvage avec cette touche de sirop d’érable qui nous caractérise. Et pourquoi pas commencer la fête dès maintenant avec le 1642-Cola ?

Le 1642-Cola est un nouveau breuvage : "le cola de Montréal", une boisson gazeuse originale faite par des gens d’ici; une jeune entreprise fondée par un montréalais d’adoption. Membre et ancien administrateur de la Chambre de commerce gaie du Québec, Bastien Poulain se lance dans ce défi des colas régionaux. « C’est en regardant un reportage sur TV5 Monde à propos des colas alternatifs comme le Breizh-Cola en Bretagne, Paris-Cola à Paris, ou le Necca-Cola dans les pays du Maghreb, que l’idée m’est venue. Et là, je me suis dit… Eurék(Col)a ! », s’amuse-t-il. « J’ai lancé mon projet en mars 2013 et j’ai créé l’entreprise en septembre de la même année. »
 
 Bastien Poulain est originaire de Rennes, en France. Ce Breton de 31 ans a fait des études de commerce avant de travailler sept ans dans l'hôtellerie. Après un passage en Chine, il est venu au Québec il y a quelques années pour enrichir son expérience à l'étranger. Bastien a œuvré au sein du Groupe Tidan, propriétaire de l'ancien Hôtel Maritime, puis le Nouvel Hôtel Spa au coin de René-Lévesque et Saint-Mathieu avant de se lancer dans ce projet fou du 1642-Cola.
 
Soutenir la consommation locale
« J’ai fait un saut dans le vide », admet-il. « J’ai toujours voulu devenir entrepreneur, mais je n'avais pas encore trouvé l'idée qui me permettrait de me lancer et sortir du confort de l'entreprise et du salariat », relate Bastien. « Il a d'abord fallut trouver les différents fournisseurs en sucre, en sirop d'érable, en essences naturelles de cola, et enfin, bien sûr, l'embouteilleur. Il était important pour moi que ce soient des produits qu’on trouvait dans la région de Montréal ou au Québec. En pleine mondialisation, il faut soutenir des projets de consommation locale. On réduit le transport, on connait les fournisseurs, on sait d'où proviennent les ingrédients. Il était important que tout se fasse localement, dans le cadre d’une entreprise québécoise avec des travailleurs d’ici qui fabriquent le 1642-Cola de la capsule jusqu'à l'étiquette... »
 
« 1642 : la date de la fondation de Montréal démontre bien, dans le nom même du produit, qu'on parle d'un marché local. Ensuite, la thématique de l'érable, on la voulait », affirme le jeune entrepreneur. « Mais il s'agit plus pour nous d'une signature au niveau du goût. J’ai travaillé plusieurs mois avec un chimiste agroalimentaire. Nous avons fait de nombreux tests de saveurs et de dégustation à l'aveugle pour trouver la bonne formule et la plus durable avec ce petit goût d'érable en fin de bouche. Ce n'est pas un cola à l'érable; ces colas parfumés sont souvent saisonniers seulement. Alors que pour nous, le 1642-Cola se définit comme un cola traditionnel, selon une recette artisanale, afin aussi d’assurer une production régulière tout au long de l'année en évitant l’effet de mode… »
 
Saliment certifié du Québec ! 
« Bien sûr, nos concurrents s’appellent Coca-Cola et Pepsi-Cola, mais 1642-Cola offre une alternative locale avec, dans le goût, une signature typique, faite par les gens d'ici, pour les gens d’ici. À ce jour, sur une production de 16 000 bouteilles que je l'ai lancée en janvier, nous avons près de 9000 bouteilles vendues, ce qui démontre une bonne réception de ce nouveau produit déjà enregistré comme Aliment certifié du Québec ! », annonce-t-il fièrement.
 
« Le sirop d'érable vient des Laurentides, la bouteille de 341 ml est fabri-quée à Laval, etc.; nous soutenons ainsi plus de 300 emplois dans la région de Montréal. Et nous réalisons une première exportation de 3000 bouteilles vers le marché européen ces jours-ci. C’est un bon début parce que les produits montréalais et québécois s'exportent bien. Ici, on le vend déjà dans 73 points de vente, et le 1642-Cola est aussi distribué à Québec, en Outaouais, mais aussi en ligne (1642cola.ca), où un plan régulièrement mis à jour indique où le trouver. »
 
« Mais il faut rester conscient que nous sommes dans un marché de vo-lume, et je n’espère pas me verser de salaire avant au moins un an. La mise de fonds initiale avoisinait les 50 000 $. Nous avons fait une campagne de financement en octobre novembre dernier. Elle a rapporté environ 14 % de ce montant, mais l’objectif était surtout de créer un momentum autour du produit, créer la curiosité et l'annoncer », explique-t-il.
 
« Garçon, un 1642-Cola, s’il vous plait ! »
« C’est un produit original, hors du commun, qui plaît : nous sommes régulièrement en rupture de stock dans la région de Québec ! La bouteille est consignée partout parce que le modèle que nous avons choisi est uti-lisé pour d'autres produits. N'importe quel commerce pourra donc la déconsigner même s'il n'en vend pas. »
 
« Actuellement, on trouve le 1642-Cola à l’Intermarché Boyer, sur l'avenue du Mont-Royal; au Pharmaprix du Village, dans le Village gai où on le serre dans différents bars et restaurants dont le Saloon et le restaurant O’Thym. On le trouve aussi chez des enseignes prestigieuses comme Toqué et Europea. Le restaurant Au Pied de Cochon devrait rejoindre 
bientôt ce trio de luxe… »
 
Vendu en pacte de quatre, son prix oscille entre 1,99 $ et 2,30 $ la bouteille. « Sinon elle est vendue entre 3$ et 4$ en consommation dans les bars et restaurants », précise Bastien Poulain. « Le Saloon a même transformé son cocktail, le Long Island Iced Tea, en l’appelant le Montréal Iced Tea avec, dans sa composition, du 1642-Cola ! »
 
« Mon chum n’est pas du tout dans mon créneau professionnel, termine Bastien Poulain, mais il me soutient de tout cœur dans ce projet. » À nos papilles gustatives maintenant d’en faire autant en dégustant le 1642-Cola...