En Suisse

Une campagne contre l’homophobie et la transphobie cible les jeunes

Caroline Lavigne
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La Ville de Genève s’engage par des actions, dont des affiches véhiculant tolérance et respect.

Trop souvent encore, les jeunes se découvrant lesbiennes, gais, bisexuel.le.s ou transgenres se sentent très isolé.e.s. Pour la troisième année consécutive, différentes actions ponctuelles sont menées autour de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai. La Ville de Genève et la Fédération genevoise des associations LGBT ont ainsi choisi de cibler les plus jeunes dans cette nouvelle campagne de sensibilisation. « On reçoit entre 15 et 17 adolescents chaque semaine, dont un à deux nouveaux, explique Alexiane Yannacoupoulos, animatrice du groupe Totem, créé pour encadrer ces jeunes en proie à des questionnements et des difficultés d’acceptation de leur personnalité. Ils ne se sentent pas soutenus par leurs familles et peinent à se confier à leurs proches. » La campagne d’affichage, qui démarre cette semaine, s’inscrit dans cette volonté de sensibilisation à une discrimination, souvent destructrice. « Les jeunes homosexuel.le.s ont jusqu’à cinq?fois plus de risque de suicide que les hétérosexuel.le.s », souligne la conseillère administrative Sandrine Salerno. Ces chiffres, encore plus élevés chez les personnes transgenres, ont conduit à l’ouverture du Refuge, lieu d’accueil temporaire, destiné aux jeunes entre 18 et 25?ans, victimes de rejets.

La Ville de Genève est engagée depuis plusieurs années déjà dans l’aide aux victimes de discrimination ou d’agressions à caractère homophobe. « C’est un travail interdépartemental mené sous l’égide de l’Agenda 21, explique la magistrate. Il ne s’agit pas juste de discours générique, mais de nombreuses actions concrètes. » Comme, par exemple, le travail entre polices municipales et cantonales pour la prise en charge de victimes d’agressions homophobes ou les manifestations « Genre et sport », touchant un milieu sensible.

Un travail de fourmi pour déconstruire les préjugés que la fédération mène aussi dans les écoles. « En 2014, plus de 2000 élèves ont été sensibilisés dans des ateliers de prévention, souligne Delphine Roux, coordinatrice de la fédération. 325 enseignants ont été spécialement formés. » Une démarche qui se poursuit et que Guillaume Mandicourt, responsable du programme Agenda 21 de la Ville souhaite voir développer dans les espaces périscolaires. « Nous aimerions, à terme, travailler régulièrement avec les maisons de quartiers et tous les lieux fréquentés par les jeunes. »

Une nécessité de répéter les messages de tolérance et de respect. « Il ne suffit pas d’une demi-heure de présentation pour changer des comportements véhiculés par une société encore très conservatrice, reconnaît Sandrine Salerno. L’homosexualité, l’homoparentalité, tout comme les familles recomposées d’ailleurs, bousculent l’ordre établi. » « Il ne faut jamais rater une occasion d’agir ou de réagir face à l’homophobie ou la transphobie », abonde Chatty Ecoffey, coprésidente du Groupe homoparents suisses des familles arc-en-ciel.

 

(Source : La Tribune de Genève)