DJ EDDIE MARTINEZ

Pride Toronto : BEAU ET CHAUD

Simon Leclerc
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Dj Eddie Martinez

Le 26 juin, Pride Toronto célèbre la diversité des corps en bonne et due forme avec Burlesque-a-GOGO, une soirée de perfor-mances aguichantes et délicieusement osées. Après le spectacle, l’alléchant Eddie Martinez s’emparera de la scène avec des beats sexy qui nous mettront le diable au corps. Rencontre. 

Eddie Martinez semble avoir tout pour lui. Protégé du grand Peter Rauhofer (qu’il a connu quelques années avant sa triste disparition), le beau brun au visage angélique est un habitué des circuits partys et l’un des DJs les plus en vue de la Grosse Pomme. Malgré tout, celui qui manie les platines depuis quelques années se fait un devoir de garder les deux pieds sur terre. «J’ai parfois de la difficulté à me faire confiance, avoue-t-il. Plusieurs croient que je suis arrogant, mais ce n’est pas du tout le cas. Ils ont des idées reçues sur moi en raison de mon métier et, surtout, de mon apparence physique. Pourtant, je suis quelqu’un de très timide. Je comprends très bien les gens qui vivent de l’insécurité.»
 
Voilà pourquoi l’idée de prendre part à une soirée comme Burlesque-a-GOGO l’a immédiatement enchanté. «J’ai accepté sans hésiter, confie-t-il. J’aime qu’on souligne la splendeur de la diversité du corps humain, et particulièrement dans le cadre d’une fête comme Pride Toronto. C’est important d’être inclusif et de montrer que la beauté a plusieurs visages et plusieurs formes. Et, comme les artistes burlesques ne portent généralement pas beaucoup de vêtement sur scène, ça se mélange parfaitement bien à la house sexy que j’aime faire jouer», explique-t-il en riant. 
 
Martinez est d’ailleurs habitué à ce genre de soirées. Au début de sa carrière, le DJ originaire de New York jouait fréquemment dans un petit bar qui organisait des spectacles burlesques. «Je crois que cela a beaucoup influencé ma perception de la beauté, explique-t-il. En général, les artistes qui pratiquent cet art s’assument entièrement, peu importe s’ils sont petits, gros ou hyper musclés. Plusieurs ont aussi un très grand sens de l’humour. Et le rire, c’est vraiment séduisant.»
 
LE FESTIN NU
Bien entendu, un tel événement permettra de déboulonner certaines préconceptions qu’entretient parfois le grand public à propos des célébrations de la fierté gaie. «Les médias parlent trop souvent de la nudité qu’on retrouve dans le défilé, rappelle Mathieu Chantelois, directeur général de Pride Toronto. Ah cela, on répond: tout le monde tout nu! Cette soirée burles- que, c’est aussi un immense pied de nez à la rectitude politique. À quelques jours de la sortie du deuxième volet de Magic Mike au grand écran, nous nous sommes dit: et si Magic Mike allait à la rencontre de magiques dykes?»
 
Le spectacle, qui promet ainsi d’être une des plus grandes 
revues burlesques jamais présentées au Canada, sera animé par Belle Jumelles, Dainty Box and Johnny B. Good. Inconnus de plusieurs, les artistes en vedette lors de cette 
soirée sont «de véritables stars dans leur milieu, explique Chantelois. Toronto a certains des meilleurs spécialistes du burlesque au monde, mais ils sont plus célèbres ailleurs que chez nous. En leur offrant cette vitrine, on leur permettra d’exhiber leur talent dans leur propre cour.» 
 
DANSE LASCIVE
Après s’être rincé l’œil (les organisateurs de Burlesque-a-GOGO nous promettent plusieurs numéros provocants), les spectateurs poursuivront leur soirée en compagnie de Martinez, qui fera résonner les hauts-parleurs avec une trame musicale house plus musclée que ses propres pectoraux. 
 

Dj Eddie Martinez

Par ailleurs, certains Montréalais qui assisteront à l’événement seront peut-être en terrain connu. Le DJ a en effet joué à deux reprises dans la métropole québécoise au cours des dernières années: une fois lors d’un party Drama Queen (où il avait fait pleuvoir ses remix au Bain Douche), et lors d’une mémorable soirée au défunt Club Apollon.  «J’adore jouer au Canada! s’exclame-t-il. À Montréal, j’ai trouvé que les gens étaient très ouverts musicalement. J’ai pu tester différents genres musicaux et prendre plusieurs risques. Quant à Toronto, j’ai souvent l’impression que c’est comme la petite sœur de New York, mais en beaucoup plus sympathique. Les gens s’y prennent beaucoup moins au sérieux», lance celui que les Torontois ont récemment pu entendre au Fly et au Coda.
 
Plus que tout, Martinez souhaite que sa musique permette aux festivaliers de célébrer leur corps tel qu’il est. «Soyez vous-même, dit celui qui espère voir des gens de toutes formes se déhancher devant lui. C’est la seule chose qui compte.» 
 
Eddie Martinez à Burlesque-a-GOGO, lors du Toronto Pride, le 26 juin, 19 h
Bud Light South Stage. Entrée gratuite. Pour tous les détails: pridetoronto.com