Expérience de vie

Un réfugié nord-coréen gai témoigne

Claude Bergeron
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«Je ne savais pas que l’homosexualité existait», témoigne un Jang Yeong-jin, un réfugié nord-coréen gai, qui a fui la dictature il y a presque vingt ans.

Jang Yeong-jin fait partie de la poignée de réfugiés à avoir réussi à s’échapper de Corée du Nord. Aujourd’hui âgé de 55 ans, il est le seul réfugié de cette dictature à avoir ouvertement évoqué son homosexualité. Il aura fallu beaucoup de temps à cet homme pour comprendre d’où venait son mal-être: «J’étais trop gêné pour confier que j’avais fui ici parce que je n’avais aucune attirance sexuelle pour ma femme. Je ne pouvais pas expliquer ce qui m’embêtait autant, ce qui rendait ma vie si misérable en Corée du Nord, parce que je ne savais pas jusqu’à après que je sois arrivé que j’étais gay, ou même que l’homosexualité existait.»

Dans l’entretien qu’il a accordé au New York Times, Jang Yeong-jin raconte sa vie dans son pays natal, dans une société où l’homosexualité est perçue comme une déviance venue de l’occident. C’est en 1998 qu’il a fini par s’enfuir et est parvenu à passer la frontière entre les deux Corées. «Il y a beaucoup d’homosexuels en Corée du Nord qui vivent une vie lamentable sans même savoir pourquoi, affirme-t-il aujourd’hui. Quelle tragédie de vivre une vie sans savoir qui on est.» Jang Yeong-jin a publié cette année son auto-biographie, sous le titre A Mark Of Red Honor.