Sexualité - étude

La fidélité et la différence de taille… entre les doigts

François Mellet
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Selon une nouvelle étude, les humains, hommes comme femmes, se diviseraient en deux catégories en matière de sexe : ceux qui se laissent tenter par la promiscuité et ceux qui préfèrent la fidélité. Et la taille de nos doigts pourrait donner un indice sur la catégorie à laquelle nous appartenons. L'être humain est-il une espèce monogame ou polygame ? 

Voilà une question qui n'en finit pas de tarauder les spécialistes, mais aussi les humains en général. Si les mammifères se classent généralement dans l'une de ces catégories, Homo sapiens lui, n'apparait dans les faits, pas vraiment défini. Et la nouvelle recherche publiée dans la revue Biology Letters ne va pas aider à clore le débat. Réalisée par des chercheurs des Universités d'Oxford et de Northumbria, l'étude suggère que les humains, hommes comme femmes, se diviseraient en deux sous-populations : ceux qui sont fidèles et ceux qui auraient des mœurs plus légères. Plus étonnant : les scientifiques expliquent que l'appartenance à tel ou tel groupe pourrait être dévoilée par... la différence de taille entre les doigts.

Plus enclins à rester ou à s'aventurer

Pour en arriver à une telle conclusion, l'équipe s'est intéressée à 515 individus nord-américains et britanniques âgés d'entre 18 et 63 ans. Tous ont été interrogés via un questionnaire sur leurs relations sentimentales et habitudes sexuelles. Les scientifiques ont ensuite analysé les réponses et constaté que certaines tendances apparaissaient chez les hommes comme chez les femmes. Concrètement, certains favorisaient les relations à court terme quand d'autres recherchaient quelque chose de plus durable. « Nous avons observé ce qui est apparu comme un ensemble d'hommes et de femmes qui sont plus enclins à “rester”, séparé d'un ensemble d'hommes et de femmes plus enclins à “s'aventurer” quand il s'agit de relations sexuelles », a expliqué Rafael Wlodarski, psychologue et co-auteur de l'étude cité par le Telegraph.  Mais les scientifiques ne se sont pas basés que sur les réponses des participants, ils ont également étudié une caractéristique plus inattendue : la longueur des doigts, analysée grâce à des photocopies de mains de 1.314 Britanniques, hommes et femmes. Annulaire vs index Plus précisément, les chercheurs se sont intéressés à ce qu'on appelle le rapport « 2D:4D ». Ceci décrit la différence de taille existant entre l'index (2e doigt en partant du pouce) et l'annulaire (4e doigt). Si la comparaison peut paraitre saugrenue, elle a bien un fondement scientifique. En effet, de précédentes études ont démontré qu'elle est un indicateur du niveau de testostérone auquel le fœtus a été exposé dans l'utérus de sa mère. D'après les scientifiques, plus l'index est court comparé à l'annulaire, plus l'individu a été exposé à des concentrations élevées de l'hormone durant son développement. Un facteur qui à l'âge adulte, favoriserait des mœurs plus légères en matière de sexualité, si l'on en croit les études statistiques. En comparant les résultats des questionnaires à ceux des rapports 2D:4D, l'équipe est ainsi arrivée à des chiffres. Assemblées, les données suggèrent que 57% des hommes sont plus enclins à la « promiscuité » sexuelle contre 43% plus enclins à la fidélité. Chez les femmes, la balance s'inverse, avec 47% avec une tendance plus aventureuse et 53% avec une tendance fidèle. Si l'on ne prend en compte que les résultats du 2D:4D, on arrive à une statistique de 62% plus enclins à l'aventure chez les hommes et 50% chez les femmes. Une fidélité influencée « Cette recherche suggère qu'il pourrait y avoir deux types distincts d'individus au sein des deux sexes poursuivant des stratégies d'accouplement différentes », a commenté le Dr Wlodarski. Toutefois, l'équipe souligne que les résultats doivent être interprétés avec précaution, relevant que la fidélité est un comportement largement influencé par des facteurs variés. « Le comportement humain est influencé par de nombreux facteurs, tel que l'environnement et le vécu. Ce qui se passe dans l'utérus pourrait donc n'avoir qu'un effet très mineur sur quelque chose d'aussi complexe que les relations sexuelles », a indiqué Robin Dunbar, professeur d'Oxford qui a mené la recherche. Si le rapport 2D:4D est une caractéristique intéressante à étudier chez un individu, ne courez donc pas mesurer les doigts de votre partenaire, en matière de fidélité, ça ne vous aidera pas forcément.