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Plainte de la Russie après la construction d'un faux bar gai chez Poutine en Finlande

L'agence AFP
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La Russie a porté plainte après l'ouverture d'un « bar gai » sur un terrain appartenant au Kremlin dans l'archipel d'Åland en Finlande, a-t-on appris mercredi auprès d'un diplomate russe.

Le consul Mikhaïl Zoubov a confirmé avoir déposé cette plainte et demandé que la police finlandaise enquête. « Oui, je l'ai demandé. L'enquête est en cours », a-t-il déclaré.

Planté dans une forêt, le soi-disant « bar gai » est une fausse échoppe en bois avec des guirlandes lumineuses, selon les photos publiées par les médias, revendiquée par deux rappeurs suédois qui voulaient protester contre la répression de l'homosexualité en Russie.

Les deux hommes, Far & Son, ont expliqué au quotidien local Nya Åland l'avoir baptisé Blue Oyster en référence au bar gai de la série de comédies hollywoodiennes « Police Academy ». « On a entendu que Poutine avait un terrain ici sur Åland et que donc c'était un territoire russe. Donc on n'a pas le droit de faire de la propagande homosexuelle. Alors on s'est mis en route et on a monté le Blue Oyster », a déclaré Simon Gardenfors, l'un des deux auteurs du bar.

Selon la police finlandaise il s'agit d'effraction sur une propriété privée, les auteurs de l'infraction « auraient pénétré la propriété sans y être autorisé, construit quelque chose, et laissé derrière eux des détritus ». La police a « effectué des constatations sur le lieu de l'infraction », a-t-elle précisé dans un communiqué.

Selon les médias finlandais, la présidence russe détient ce terrain non construit, en bord de mer à Saltvik, en vertu de l'expropriation en 1947 de tous les Allemands en Finlande, en l'occurrence un couple de Germano-Finlandais, au profit de l'Union soviétique.

Åland, archipel suédophone en mer Baltique, est démilitarisé depuis 1856. La situation des homosexuels en Russie inquiète en Occident, l'organisation Human Rights Watch ayant notamment dénoncé en décembre la montée des agressions et le fait que la loi sur la « propagande homosexuelle » avait légitimé la discrimination.