Flirts au féminin pluriel

Dis-moi oui...

Catherine Garneau , Christine Berger
Commentaires
Christine Berger et Catherine Garneau
- J’ai envie de toi.
 
- Oh. De quelle partie de moi exactement?
 
- Eh bien, tes seins, mais ultimement, ce qui se trouve en bas de la ceinture. Ou en fait, puisque t’as pas de ceinture, ce qui se trouve sous ce léger tissu vert.
 
- Je suis commando sous ce short de lin. Tu n’y trouverais rien d’autre que ma robe pu-bienne. Je doute que cette toison puisse être l’objet de ta convoitise. T’as jamais aimé les poils.
 
- C’est ce que tu as toujours voulu croire. Au contraire, ça me rend dingue! Je suis sûre en plus que ta toison est super douce. Regarde ma main, elle est déjà sur ta cuisse; elle ne peut plus se retenir! Viens pas me dire que t’es indifférente…
 
- Je veux pas te contredire mais ça fait quinze ans qu’on se connait et t’as toujours affirmé être amatrice de terrains vierges… Je suis pas certaine de comprendre ce que fait ta main là sur ma cuisse. Es-tu en train de me draguer?
 
- Ça t’intimide?
 
- C’est pas ça.
 
- Qu’est-ce que c’est, alors?
 
- C’est que ta main, je l’ai vue mille fois, et que mes cuisses, je les ai vues encore plus souvent, et j’avais jamais prévu qu’elles puissent se superposer comme ça. Je sais pas quoi penser. Je crois que j’aimerais que tu retires ta main de là.
 
- Tu te souviens quand je t’ai lu les lignes de la main la semaine passée? Ta main dans la mienne, mes doigts caressant ta paume…
J’ai cru que t’allais t’évanouir d’immense excitation. Alors moi je crois que t’as toujours voulu mes mains près de toi… Mais si ça te met si mal à l’aise, eh, je veux pas te forcer…
 
- C’est pas ça. C’est pas ce que je veux dire. Tu comprends pas. C’est juste que je te connais. Je sais bien que tu contrôles pas tes mains. Elles se posent partout où la féminité s’expose, sans égard aux conséquences. Et je suis pas certaine de vouloir faire partie de ton musée de conquêtes, je voudrais pas devenir une parmi tant d’autres alors que notre amitié est si forte.
 
- Tu sais, ce que je ressens pour toi est puissant. Vraiment puissant. C’est vrai que j’aime avoir un contact physique avec les filles, je le nie pas. Mais avec toi, c’est comme avec personne d’autre. À cause de notre amitié, justement. C’est solide. On a traversé plein de choses ensemble. Mais je trouve ça de plus en plus difficile d’être près de toi et de pas pouvoir me laisser aller complètement.
 
- Mon Dieu, je ne veux pas t’offusquer, mais j’ai l’impression que tu me mènes en bateau gros comme l’arche de Noé. On dirait que t’oublies toutes les fois où je t’ai vue flirter. Où je t’ai vue toucher, caresser, embrasser, lécher. Persuader. Je le connais ton manège. Pourquoi tu t’en prends à moi soudainement? Ça va foutre le bordel, tu le sais. Pourquoi tu fais ça?
 
- C’est pas soudain. Tu l’as juste pas vu venir. T’as rien vu venir. Et c’est parfaitement compréhensible. Je cache ce que j’ai au fond des yeux quand je te regarde pour que tu puisses pas lire ce que je ressens pour toi. Et je m’étourdis dans des one-nights pour être sûre que tu te doutes de rien… et pour oublier que je peux pas t’avoir. Ça marche tellement que maintenant tu crois que je suis rien d’autre qu’une tombeuse. Et… oui, ça pourrait foutre le bordel… mais je suis prête à prendre ce beau risque.
- Bon. Fais pas ta René Lévesque non plus, ça pourrait me charmer mais ça risque pas de m’exciter. Laisse-moi te dire une chose. T’es complètement en périphérie de ce qui se passe en moi. T’es en orbite. Tu crois que j’ai rien vu venir. Voyons donc. C’est pas moi qui ai rien vu venir, c’est toi. C’est toi qui es en orbite, dans tes conquêtes, dans tes paradis futiles, dans ton éphémère. Tu vois, ta main sur ma cuisse, c’est un autre signe de ça. Parce que tes mains, je les aime bien, mais j’ai toujours préféré tes lèvres et ta langue.
 
- Là… Je  sais plus quoi dire. Es-tu en train de me dire que… quand tu dis que j’étais en orbite, veux-tu dire que…  j’ai pas vu tes sentiments pour moi? Que j’ai pas su lire en toi?
 
- Oui. Ça fait des années que je me caresse en pensant à tes lèvres sur mes lèvres. J’ai envie de toi tout le temps, j’ai envie de sentir ta langue dans mon entrejambe. Que me ferais-tu si je te laissais aller là?
 
- T’es sérieuse?
 
- Très.
 
- Tu serais nue, debout. Moi, à genoux devant toi. J’embrasserais l’intérieur de tes cuisses, puis tes poils de chatte, lentement, tendrement, pour te faire languir. Mes mains caresseraient tes fesses. Puis je presserais mes lèvres contre tes grandes lèvres, plusieurs fois, pour te faire bander. Après, avec mes mains, très délicatement, je viendrais écarter tes poils. Tu plaquerais ma tête contre ton pubis en gémissant. Tes lèvres seraient toutes gonflées, ma bouche embrasserait ton sexe dilaté et je saisirais entre mes lèvres chaudes ton clito dressé, le pinçant légèrement des dents et le suçant. L’odeur de ta mouille me ferait jouir, et ultimement je te pénètrerais avec ma langue. Mais peut-être que rendu là, tes jambes auraient flanché.
 
- J’ai envie de sentir tes doigts en moi, mets tes doigts en moi, prends mes seins entre tes mains, pose tes lèvres dans le creux de mes reins, non, attends, laisse-moi gouter ton sexe, laisse-moi te faire plaisir, abandonne-toi.
 
- Attends… Tu m’aimes vraiment?
 
- J’aime ta nonchalance, ta désinvolture, ta sensualité, tes lèvres… Tais-toi enfin et mange-moi.
 
- Alors, prépare-toi à partir en orbite… avec moi.