Élections fédérales 2015

Les partis répondent à nos questions

En vue des élections fédérales du 19 octobre prochain, l’équipe de la rédaction du magazine a formulé six questions en lien avec des enjeux de la communauté LGBT. Des questions allant du financement d’organismes LGBT québécois à la criminalisation de personnes séropositives en passant par la loi sur la prostitution adoptée par le gouvernement de Stephen Harper en 2014. 

Afin de nous assurer que les 5 partis principaux reçoivent bien nos questions et y répondent dans les délais, nous avons procédé de manière systématique et les avons contacté via le formulaire automatisé de leur plateforme web, via courriels à la centrale nationale, via au moins deux bureaux de candidats et nous avons effectué des rappels téléphoniques pour les retardataires.

Si quatre partis ont répondu à l’appel, le Parti conservateur n’a pas daigné répondre à nos questions et défendre les politiques mises de l’avant par le gouvernement sortant.

  

1)  Le Québec a adopté une politique nationale pour lutter contre l’homophobie et la transphobie, cet exemple ne pourrait-il pas inspirer un futur gouvernement fédéral pour mettre en place une politique semblable à l’échelle du pays ?

 

Parti Vert

Les comportements homophobes et transphobes ne sont pas acceptables et le Canada doit les sanctionner en renforçant les meilleures pratiques en la matière. Si l’exemple québécois s’avère être le meilleur parmi les différentes provinces, alors le fédéral devrait s’en inspirer tout en travaillant ce qui est améliorable le cas échéant. À ce sujet, l’un des projets du Parti vert du Canada est notamment d’amender le Code criminel pour inclure l’identité de genre et l’expression de genre dans les dispositions à l’égard des sentences pour crimes haineux et propagande haineuse. 

Cyrille Giraud, candidat du Parti Vert dans Laurier-Sainte-Marie, est convaincu que l’accent doit être mis sur l’éducation. En ce sens le travail de terrain fait par des organismes comme le GRIS-Montréal ou Arc-en-ciel d’Afrique est essentiel face à la vigilance dont il faut toujours faire preuve en termes de discrimination.

 

Bloc québécois

Comme vous, nous saluons les efforts du gouvernement du Québec pour son adoption d’une politique nationale pour lutter contre l’homophobie et la transphobie.  Et effectivement, nous croyons qu’une telle stratégie devrait être adoptée dans le reste du Canada.  En tant que représentant des intérêts du Québec au parlement fédéral, notre parti se fera un porte-parole d’une telle stratégie en ce qui concerne les compétences du Québec.

 

Parti libéral

La protection et la promotion des droits fondamentaux de la personne, notamment l’identité sexuelle, l’expression sexuelle et l’orientation sexuelle, doivent être un impératif aussi bien pour les gouvernements que pour les individus. Avec sa politique de lutte contre l’homophobie et la transphobie et le plan d’action qui lui est associé, le Québec se positionne comme un leader parmi les provinces. Le bilan législatif du Parti libéral du Canada ne laisse planer aucun doute sur son engagement envers les droits des personnes LGBT. C’est un gouvernement libéral qui a décriminalisé l’homosexualité en 1969; qui a adopté la Charte canadienne des droits et libertés en 1982; et qui a ajouté l’orientation sexuelle comme un motif de distinction illicite à la Loi canadienne sur les droits de la personne en 1996. C’est également un gouvernement libéral qui a obtenu en 2005 l’égalité d’accès au mariage, alors que Paul Martin était au pouvoir. Bien que le Canada ait longtemps été un modèle pour le reste du monde, il y a encore beaucoup à faire ici chez nous pour réellement mettre fin à la discrimination. La politique québécoise vise à contrer la discrimination envers les personnes LGBTQ2, que ce soit à l’école, en milieu de travail, dans le réseau de la santé ou au sein du bureau du Directeur de l’état civil et dans d’autres milieux qui découlent des champs de compétences exclusives aux provinces. Le gouvernement fédéral a aussi ses champs de compétences, et un futur gouvernement peut certainement s’inspirer de l’approche interministérielle du gouvernement du Québec. Une politique fédérale permettrait notamment de lutter contre l’homophobie et la transphobie au sein des forces armées canadiennes et de la GRC, dans la fonction publique fédérale, dans le cadre des relations entre le Canada et les pays tiers et en matière d’immigration. Lutter contre l’homophobie et la transphobie d’un océan à l’autre requiert la participation active de toutes les provinces, notamment pour développer des stratégies de lutte contre l’intimidation à l’école et contre la cyberintimidation. Justin Trudeau s'est engagé à faire de l'amélioration du dialogue entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux une priorité. Ce n'est qu'en ayant tous les leaders canadiens à la table que nous pouvons envisager une stratégie pancanadienne.  

Christine Poirier, candidate du Parti libéral du Canada dans Laurier-Sainte-Marie, s'engage à faire pression pour que ce dialogue mène à des actions concrètes en matière de lutte contre l'homophobie et la transphobie et pour que le gouvernement examine la possibilité de mettre en place une politique nationale à ce chapitre. 

 

NPD

Le NPD prend l’homophobie et la transphobie très au sérieux. Nous sommesouverts à étudier les initiatives d’autres gouvernements à ce chapitre. Les néo-démocrates appuient les droits des personnes LGBTT+ depuis longtemps. Notre ancien député Svend Robinson était le premier député à afficher ouvertement son homosexualité, tandis que notre députée sortante Libby Davies était la première députée à s’afficher ouvertement lesbienne. Elle a vivement défendu les droits des personnes LGBTT+. Le NPD est également le premier parti qui a nommé un porte-parole pour les enjeux des LGBTT+. Le député Randall Garrison, qui a occupé cette fonction lors de la dernière législature, a rempli son rôle admirablement.? C’est le NPD qui a déposé le projet de loi C-279, la Loi modifiant la Loi canadienne sur les droits de la personne et le Code criminel. Ce projet de loi d’envergure permettra de combler une lacune dans la législation canadienne sur les droits de la personne, en assurant aux Canadiens trans une protection égale contre la discrimination et la haine fondées sur leur identité. Malheureusement, après avoir été adopté par la Chambre des communes, le Sénat a décidé de ne pas en débattre et de le laisser mourir au feuilleton. Notre équipe travaille aussi au rétablissement du Programme de contestation judiciaire depuis son démantèlement injustifiable et, à notre avis, illégal. La perte de ce programme a porté un dur coup à la capacité de nombreux groupes, dont les personnes LGBTT+, les femmes, les francophones et d’autres personnessous représentées, d’avoir droit aux garanties d’égalité promulguées dans la Charte canadienne des droits et libertés.

 

 

2)  Les organismes LGBT ont toujours été les parents pauvres en termes de subventions. Avec l’austérité aussi bien provinciale que fédérale, ils sont touchés de plein fouet par les coupures. Comment pensez-vous renverser la tendance ?

 

Parti vert

Cyrille Giraud, candidat du Parti Vert dans Laurier-Sainte-Marie, n'a pas rencontré un seul organisme communautaire LGBT pour lequel l’argent n’était pas un défi au quotidien, et quand on connaît la place prédominante qu’occupent ces organismes dans la force du tissu social, le manque de subventions ne fait clairement pas de sens face à ce qu’elles accomplissent jour après jour. Plutôt que de faire des promesses financièrement intenables, regardons le problème d’un point de vue fiscal. Nous considérons que l’argent que le pays perd à cause de l’évitement fiscal des grosses entreprises doit être récupéré en s’attaquant aux failles accommodantes dans la loi. Par exemple, il n’est pas normal que des sociétés pétrolières reçoivent des subventions tout en faisant des profits indécents au détriment d’organismes qui luttent pour survivre. Nous pensons notamment à des petites structures comme le Portail VIH/Sida du Québec (qui est également enregistré comme organisme de bienfaisance) ou l’Astérisk, et dont l’utilité est incontestable.

 

Bloc québécois

Comme vous, nous nous opposons à la stratégie de l’austérité prêchée par le PLQ, le Parti conservateur et le NPD.  Nous serons une force politique constructive à la Chambre des Communes pour assurer que les programmes sociaux et culturels du Québec soient mieux financés via les transferts dont réclame le Québec.

 

Parti libéral

En  se précipitant pour éliminer le déficit en six mois, comme il s'est engagé à le faire, M. Mulcair devra procéder à des compressions budgétaires importantes. Cette approche économique, qui rejoint celle des conservateurs, rendra difficile - voire impossible - le respect des engagements de plusieurs milliards qu'il a annoncés et risque de resserrer encore plus l'étau autour des organismes dont le travail est appuyé par des subventions.  Un gouvernement libéral adopterait une approche plus mesurée de retour à l'équilibre budgétaire en trois ans. Il miserait sur les investissements, les emplois et la croissance pour nous sortir de cette récession économique, plutôt que de réaliser des compressions budgétaires qui ralentiront l'économie et qui nuiront aux organismes qui font un travail important dans une panoplie de champs d'action. Justin Trudeau prône une collaboration et une participation importantes dans le processus décisionnel. En 2015, un gouvernement peut avoir des échanges plus immédiats avec les citoyens et avec les groupes de la société civile. Un gouvernement libéral fera appel à leur expérience et à leurs connaissances et incorporera leur apport dans les décisions et les évaluations portant sur les politiques et les programmes existants.  Le bilan du Parti libéral du Canada est clair. Son engagement envers la communauté LGBT ne fait aucun doute.

Christine Poirier, candidate du Parti libéral du Canada dans Laurier-Sainte-Marie, s'engage à porter la voix des organismes LGBT comme elle le fait depuis qu'elle est candidate officielle en mai 2014, et travaillera pour qu'ils obtiennent la part de subventions qui devrait leur revenir.  

NPD

Le NPD reconnaît l’apport des organismes LGBTT+, et nous savons qu’ils livrent d’importants services à la communauté. Nous allons veiller à ce que les prestataires reçoivent les services dont ils ont besoin, ce qui implique un financement adéquat des organismes qui les prodiguent.

 

 

3)  Fierté Montréal est un des événements culturels les plus populaires à Montréal. Or, il n’est pas considéré comme tel par le Fédéral et ne peut donc bénéficier des subventions accordées aux autres grands festivals en raison de leur caractère culturel. Que comptez-vous faire pour soutenir Fierté Montréal qui ne bénéficie que du soutien provincial ?

 

Parti vert

Avec plus d’un demi-million de personnes ayant participé à l’édition 2015 de Fierté Montréal, il est inconcevable que cet événement ne bénéficie pas de subventions fédérales dignes du rayonnement que le festival donne à Montréal au niveau international. D’ailleurs beaucoup de candidats à l’élection fédérale, toutes couleurs politiques confondues, étaient présents au défilé de la Fierté. Au-delà des clivages politiques, les députés du Parti vert du Canada appuieront toute initiative parlementaire visant à renverser ce non-sens.

 

Bloc québécois

Nous sommes d’avis que le gouvernement fédéral a failli à ses responsabilités et devoir en refusant de reconnaître  Fierté Montréal comme étant un événement culturel.  Si le gouvernement fédéral a adopté une politique de défense des communautés LGBT dans sa politique étrangère, il devrait agir en conséquence au Québec et dans le reste du Canada.  Nous nous chargerons de cette responsabilité de forcer le gouvernement fédéral à adopter une politique plus progressiste à ce sujet.

 

Parti libéral

Une distinction s’impose : ce n’est pas le gouvernement fédéral qui ignore l’importance et la popularité de Fierté Montréal, c’est le Parti conservateur de Stephen Harper. Justin Trudeau a vivement critiqué l’absence de Stephen Harper à Fierté Montréal encore une fois cette année. Le jour du déclenchement des élections, alors que Stephen Harper et Thomas Mulcair étaient à Ottawa, Justin Trudeau était à Vancouver : il avait pris l’engagement face aux Vancouverois de participer à leurs célébrations de la Fierté et il n’allait pas y déroger.  À l’échelle du pays, les députés conservateurs ont manqué toutes les célébrations de la Fierté depuis leur arrivée au pouvoir en 2006. Au WorldPride 2014 à Toronto, le Canada a accueilli des visiteurs de partout dans le monde sans son premier ministre et sans l’appui de son gouvernement. C’est honteux.   Les événements comme Fierté Montréal permettent aux Canadiens de se rassembler pour célébrer la diversité qui caractérise notre tissu social et notre identité commune. Les libéraux sont depuis longtemps des champions de nos droits et libertés, et nous resterons toujours de loyaux défenseurs des valeurs sur lesquelles est fondé notre pays : la diversité, l’acceptation, la liberté et le respect mutuel. Au-delà de notre engagement moral de soutenir la communauté LGBT, d’un point de vue fiscal, les subventions accordées aux célébrations de la Fierté ont des retombées économiques importantes. Les centaines des milliers de personnes qui assistent aux célébrations soutiennent des marchands et des restaurants locaux; les redevances de TPS à elles seules justifient une subvention fédérale à ces festivals. 

Christine Poirier, candidate du Parti libéral du Canada dans Laurier-Sainte-Marie, s'engage à faire les représentations nécessaires pour que Fierté Montréal dispose dès l'année prochaine du statut et de l'appui concret qui lui reviennent. N'oublions pas qu'en 2017, Montréal accueillera la première édition de Fierté Canada et que cette même année, le Canada célébra ses 150 ans et la Ville de Montréal ses 375 ans.  

NPD

Le NPD croit en l’importance de Fierté Montréal sur le plan touristique, culturel et communautaire, mais aussi pour la promotion de l’égalité. Le NPD travaillera avec l’organisme afin de voir comment le gouvernement fédéral peut contribuer à assurer la viabilité de l’événement.

  

 

4)  Le projet de loi C-279, visant à reconnaître les personnes transgenres dans la Constitution et adopté par le Parlement en mars 2013, est toujours bloqué au Sénat. Quelle serait votre démarche si vous étiez élus pour que le Sénat se prononce rapidement ?

 

Parti vert

Les personnes transgenres doivent être protégées dans leur intégrité par la loi. Tout comme la Chambre des communes, le Sénat doit travailler dans l’intérêt de tous les Canadiens et non les diviser. Le blocage du Sénat est une entrave à une loi qui garantirait une protection contre la discrimination fondée sur l’identité sexuelle dans la Loi canadienne sur les droits de la personne.

Pour convaincre le Sénat du bien-fondé de cette loi, Cyrille Giraud, candidat du Parti Vert dans Laurier-Sainte-Marie, travaillera de concert avec les autres élus fédéraux afin que nous fassions pression ensemble auprès des sénateurs avec les arguments soulignant le besoin de justice sociale pour les transgenres. Le Premier ministre devra aussi rendre des comptes à cet égard lorsqu’il nommera les sénateurs durant son mandat si ce mode de nomination contestable n’est pas modifié entre-temps.

 

Bloc québécois

À propos du projet de loi C-279, nous avons voté pour celui-ci. Malheureusement,   le Sénat n’a pas débattu le projet de loi puisque des élections ont été déclenchées et que la dernière législature s’est terminée, le projet de loi est mort au feuilleton. 

 

Parti libéral

Les députés libéraux ont unanimement voté pour le projet de loi C-279 en mars 2013. Le projet de loi vise principalement à inclure l’identité sexuelle en tant que motif illicite de discrimination en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne, ainsi qu’à ajouter l’identité sexuelle à la liste des caractéristiques distinctives des « groupes identifiables » protégés aux termes des dispositions portant sur les propos haineux dans le Code criminel. L’expression « identité sexuelle », qui est distincte de l’expression « orientation sexuelle », renvoie à l’identification psychologique innée et profonde d’une personne à un sexe – homme, femme ou autre – qui peut ne pas correspondre au sexe qui lui a été attribué à la naissance (p. ex. le sexe figurant sur l’acte de naissance). Les sénateurs conservateurs ont bloqué l’adoption de cette importante mesure législative, et sont allés jusqu’à proposer une modification additionnelle qui obligerait les femmes transgenres à utiliser les installations publiques réservées aux hommes, et les hommes transgenres à utiliser les installations publiques réservées aux femmes. Cela constituerait une source d’humiliation pour les Canadiens transgenres et aurait pour effet de les marginaliser encore plus. Le Parti libéral du Canada estime que le Sénat doit être réformé et que le statu quo n’est pas une option. La démarche conservatrice face au projet de loi C-279  démontre une fois de plus la nécessité de sortir la partisanerie du Sénat. C’est la raison pour laquelle Justin Trudeau a retiré tous les sénateurs du caucus libéral et que ceux-ci siègent désormais à titre de sénateurs indépendants.  Les élus - y compris 18 conservateurs qui ont refusé d’ignorer les droits des personnes transgenres comme le fait leur chef Stephen Harper - ont adopté le projet de loi C-279.  Maintenant des sénateurs conservateurs non élus soumis au whip de leur leadership refusent d’accepter la volonté des élus du peuple. C'est inacceptable. 

 

NPD

Le NPD est d’avis qu’il est essentiel de raffermir les lois et la protection de la communauté LGBTT+, en garantissant l’inclusion de l’identité et de l’expression sexuelles parmi les motifs de discrimination illicite dans la Loi canadienne sur les droits de la personne et en ajoutant l’identité et l’expression sexuelles aux motifs de crimes haineux dans le Code criminel. Un gouvernement néo-démocrate corrigera cette lacune dans la législation canadienne et exigera des sénateurs qu’ils respectent la volonté des élus.


5)  Les communautés LGBT sont aussi touchées par la prostitution. La Cour suprême (décembre 2013) invalidant des articles de lois sur le proxénétisme, la sollicitation et les maisons de débauche. Le projet de loi C-36 adopté en octobre 2014 criminalisant les clients, la publicité ou encore la vente de services sexuels convient-il à vos attentes ?

 

Parti vert

Pénaliser la prostitution n’est certainement pas la solution et participe plutôt à exclure davantage les travailleuses et travailleurs du sexe. Le Parti vert du Canada a bien l’intention d’abroger C-36. Les travailleuses et travailleurs du sexe doivent plutôt être protégés au niveau médical et leur sécurité doit être assurée. Une vue d’ensemble visant la protection des individus doit faire preuve de discernement : réseaux sociaux annoncés dans les revues et sites Internet spécialisés ne sont pas là même chose que la traite des personnes et l’exploitation. Pour celles et ceux qui désirent en sortir, les services d’accompagnement doivent offrir cette possibilité avec un éventail d’alternatives et une aide financière doit être accordée.

 

Bloc québécois

À propos du projet de loi C-36, nous avons voté contre car le projet de loi empire la situation des travailleuses et des travailleurs du sexe et les met davantage en danger.

 

Parti libéral

Avec son projet de loi C-36, le gouvernement conservateur a créé une législation qui ne se conforme pas à la décision de la Cour suprême du Canada dans le cas Bedford, à savoir une protection adéquate pour la santé et la sécurité des personnes les plus vulnérables, notamment les femmes. Voilà pourquoi le Parti libéral du Canada s’est opposé à ce projet de loi, criblé de lacunes. Les conservateurs ont créé un projet de loi qui rendra les travailleurs(ses) du sexe encore plus vulnérables et plus susceptibles d’être exploité(e)s. Pendant que le gouvernement conservateur insiste sur le fait qu’il s’inquiète du bien-être de ces personnes, l'ancien ministre de la Justice, Peter MacKay, n’a jamais voulu exposer comment les 20 millions de dollars additionnels promis dans le projet de loi C-36 aideront vraiment les travailleurs(ses) du sexe à faire la transition vers un autre métier. Les conservateurs n’ont présenté aucune preuve démontrant qu’ils ont demandé des avis juridiques lors de l’élaboration du projet de loi C-36 et ils continuent de refuser de divulguer cette information. Ils ont aussi refusé de soumettre le projet de loi C-36 à la Cour suprême du Canada afin de déterminer sa validité constitutionnelle.

 

NPD

Le NPD s’est opposé à C-36 parce qu’il n’était pas conforme à l’esprit et à la lettre du jugement de la Cour suprême. Le ministre de la Justice a lui-même avoué qu’il est fort possible que cette loi se retrouve contestée devant les tribunaux. En plus des 75 témoins que nous avons entendus en comité parlementaire, nous avons consulté des experts, des intervenants, ainsi que des travailleurs et travailleuses du sexe. La grande majorité ne voyait pas dans ce projet de loi une réponse appropriée. Un gouvernement du NPD travaillera avec les groupes, les experts, de même qu’avec les travailleurs et travailleuses du sexe pour trouver une réponse conforme au jugement de la Cour suprême. La Cour a été claire : tout le monde a le droit de vivre sans être victime de violence. 

 

6)  Plusieurs procès ont défrayé la chronique avec notamment la criminalisation de personnes séropositives, renvoyant l’image que toute personne séropositive serait un ou une criminel(le) potentiel(le). Il est prouvé scientifiquement que les personnes sous traitement et dont la charge virale est indétectable ne risquent pas d'en infecter une autre. N'est-il pas temps que la législation soit mise à jour pour refléter la réalité des avancées scientifiques ? N'est-il pas temps que les directives claires soient données aux procureurs et aux corps policiers afin de ne pas entamer des procédures qui ne correspondent pas aux données scientifiques ?

 

Parti vert

Avec notre niveau actuel de connaissance médicale et biologique, il est plus que jamais nécessaire de ne plus criminaliser les personnes séropositives indétectables qui ont des relations sexuelles sans aviser leur partenaire de leur statut car c'est aussi la responsabilité de l'autre de se protéger, quel que soit son partenaire sexuel. Cette criminalisation ne fait pas de différence entre la personne qui cherche intentionnellement à transmettre le VIH et toute autre personne. Également, elle ajoute un statut de "coupable" et "victime" dans le parcours de transmission du VIH et laisse reposer le fardeau de la transmission sur la seule personne séropositive au VIH devant des instances judiciaires, pouvant amener au criminel. Criminaliser les personnes séropositives qui ne divulguent pas leur statut indétectable et qui ont des relations sexuelles non protégées revient à déresponsabiliser les autres personnes négatives et donc rejeter la responsabilité sur une seule personne. La décriminalisation du VIH est un enjeu de taille à très court terme. En attendant le règlement de cette question, les personnes devant faire face à cette situation peuvent recourir à VIH info droits de la COCQ-SIDA ou au Réseau juridique canadien VIH/sida pour être conseillées et accompagnées.

 

Bloc québécois

Pour cette question, nous entendons en faire une étude en comité car il y a plusieurs sujets liés à cette question.  Nous ne sommes pas en mesure de prendre position sur cette question dont les réponses sont encore à connaître.

 

Parti libéral

Depuis la découverte du VIH en 1981, la science a évolué à une vitesse fulgurante pour répondre à cette pandémie globale. Nous avons toute les raisons d’être optimistes que le Canada réalisera l’objectif zéro d’ONUSIDA : zéro nouvelle infection, zéro décès, zéro discrimination. Le traitement des personnes séropositives, surtout les mères enceintes, comme stratégie de prévention a déjà fait ses preuves. Les traitements modernes et les thérapies PEP et PrEP nous rapprochent de l’objectif de zéro nouvelle infection. Le taux de mortalité du VIH au Canada est parmi les plus bas au monde, bien qu’il reste un travail important à faire pour le réduire à zéro, notamment chez les communautés autochtones. Cependant, malgré les efforts des groupes de défense des personnes séropositives et de la communauté scientifique, nos lois et notre jurisprudence nous ralentissent sur le chemin vers zéro discrimination. Étude après étude, la science continue à démontrer l’efficacité des médicaments antirétroviraux pour contrôler le VIH chez les personnes séropositives jusqu’à un seuil indétectable, et pour prévenir la transmission du virus aux autres. Alors que le Parlement doit respecter l’indépendance des tribunaux, la définition de « la possibilité réaliste de transmission du VIH » telle qu’énoncée par la Cour suprême dans R. c. Cuerrier et réaffirmée par la Cour dans R. c. Mabior devrait mieux refléter à la science. La stigmatisation causée par ces décisions ne fait rien pour contrer la discrimination envers les personnes séropositives. Le Parti libéral du Canada prendra toujours ses décisions basées sur des faits. Mais ce ne sont pas seulement nos institutions juridiques qui doivent mieux reconnaître les avancées scientifiques. Même si les politiques d’Héma-Québec et de la Société canadienne du sang ne sont pas adoptées par le Parlement, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) continuent de faire face à la discrimination dans les collectes de sang. Le Parti libéral du Canada a pris l'engagement de lutter pour mettre fin à l'interdiction des dons de sang des HARSAH au Canada. L’interdiction à vie de don de sang pour les HARSAH a été adoptée au début de la pandémie, au moment où la science n’était pas concluante et avant le développement des tests ultra-sensibles pour détecter le VIH. La « mise à jour » par les services sanguins d’imposer une période d’attente de 5 ans ignore les preuves scientifiques.

 

NPD

Le NPD est d’avis que, de façon générale, le gouvernement doit d’abord et avant atout adopter une approche qui relève de la santé publique à l’égard du VIH. Le NPD croit également que la législation, y compris le droit criminel, doit tenir compte des avancées scientifiques. Nous serons à l’écoute des préoccupations en ce qui a trait à la criminalisation des personnes séropositives et travaillerons avec les organismes, la communauté médicale et la communauté juridique afin d’étudier la possibilité d’actualiser le droit canadien.