Au volant

Des nouveautés pour la rentrée

Denis-Daniel Boullé
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mercedes 2016
Le luxe à l’Américaine
Depuis une dizaine d’années, GM et Ford tentent de redonner à leur division de luxe, respectivement Cadillac et Lincoln leur lustre d’antan. Si à l’intérieur des frontières, les deux marques conservent leurs adeptes, elles ont du mal à s’imposer sur les autres continents, entre autres l’Asie. Face aux Allemandes (Audi, BMW et Mercedes) et dans une certaine mesure aux Japonaises (Lexus et Infiniti) dont la cote d’amour ne cesse de croitre, Cadillac et Lincoln cherchent désespérément le maillon gagnant. Et ce n’est pas faute d’essayer. Finies les erreurs du passé cherchant vainement à imposer la touche américaine face aux standards imposés par les produits allemands passés maîtres dans le segment du luxe, GM et Ford proposent aujourd’hui du haut de gamme qui aurait tout pour être compétitif en plus d’être un peu plus abordable que la concurrence. Les raisons sont complexes et les attentes des acheteurs souvent volatiles. 
 
Il n’en reste pas moins que, Cadillac et Lincoln renvoient l’image des limousines noires des aéroports ou des véhicules stretch qui font le bonheur en location des partys de finissants, ou encore du nouveau riche, du parvenu privilégiant le clinquant et l’ostentatoire au style et au goût.
 
Dommage, car aujourd’hui, le luxe selon les deux géants du sud se fait plus discret, et tient compte davantage des attentes de la clientèle, excepté pour les deux gros VUS géants, toujours aussi inélégants et gourmands, le Cadillac Escalade et le Lincoln Navigator. En revanche, les deux marques ont développé des modèles d’entrée de gamme fort intéressants, basés sur les modèles Chevrolet et Ford, mais qui se distinguent par des lignes différentes et une présentation plus soignée. Ces modèles méritent que l’on s’y attarde d’autant que depuis plusieurs années des efforts ont été mis sur la qualité de fabrication et la fiabilité.
 
Déjà 2016 pour le monde automobile
Avec l’automne, c’est le Salon de l’auto de Francfort (en alternance avec celui de Paris) qui ouvre le bal des présentations. Si la plupart des nouveaux modèles se retrouvent sur les routes d’Europe et d’Asie, il faudra attendre l’hiver prochain pour que ceux-ci foulent l’asphalte du nouveau continent.
 
Alfa Romeo Giulia
Le constructeur italien Fiat a décidé de faire revenir la marque au trèfle à quatre feuilles (quadrifoglio) en Amérique du Nord par le biais de ses concessionnaires Jeep. L’année dernière, il proposait le spider 4C, peut-être le plus original, mais aussi le plus sportif de-cses modèles. Pour cette année, c’est au tour de la Giulia de rejoindre le spider. Une berline sportive du plus bel effet qui donnera peut-être le goût de se tourner vers les belles Italiennes sans se 
ruiner.
 
Mercedes, une pierre, deux coups
Le constructeur allemand n’en finit pas de revisiter sa gamme et de proposer des versions différentes d’un même modèle. Le GLE (tout récemment encore ML) fait peau neuve et s’adjoint un GLE coupé. En fait, un gros VUS qui se donne des allures sportives avec son toit fuyant vers l’arrière. BMW avait donné le coup d’envoi de ces véhicules à la frontière de deux univers opposés avec le X4 et le X5. Certains y voient la combinaison des avantages d’un VUS et d’un véhicule sportif, d’autres la combinaison des inconvénients propres à chacune de ces déclinaisons : le manque d’espace pour un VUS, et pas vraiment agile pour une sportive. Mais compte tenu du succès, d’autres constructeurs s’ingénieront à occuper cette nouvelle niche. Après les faux coupés à quatre portes, les multisegments, les VUS sportifs.
 
Cadillac CT6 : redéfinir la tradition
Avec la CT6, Cadillac dévoile le vaisseau amiral de la gamme, dont les allures de limousines sautent aux yeux. Plus lon-gue que la plupart des modèles haut de gamme des autres cons-tructeurs, la CT6 se veut le summum en terme de conforts, d’aides à la conduite, et de supports technologiques. Et si elle offre la même expérience de conduite que ses concurrentes allemandes, GM aura gagné son pari. Et pour mettre toutes les chances de son côté, le constructeur américain a ouvert une nouvelle usine en Chine, comptant sur ce marché en pleine expansion.
 
Chevrolet 2016Chevrolet Spark électrique
GM propose une seconde génération de son plus petit modèle, la Spark. Elle sera disponible aussi en tout électrique. Ce modèle était d’abord réservé aux flottes commerciales. Avec une charge des batteries bonne pour 150 km, la Spark gagne la palme d’or question autonomie. Seconde génération aussi pour la Chevrolet Volt. Toujours pour accroire l’autonomie en mode tout électrique, les ingénieurs ont travaillé sur la réduction de poids de la Volt, et une augmentation de la puissance du moteur pour 80 km au lieu de 60 pour la génération précédente avant que le moteur conventionnel ne prenne la relève.
Ford Edge : produit canadien
Deuxième génération pour ce multisegment (quelque part entre le VUS et la camionnette) qui remporte un très grand succès et diffusé dans 80 pays aujourd’hui. Construit dans l’usine Oakville en Ontario. Moins tape à l’œil dans la présentation que son prédécesseur, le Ford Edge est un très bon compromis quand on recherche la polyvalence d’autant que certaines versions peuvent être dotées de quatre roues motrices.
 
Hyundai Tucson et Kia Sportage
En dix ans d’existence, le Tucson a changé complètement et pour le mieux. Ce petit VUS qui ne brillait ni par sa ligne désuète, ni par sa conduite enivrante à sa sortie, est devenu au fil du temps, un mo-dèle qui mérite le respect tant il semble bien se porter, surtout cette toute nouvelle génération très stylisée qui fait très bonne figure face à la concurrence. Même remarque pour son faux frère ou cousin Sportage qui arrivera sous peu avec des modifications des faces avant et arrière, le rendant encore plus attirant.
 
Nissan Maxima
Les berlines classiques pleine grandeur sont de moins en moins prisées et subissent de plein fouet la multiplication des modèles plus typés. Pourtant chaque constructeur conserve dans sa gamme une grande version tricorps qui a encore des adeptes… dont les chauffeurs de taxi. La toute nouvelle Maxima joue sur un style prononcé avec la calandre en V et les optiques arrière et avant en forme de boomerang. Une seule motorisation et une seule transmission (automatique à variation continue) sont proposées, mais plusieurs niveaux de finition sont disponibles. La Maxima bénéficie de la qualité Nissan pour la fabrication et la fiabilité. Elle est aussi très séduisante à regarder. On se plaît à rêver une flotte de taxis à Montréal qui se doterait de la Maxima. Une carte de visite que le simple visiteur remarquerait à l’aéroport.
 
Renault TwizyRenault Twizy
Vous avez bien lu. Renault. Le constructeur français importe grâce à un accord spécial avec le Canada un étrange véhicule totalement électrique. D’une taille lilliputienne, le Twizy se veut une étrange bulle posée au centre de quatre roues. Deux places seulement, l’une derrière l’autre. Sans vitres latérales, sans coffre, ni chauffage ou encore radio, cette étrange boule atteint 40 km/h et ne peut s’aventurer sur les autoroutes. Exclusivement d’utilisation urbaine, le Twizy peut se garer n’importe où, et tourner presque sur lui-même grâce à un excellent rayon de braquage. On vante ses qualités routières, on évoque le Twizy 80, qui pourrait atteindre 80 km/h et avoir l’autorisation de se promener sur le boulevard Décarie. Au mois de juillet, 60 commandes fermes avaient été enregistrées pour cette bizarrerie sur roue, mais tout électrique. Il faut débourser environ 17 000 $ pour s’en procurer un. Reste quand même la question à 100 000 $, c’est comment rouler en Twizy à Montréal, l’hiver, sans vitres latérales et sans chauffage?