La morsure de l’ange - du 20 au 24 octobre

Être sauvé

Denis-Daniel Boullé
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Daniel Danis
Photo prise par © Daniel Danis (photo d'Antoine Conjard)

Au théâtre, comme en art, ce n’est pas dire, mais comment dire. En fait, tout a déjà été dit depuis les Grecs, il ne reste qu’à trouver la musique et les images, en dramaturgie comme à l’écriture d’un roman. Daniel Danis se passionne depuis longtemps pour toutes les formes d’écriture scéniques dont celle avec les marionnettes pour lesquelles il a déjà écrit des spectacles. Récipiendaire de trois Prix du Gouverneur général, pour ses pièces, Celle-là, Le langue-à-langue des chiens de roche, et le chant du dire-dire, il présente à l’Espace go, La morsure de l’ange, fruit d’une collaboration avec José Babin et Alain Lavallée du Théâtre incliné, spécialisé dans le théâtre de marionnettes pour adultes.

La morsure de l’ange, c’est avant tout un voyage dans la tête d’un homme d’une quarantaine d’années qui, après avoir été auprès de son père jusqu’à son dernier souffle, décide de le congeler. Ce père, directeur d’un cinéparc aujourd’hui abandonné, était grand amateur de westerns jusqu’à s’habiller en cowboy pour déambuler vêtu de noir sur un cheval blanc entre les voitures du cinéparc. Avec la mort du père, commence le deuil mais aussi le bilan de la relation avec cet homme que le personnage a autant aimé que détesté. Tombe alors un ange du ciel (qui a frappé un lampadaire et s’est brisé une aile) qui, entre le père congelé, le fantôme du père et le quarantenaire, tentera sinon de mettre de l’ordre, du moins de libérer le fils de son passé.

Sur scène, le père, un mannequin de taille humaine, et le fils, un comédien, vivront leurs dernières aventures. « Le père reproche à son fils entre autres la disparition de sa femme, morte en lui donnant naissance »,  confie Daniel Danis. « On a tous des choses à régler avec nos parents, des fois cela se passe bien, d’autres fois très mal. Mais on y est tous confronté un jour, surtout lors de la fin de vie de nos parents ». La figure de l’ange est avant tout alors une métaphore salvatrice. L’ange apaise les tensions et aide à y voir plus clair. « C’est un ange bienfaiteur. L’ange que j’ai souhaité a une valeur universelle, celui que l’on retrouve dans presque toutes les religions, dans presque toutes les cultures », précise le dramaturge.

Une fois le texte écrit, Daniel Danis s’est tourné vers ses complices qui se sont emparés de son univers pour que La morsure d’un ange devienne un objet scénique. « Bien sûr, certaines parties du texte ont été retirées, puisqu’elles se retrouvent sur scène directement montrées », continue Daniel Danis, « et je ne sais encore si ce texte écrit peut être publiable. D’une part parce que l’on n’ écrit pas pour des marionnettes comme pour des comédiens, d’autre part, parce que le texte écrit aujourd’hui est le prétexte sur lequel se fonde bien d’autres choses, comme les images projetées, le mannequin manipulable, qui apportent une autre dimension au texte ».

Coproduit avec le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières, en France,  ce sont les festivaliers qui ont découvert les premiers La morsure de l’ange. Le spectacle après s’ à l’Espace Go, se promènera au cours de l’hiver dans plusieurs villes du Québec.

La morsure de l’ange  de Daniel Daniel, Alain Lavallée et José Babin, à l'Espace Go, Du 20 au 24 octobre 2015 à 19 h

www.espacego.com