Rencontre avec LE RÉALISATEUR GUY ÉDOIN

Le cinéma québécois à l’honneur

Étienne Dutil
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 Guy Édoin

Les 34es Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) accueilleront les cinéphiles du 18 au 27 février dans le pôle cinéma du Quartier des spectacles de Montréal soit le Quartier latin voisin du Village gai. Festival professionnel, mais aussi public, ce florilège cinématographique permettra de voir ou revoir plusieurs films produits cette année dont certains abordent les questions LGBT.

Certes, la programmation définitive et complète ne sera connue que dans quelques jours (surveillez fugues.com dès le 3 février pour en connaître les détails…), mais on sait d’ores et déjà que Ville-Marie? de Guy Édoin, sortie en octobre dernier, sera à l’affiche.
 
« Cet automne fut riche sur les écrans, rappelle Guy Édoin. Malheureusement, certains films ne sont restés parfois qu’une semaine à l’affiche. On va pouvoir se rattraper pendant les Rendez-vous. Mais curieusement, on se rend compte qu’avec la démultiplication des plates-formes et des espaces de diffusion, le web, le câble, les DVD, les sites de téléchargements, etc., les films arrivent à rencontrer leurs publics.?» Selon le cinéaste, à la manière d’un sondage, les chiffres de la fréquentation des salles indiquent une tendance, mais ne sont plus une vérité absolue pour juger du succès d’un film. «?Comme dit ma productrice, Félize Frappier, "au bout du compte, chaque film trouve son marché et son public"… »
 
 Aliocha SchneiderArc-en-ciel en filigrane
Gai lui-même, Guy Édoin n’a pas de gêne à aborder l’homosexualité dans sa vie comme dans ses films, toutefois, « je crée des personnages gais, mais ce n’est pas le thème principal de l’œuvre, et je ne tends pas à aller vers ça », précise-t-il. «Certes je l’aborde en fili-grane, comme étant un fait pour un personnage, pas pour l’histoire.»
 
Ses thèmes de prédilection, si on peut dire, concernent plutôt la quête des origines et la difficulté d’être parent, à tout le moins les relations mère-fils qu’il a traitées dans ses deux longs métrages (Marécages et Ville-Marie). « J’aime mettre en place des personnages qui affrontent des événements plus grands qu’eux et montrer comment ils font face à l’existence. Et pourtant, cette inspiration n’a rien d’autobiographique, assure-t-il, car j’ai des relations chaleureuses et aimantes avec mes parents et ma famille. »
 
Monica BelluciÀ chaque fois, un projet à recommencer
« En ce moment, j’ai deux projets de films en cours, mais la promotion et le suivi de Ville-Marie me prennent beaucoup de temps. J’aime beaucoup voyager avec mon film et rencontrer son public. Avec le calendrier des festivals où on le programme, je suis "booké" jusqu’en mai… C’est une période assez particulière où l’on est à la fois dans le futur avec des projets en cours, et dans le passé puisque le film vit désormais sa vie après y avoir consacré de 3 à 4 ans entre l’écriture du scénario et la sortie du film. »
 
« C’est une période relativement courte dans l’industrie, admet-il, car produire un film, c’est à chaque fois tout un projet à recommencer, notamment en matière de financement, tributaire des succès précédents. J’ai été chanceux puisque le financement s’est fait plutôt rapidement. Il est vrai que j’avais déposé un scénario prêt, très achevé, à Téléfilm Canada. De plus, j’avais deux cartes dans ma manche : l’accord de Monica Bellucci et le soutien de la Cinéfondation du Festival de Cannes. »
 
Rencontres de stars
La rencontre avec Monica Bellucci fut, semble-t-il, bénie des étoiles. «?En écrivant le scénario, on pensait qu’on rêvait en couleurs en songeant à elle parmi d’autres actrices?», raconte Guy Édoin. «?Puis l’évolution du personnage de Sophie, chargée de l’aura d’une star, la désignait. On a contacté son agent. Quatre jours plus tard, elle avait lu le scénario, mais elle voulait savoir qui j’étais et nous nous sommes rencontrés à Paris pour finaliser sa participation… »
 
Porte-parole des Rendez-vous 2016, une autre actrice revient dans le discours du jeune cinéaste de 35 ans : Pascale Bussières qui, après deux films avec Guy est en passe de devenir son actrice fétiche?; une égérie?? « L’avenir le dira, corrige Guy, mais elle est en tout cas une grande amie désormais… » 
 
Le public pourra rencontrer Guy Édoin à l’issue des projections de son film pendant les RVCQ, du 18 au 27 février.Projections publiques, soirées débats sur le cinéma, « speed dating » entre cinéastes et musiciens, entre réalisateurs et scénaristes, rencontres de coproductions interactives, etc., tous les détails sur…