Santé et mieux-être

Le vaccin contre les VPH, c’est aussi pour les jeunes hommes !

Sébastien Thibert
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Depuis le 1erjanvier 2016, les hommes âgés de 26 ans ou moins qui ont des relations sexuelles avec des hommes peuvent se faire vacciner gratuitement contre les virus du papillome humain (VPH).  La vaccination est le meilleur moyen de protection contre les infections par les VPH et leurs complications.

La personne qui reçoit le vaccin Cervarix ou Gardasil se protège contre les infections causées par les VPH 16 et 18 ainsi que leurs complications. Ces 2 types de VPH sont la cause principale des cancers de l’anus, du pénis, de la vulve, du vagin, du col de l’utérus, ainsi que du cancer de la bouche et de la gorge. Le vaccin Gardasil protège aussi contre les infections par les VPH 6 et 11, qui causent les verrues anales et génitales, c’est-à-dire les condylomes. Les condylomes sont les infections transmissibles sexuellement les plus fréquentes au Canada. Souvent, lorsqu’une personne est infectée par un VPH, elle ne le sait pas parce que l’infection passe inaperçue.

 

Objectif du programme de vaccination contre les VPH

L’objectif du programme de vaccination contre les VPH est de prévenir les cancers causés par les VPH, comme le cancer du col de l’utérus, le cancer du vagin, le cancer de la vulve, le cancer du pénis, le cancer de l’anus et le cancer de l’oropharynx (partie supérieure de la gorge située derrière la cavité buccale et la partie arrière de la langue, le palais mou et les amygdales). Le programme vise aussi à prévenir les autres maladies associées aux VPH (condylomes).

Chaque année au Québec, environ 281 femmes apprennent qu’elles ont un cancer du col de l’utérus et 69 en meurent. Dans les faits, un nombre plus important de femmes sont touchées.

Tout comme les femmes, les hommes sont également à risque d’être infectés par les VPH. Cependant, le risque d’être infectés par le même VPH pourrait être plus grand pour les hommes. En effet, après avoir attrapé un ou des VPH, les hommes développent moins d’anticorps que les femmes.

Contrairement aux hommes hétérosexuels, les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes courent plus de risque d’avoir des condylomes ou un cancer causé par les VPH, en particulier un cancer de l’anus. Les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes ne sont habituellement pas protégés indirectement par la vaccination des filles. De plus, les relations sexuelles entre hommes augmentent de beaucoup le risque d’avoir un cancer de l’anus. Les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes ont, de 2 à 3 fois plus souvent, des condylomes que les hommes hétérosexuels du même âge. 

 

Bénéfices de la vaccination contre les VPH

La vaccination a fait ses preuves dans la réduction, voire l’éradication, de certaines maladies graves. Le cas du vaccin contre les infections par les VPH n’y fait pas exception.

Le vaccin contre les VPH prévient notamment les lésions précancéreuses du col de l’utérus ainsi que les verrues génitales, appelées condylomes. En plus des études cliniques parues sur l’efficacité des vaccins, cette protection se confirme dans les pays où la vaccination est implantée depuis plusieurs années, comme en Australie.

Chez les hommes qui ne sont pas infectés au moment de se faire vacciner, le vaccin est efficace à 90% pour prévenir les condylomes et à 79 % pour prévenir les lésions précancéreuses ou cancéreuses aux organes génitaux, à l’anus et à la bouche et à la gorge. Par contre, l’efficacité du vaccin  est moindre chez les hommes déjà infectés au moment de la vaccination. C’est pourquoi il est préférable de se faire vacciner avant les premières relations sexuelles ou le plus tôt possible après le début des relations sexuelles.

Cela dit, les données d’études récentes indiquent que le vaccin pourrait même être efficace pour prévenir la réapparition de lésions au niveau de l’anus chez les hommes déjà infectés par un des VPH inclus dans le vaccin.

Au Québec, depuis 2008 la vaccination contre les VPH est recommandée chez les jeunes filles, puisqu’elle constitue un moyen de protection reconnu efficace et sécuritaire pour prévenir le cancer du col de l’utérus.

Toutefois, ces virus engendrent plusieurs autres problèmes de santé qui affectent autant les hommes que les femmes. Le programme est ainsi élargi à d’autres types de clientèles, et ce, afin de pouvoir étendre la protection contre les conséquences de ces infections à un plus grand nombre de personnes. Les hommes âgés de 26 ans ou moins qui ont des relations sexuelles avec des hommes pourront être vaccinés gratuitement depuis le 1er janvier 2016, ainsi que tous les garçons de 4e année du primaire, à compter du 1er septembre 2016.

À ce jour, plus de 175 millions de doses de vaccin contre les VPH ont été administrées dans le monde.

Les données actuelles ne montrent aucun problème grave ou inattendu lié à ce vaccin. Aucun lien n’a été établi entre le vaccin contre les VPH et certaines maladies graves ou le décès.

Comme pour tous les programmes de vaccination, la surveillance des effets secondaires se fait par le biais du Programme de surveillance passive des effets secondaires possiblement reliés à l’immunisation (ESPRI) du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Parlez-en à votre médecin ou contactez une clinique spécialisée dans les ITSS, comme la Cliniqiue L’Actuel ou la Clinique du Quartier Latin.