Cause Jutra

Une seconde victime de Claude Jutra brise le silence

Yanick Limoges
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Bernard Dansereau
Photo prise par © Bernard Dansereau

Du nouveau dans l'affaire Claude Jutra : le quotidien La Presse rapporte samedi matin le témoignage d'une deuxième présumée victime. Il s'agit du scénariste Bernard Dansereau. Dans une lettre envoyée au quotidien, il affirme que Claude Jutra s'est « glissé dans son lit » quand il avait 12 ou 13 ans, et qu'il a « tenté de l'entraîner dans un rapport sexuel ».

Le scénariste de Toute la vérité et d'Annie et ses hommes ajoute que c'est la seule et unique fois où Claude Jutra a commis un tel geste à son endroit. Il n'hésite toutefois pas à le qualifier de « pédophile ».

Le fils du producteur et réalisateur Fernand Dansereau dit qu'il a cessé de voir Claude Jutra pendant deux ans. Il a par la suite repris contact, et il n'a jamais été question de cette soirée malheureuse. À l'âge adulte, les deux hommes ont même travaillé ensemble.

Le témoignage d'une première présumée victime, mercredi, avait poussé l'organisme Québec Cinéma à retirer le nom « Jutra » du gala annuel du cinéma québécois. Les villes de Montréal, Québec, Lévis et Candiac ont également annoncé qu'elles retireraient le nom du cinéaste de leurs rues et leurs parcs.

En entrevue à ICI RDI samedi, Micheline Lanctôt, comme d'autres avant elle, s'est portée à la défense de la mémoire de Claude Jutra. « Ce que j'ai vu, c'est un lynchage médiatique total, sans jugement, sans procès. Ce que j'ai vu c'est l'émotion publique. »

« Je trouve que tout est allé trop vite [...] Je ne suis pas d'accord qu'on le fasse disparaître de notre paysage cinématographique. » — Micheline Lanctôt

L'actrice et réalisatrice craint pour le rapport que le public pourrait entretenir à l'avenir avec l'œuvre du cinéaste. « La question qui se pose, c'est : est-ce qu'on ne devrait pas dissocier l'homme de l'œuvre? », demande-t-elle.