Fierté agricole - 16 avril

À la séduction des agriculteurs!

André-Constantin Passiour
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À la séduction  des agriculteurs!

Vivre de l’agriculture en 2016 est un dur labeur. Il exige beaucoup de ténacité et de volonté. Il est encore plus dur lorsque l’on vit de manière isolée parce que l’on est une personne LGBT ou que l’on subit de l’homophobie. C’est ce que cherche à atténuer Fierté agricole par la mise sur pied d’activités pour rassembler les LGBT en milieu rural. C’est ce que propose donc la «Fierté est dans le pré», un 5 @ 7 original qui aura lieu le samedi 16 avril à Varennes, au Domaine du fleuve, un vignoble…

«Nous avons choisi la formule 5 @ 7 parce que c’est sympathique, affirme Maxime Dion, l’un des deux copropriétaires de la ferme La Bourrasque (située à Saint-Nazaire d’Acton), et organisateur de l’activité. C’est fait pour que les gens se rencontrent en prenant un verre de vin, puisqu’on est dans un vignoble, et ce, autant pour affaires, pour reseauter, que pour rencontrer quelqu’un pour la nuit ou pour plus encore!» Il y a donc un volet plus «social» pour ceux qui se sentent esseulés et un autre pour développer des partenariats. «C’est une occasion en or, par exemple pour des restaurateurs, de pouvoir rencontrer des producteurs locaux et ainsi échanger sur des collaborations. En même temps, si tu te sens seul et que tu veux rencontrer un autre gars et partir avec lui, eh bien tu peux le faire aussi», poursuit l’énergique Maxime Dion.
 
LA bourrasqueL’accueil se fait entre 17 h et 17 h 30, ensuite il y aura les rencontres et, enfin, les gens pourront se rendre dans un restaurant du coin pour continuer à discuter, s’ils le désirent évidemment, et manger ensemble. Mais pourquoi avoir choisi Varennes ? «Que l’on soit de Montréal, de la Rive-Sud ou de la Rive-Nord, c’est une localité proche de tout et, de plus, quoi de plus agréable que de se rejoindre dans un vignoble !?» note avec humour ce jeune maraîcher… Ce qui a de spécial ici est que le puissant syndicat agricole, l’Union des producteurs agricoles (UPA), a décidé d’appuyer l’initiative et de payer une partie des frais de diffusion de l’activité. «C’est la première fois que l’UPA s’implique et démontre un tel intérêt, cela prouve qu’il y a certainement de l’ouverture envers les agriculteurs LGBT. Cela ouvre des opportunités pour Fierté agricole de travailler avec l’UPA sur de futurs projets. C’est vraiment super de constater ce soutien de leur part et nous les en remercions énormément», souligne M. Dion qui gère la Ferme La Bourrasque avec son conjoint Philippe Benoît.      
 
Mais il n’y a pas que l’UPA. «On attend des nouvelles en ce moment pour une subvention du ministère de la Justice (Bureau de lutte contre l’homophobie) pour nous aider à lutter contre l’homophobie en milieu rural, dit Maxime Dion. Nous sommes plusieurs agriculteurs LGBT en Montérégie, mais il y en a partout au Québec, donc on aimerait avoir un intervenant qui sillonnerait les régions pour aller à la rencontre de ces gens parce qu’il peut y avoir de la détresse chez certains qui vivent seuls, qui n’ont personne à qui se confier et qui vivent en Gaspésie ou ailleurs. On reçoit bien des appels en ce sens. Imaginez un peu un gai qui possède une ferme laitière, ça veut dire 365 jours de travail sans arrêt, il ne peut se déplacer pour rencontrer quelqu’un et échanger ou se trouver un chum par exemple. Cette subvention nous aiderait à briser l’isolement par l’organisation d’événements dans les autres régions, afin que les gens puissent se rencontrer.»
 
Cette activité survient juste avant la période des semis et des travaux exigeants d’été, il faut donc en profiter, car il n’y en aura sûrement pas un autre durant la saison estivale. «Pour après, on verra bien, mais cela dépend toujours de la disponibilité des agriculteurs…», commente Maxime Dion. Mais on nous promet de participer à Fierté Montréal, au mois d’août! 
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