L’élection présidentielle américaine

Mike Pence, colistier de Trump et farouche adversaire des droits LGBT

L'agence AFP
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Le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump a confirmé vendredi avoir choisi comme colistier un conservateur relativement peu connu, Mike Pence, gouverneur de l'Indiana, pour l'élection présidentielle de novembre. Un homme connu pour ses positions antigaies très tranchées.

Gouverneur de l'Indiana (nord) depuis janvier 2013, Mike Pence, avocat de formation, ancien animateur de radio et donc bon communicateur connaît les arcanes de Washington pour avoir été membre de la Chambre des représentants de 2001 à 2013 et président de la conférence républicaine (numéro 3 du parti) de 2009 à 2011.

Discipliné, relativement discret, cet homme de 57 ans était apparemment le favori des enfants Trump - très influents dans la campagne de leur père - face aux fortes personnalités plus imprévisibles du gouverneur du New Jersey Chris Christie et de l'ancien speaker de la Chambre des représentants Newt Gingrich, également pressentis.

Le speaker républicain de la Chambre Paul Ryan, qui marche sur des oeufs avec Donald Trump, considère Mike Pence comme un ami.

Ses connexions pourraient aider à apaiser le climat entre Trump et un parti républicain toujours mal à l'aise face à son candidat, et à récolter plus de fonds pour sa campagne. Et sa personnalité, façonnée par sa foi chrétienne, est assurée de ne pas faire d'ombre au milliardaire de l'immobilier qui, plus que tout, valorise la loyauté de son entourage.

Les deux hommes n'étaient jusqu'à présent pas particulièrement proches. Mike Pence est conservateur, défenseur des valeurs familiales, très croyant, anti-avortement, anti-mariage pour tous et anti-réfugiés.

Il s'est décrit comme un « chrétien, un conservateur et un républicain, dans cet ordre ».

En matière de droits LGBT, il a notamment déclaré: « J'estime que le mariage est une union entre un homme et une femme, et je suis déçu que la Cour suprême ait refusé de reconnaître le rôle traditionnel des États dans la définition de l'institution du mariage dans ce pays. Notre administration continuera toutefois à respecter l'État de droit et appliquera l'arrêt de la Cour ».

Fervent opposant au mariage homosexuel, Mike Pence a dû s'incliner après la légalisation nationale décidée par la Cour suprême en juin 2015. Il s'était auparavant, en mars 2015, attiré les foudres des défenseurs des droits des gais et lesbiennes en signant une loi dite de liberté religieuse, qui aurait selon eux permis à des commerces de refuser des clients gais. « La liberté de religion est la première des libertés », avait-il alors fait valoir, rejetant toute volonté de discrimination.

En tant que gouverneur, il a signé des lois rendant plus difficile l'avortement dans son État. Et il avait été très critiqué pour une loi sur la « Liberté religieuse », vue par ses détracteurs comme une façon de discriminer la communauté LGBT.

Il sera à même d'aider Trump auprès des conservateurs traditionnels et notamment les évangéliques, encore réticents face à la personnalité de Trump, et probablement aussi dans la « Rust Belt », la région industrielle du nord-est en déclin, dont font partie l'Indiana et l'État voisin de l'Ohio, État clé dans la course à la Maison Blanche.

Mais certains experts soulignent que le choix de Mike Pence ne sera pas en mesure d'élargir la base électorale de Trump, notamment auprès des indépendants ou des républicains modérés, à l'égard desquels la démocrate Hillary Clinton devrait redoubler d'efforts.