La marche des trans en marge de Fierté-Montréal

Plein feu sur les migrant-es trans au Québec

Denis-Daniel Boullé
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Marche Trans 2016
Photo prise par © Serge Blais
Marche Trans 2016
Photo prise par © Serge Blais
  • Marche Trans 2016
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Elles étaient quelques deux cents personnes à s'être donné rendez-vous au parc de la Paix sur Saint-Laurent pour faire entrendre la voix de cette communauté. Si pour la plupart il faut se féliciter des avancées législatives des dernières années concernant les personnes trans dont un processus plus rapide et moins compliqué dans le changement de nom et de mention sexe à l'État civil, certains d'entre eux et d'entre elles ont été oublié-es. Les personnes trans qui n'ont pas la citoyenneté canadienne, statut demandé par le Québec avant de procéder à toute modification à l'État civil. 

Dans les faits, les personnes trans migrantes, ainsi dénommées lors de la marche se voient ainsi marginaliser et font face à de nombreux obstacles aussi bien avec les système de santé, lors de la recherche d'emploi, etc. Les procédures d'immigration prennent du temps et la demande de citoyenneté ne peut être demandée que plusieurs années après l'obtention de la résidence permanente. Dans certains cas, entre le moment de l'entrée au Canada et la citoyenneté, une dizaine d'années peut s'écouler sans que la personne trans puisse obtenir des documents officiels correspondant au genre choisi.

Les organisateurs de la marche souhaitent que les pouvoirs publics aussi bien fédéral que provincial prennent des décisions pour faciliter l'inclusion des personnes trans migrantes dans la société. Que la citoyenneté canadienne soit retirée de des critères d'admission pour obtenir les modifications souhaitées à l'État civil. Ils souhaitent aussi que le ministère de l'immigration, de la Diversité et de l'Inclusion au Québec et Citoyenneté et Immigration Canada entament une réflexion en collaboration avec les communautés trans à propos de l'utilisation de la mention de sexe et du nom dans les formulaires. Ils souhaitent aussi que dans l'attente de changements législatifs, des mesures transitoires soient prises pour reconnaître le nom et la mention de sexe d'usage sur les documents comme la carte de la RAMQ, les cartes d'étudiants, etc. Enfin, qu'une attention toute particulière soit requise pour tous les cas de personnes trans demandant le refuge au Canada, compte tenu des discriminations, attaques et violences subies dans leur pays d'origine en raison de leur genre et de surseoir à toute déportation. 

Le nombre de personnes trans tuées à travers le monde représente un véritable fléau, et pour les organisateurs, le Canada se doit d'apporter son soutien dans la protection des personnes trans venues d'ailleurs. Selon Trans gender Europe (TGEU) plus de 2000  personnes trans auraient été assassinées entre 2008 et 2015 à travers le monde, et le nombre serait bien inférieur à la réalité puisque les rapports  concernant ces disparitions ou assassinats ne mentionnent s'ils s'agissaient de personnes trans.

Au Québec, même si l'on parle de plus en plus des personnes trans (émissions, reportages, etc.) l'intégration sociale des personnes trans est loin d'être un modèle malgré les avand