Ouganda

La police ougandaise ferme un festival de films LGBT à Kampala

L'agence AFP
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Un festival de films LGBT organisé à Kampala, en Ouganda, a été fermé par la police après une première nuit à guichets fermés.

Le deuxième Festival international du film Queer Kampala devait se dérouler du 8 au 10 décembre. Mais la police ougandaise est intervenue pour le fermer avec l'intention d'arrêter les organisateurs, après avoir été informée de l'emplacement de l'événement.

Les organisateurs avaient été forcés de trouver un entrepôt vide, car il n'y avait pas de sites disposés à accueillir l'événement.

L'emplacement de l'événement est normalement gardé secret afin de protéger ses participants. Mais les organisateurs ont été informés juste avant 14 heures samedi que la police était en route et serait sur les lieux dans les 30 minutes suivantes.

La police est arrivée armée de fusils et l'événement a été interrompu. Selon certaines informations, les organisateurs étaient en sécurité et n'ont pas été arrêtés, mais cela n'a pas été formellement établi.

Dans la foulée, la gay pride d'Ouganda, qui devait avoir lieu ce mois-ci, a été annulée brusquement pendant le week-end. Les activistes LGBT locaux ont indiqué qu'ils avaient été avertis qu'ils risquaient d'être arrêtés si l'événement se déroulait.

Dans le journal Guardian, l'un des organisateurs de l'événement, Frank Mugisha, a déclaré qu'il avait reçu des menaces du ministre ougandais de l'éthique et de l'intégrité, Simon Lokodo. Ce dernier a déjà publiquement menacé d'arrêter toute personne qui célèbre les droits LGBT en public.

Le code pénal ougandais prévoit que les relations sexuelles entre hommes sont criminalisées et sont sanctionnées de peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à la prison à vie.

Une loi anti-gay plus sévère a été promulguée en 2013, mais elle a été rejetée par la Cour suprême du pays pour des raisons techniques.