Start-up

Une lesbienne noire qui a trouvé sa place dans le monde des hommes de la Silicon Valley

Chantal Cyr
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À 37 ans, Arlan Hamilton, une jeune femme homosexuelle afro-américaine, est déjà devenue une légende dans la Silicon Valley. Il y a trois ans, elle a réussi, sans diplôme ni liens dans le domaine, sans un seul sou, à pénétrer dans le «club de gars» et y fonder une société de capital-risque qui investit dans les projets montés par des femmes.

L'Afro-Américaine Arlan Hamilton, ancienne directrice de tournées musicales, a un jour décidé de rompre avec le passé et de s'essayer dans le capital-risque. «Hamilton sait de quoi elle se démarque: elle est la seule femme noire et homosexuelle à n’avoir jamais créé une société de capital-risque à partir de rien», indique l'article sur FastCompany dédié à son histoire remarquable.

Dans l'interview à FastCompany, la jeune femme d'affaires, fondatrice de la société Backstage Capital, a confié la raison qui l'avait poussée à changer brusquement sa vie:

«C'était dingue pour moi que 90 % des financements d'entreprises reviennent à des hommes blancs, alors que ce n'est pas ainsi que l'innovation, l'intelligence et le dynamisme sont répartis dans le monde réel. Je n'avais aucune formation en finances, mais je l'ai vu comme un problème. Peut-être parce que je venais d'un endroit si différent que j'ai pu le reconnaître.»

Arlan Hamilton est arrivée dans la Silicon Valley avec un objectif unique: investir sur des fondateurs sous-représentés en travaillant dans le capital-risque. Elle se souvient que son compagnon lui avait dit un jour que pour que sa société Backstage soit prise au sérieux, Hamilton devait être une «anomalie» en termes de représentation.

«Il a dit que je devais être mieux que tout le monde pour être considérée comme un égal», explique-t-elle. «C'est très injuste.»

Après des mois de combat, des nuits à dormir par terre, c'était l'investisseur «providentielle» Susan Kimberlin qui a cru à Hamilton, lui faisant un chèque de 25000 dollars. Elle a aussi cru en sa vision selon laquelle le manque de diversité dans la Silicon Balley n'était pas un problème majeur, mais un problème de ressources: divers entrepreneurs avaient besoin d'argent.

Avec l'appui de Kimberlin, Hamilton a créé la société Backstage Capital et a commencé à investir. D'autres financements ont ensuite suivi, provenant notamment de Stewart Butterfield, PDG de Slack, et d'Aaron Levie, PDG de Box. En juin dernier, Hamilton a annoncé que Backstage avait épuisé ses trois premiers fonds de démarrage, distribuant entre 25000 et 100000 dollars à 100 entreprises naissantes, allant des produits de beauté aux analyses commerciales. Et, sur 100 entreprises, il y a au moins un fondateur qui est une femme, une personne de couleur ou quelqu'un qui s'identifie comme LGBTQ.

Actuellement, Hamilton se prépare pour le prochain chapitre de sa société Backstage, un fonds de 36 millions de dollars dédié exclusivement aux femmes fondatrices noires, une population absente dans la Silicon Valley. Une douzaine d'entrepreneurs à travers tout le pays ont collecté plus d'un million de dollars. Hamilton appelle sa dernière initiative «Il s'agit de fonds sacrés». Ses deux premiers investissements d’un million de dollars, qui seront annoncés avant la fin de l'année, iront à des sociétés du portefeuille de Backstage.

Et ce n'est que le début…